« 2007-06 | Page d'accueil | 2007-08 »

27.07.2007

Des amis inconnus

ETRE ROYALISTE ou DES AMIS INCONNUS

(allocution au Groupe de Liaison Royaliste 2006)

066fb7c1015cc2e8a481ee94e6d0aac0.gif

Comme de nombreux collaborateurs au livre Être royaliste, que j’ai tenté, bon gré, mal gré, de diriger, nombre d’amis ici présents sont, pour moi, des amis "étrangers", des amis que je ne connais que de très loin et si peu, en vérité. Et pourtant, pourtant, des amis quand même ! Par quel sorte de miracle ? Par le miracle d’une cause, d’une foi même ! Une cause que nos contemporains jugent, le plus souvent, perdue, et ils la jugent ainsi car ils la considèrent comme étant désuète. Or, la désuétude et la perte sont bel et bien deux états différents. Et ce qui nous uni nous, ce qui fait de nous des amis "inconnus" c’est bien la perte, mais c’est aussi la foi, la certitude.

En vérité, nous nous connaissons les uns les autres en se que chacun de nous se reconnaît dans ce qui, un jour, vint à manquer. De colloques en conférences, de banquets en réunions, toujours, là où nous nous côtoyions demeure un place vacante. C’est un miracle je le crois, un miracle qui nous tiens ensemble, et si, par bonheur et un peu par nos actions, ce vide, ce manque, venait à être comblé, peut-être alors n’aurions-nous plus à faire ensemble, peut-être …

Mais, dans l’entrefaite, nous y sommes ensemble, réunis au nom d’un qui demeure absent. Toutefois, ensemble aussi pour l’amour voué à un pays, pays qui fut, et demeure dans l’ombre, un royaume. Celui-ci ne saurait s’absenter, quand bien même ce pays-là vit-il d’une vie qui n’a pas l’heur de nous plaire entièrement, tout de même il vit ! Si d’aucuns le considère comme désuet nous sommes de ceux-là qui réfutent cette opinion en arguant du fait qu’il est éternel. Les régimes sont faillibles, les systèmes s’écroulent, le pays lui demeure et dans son ombre survit le royaume de notre espoir. Et parce qu’éternellement il EST, nous serons toujours ensemble puisque ce lien-là, quoi qu’on en dise, transcende tout ! On a décapité le Roi pas le royaume. Mais, dans ce " on ", il y a un " nous " ; aussi, sans céder le moins du monde à l’ethno-masochisme actuel, nous devons entendre, nous autres, amis inconnus, qu’en tant que royalistes nous avons accepté, à des degrés divers, un statut particulier, un charisme diraient certains, celui de " rédempteurs " pour notre pays, pour notre peuple que l’on veut priver de sa mémoire la plus longue. Parce qu’enfin si nous sommes sans chef, si on nous a bel et bien décapité, il nous reste un cœur et que, dans l’union des cœurs, nous continuons à aimer ce pays sans tête et ceci nous unit par delà d’inévitables divergences humaines. Bien sûr, nous autres, nous ne saurions avoir le " monopole du cœur " comme dirait l’autre …Néanmoins, que nous le voulions ou pas, que nous soyons royalistes de " cœur " ou bien de raison, et le cœur à ses raisons que la raison ignore, paraît-il, nous sommes donc pieds et poings liés à ce royaume caché derrière ce pays, quand bien même ces liens-là sont des " lacs d’amour ". Comme l’écrivait le Maître de Martigues " … les Français nous sont amis parce qu’ils sont Français, ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous, ils nous sont donnés par la nature. "

Drôle de paradoxe que l’amitié … combien furent payés de la mort par ceux qui se sont souvent auto-proclamés " amis du peuple " ? Au premier chef desquels celui dont nous espérons le retour et nombre de ses fidèles …

Mais ces " amis-là " ce sont préférés, à l’amitié cordiale " qui peut même aller jusqu’à unir deux contradicteurs, deux adversaires ; ils se sont préférés donc une fraternité abstraite, distante, frappée d’un F majuscule, décrétée, qui a force de loi, comme on dit. Une fraternité sévère qui effacerait toutes les différences, toutes les diversités dont se nourrit une sincère et chaleureuse amitié.

Maurras écrivait encore : " Etre royaliste ce n’est pas être persuadé d’une doctrine religieuse ou philosophique … ", alors nous autres, qui aimons tant à nous dire libres des liens mortifères des idéologies, nous sommes appelés, à ce qu’il me semble, à élargir encore cette chaînes des amitiés lointaines mais solides et inconnues mais fidèles, qui parmi tant d’autres raisons font de nous des royalistes.

05.07.2007

Boris Mouravieff et GNÔSIS

"  Le roman, par lequel la société chrétienne vivait le principe du choix réciproque, atteignit son apogée au Moyen Age. Malgré le déclin qu’il a connu depuis lors, malgré la tendance actuelle au retour a des formes régressives des rapports entre les sexes, il demeure l’idéal avoué de notre société. Aussi, n’est-il pas exact de parler de la mort du roman. Car une révolution se prépare dans le silence pour substituer au roman libre, marque de l’ère chrétienne, le roman unique, apanage de l’ère du saint Esprit. Libéré de la servitude de la procréation, ce roman de demain est appelé à cimenter l’union indissoluble de deux êtres strictement polaires, union qui assurera leur intégration au sein de l’Absolu. Car, dit l’Apôtre saint Paul : dans le Seigneur, la femme n’est point sans l’homme, ni l’homme sans la femme.

La vision d’un tel roman hante les meilleurs esprits depuis des millénaires. On la retrouve dans l’amour platonique, base du roman unique, dans les mythes de l’Androgyne, d’Orphée et d’Eurydice, de Pygmalion et Galatée … C’est l’aspiration du cœur humain qui, dans le secret, pleure sa profonde solitude. Ce roman constitue le but essentiel du travail ésotérique. Il s’agit là de l’amour qui unira l’homme a cet être unique pour lui, la Femme-sœur, gloir de l’homme, comme lui-même sera gloire de Dieu. Entrés dans la lumière du Thabor, tous deux ne faisant plus qu’un verront alors jaillir l’Amour vrai, transfigurateur, vainqueur de la mort.

L’Amour est l’Alpha et l’Omega de la vie. Le reste n’a qu’une signification secondaire… "

Extrait de l'Introduction à GNÔSIS, Etude et comentaires sur la Tradition ésotérique de l'Orthodoxie Orientale.

L'Honneur de René Guénon et l'Orient orthodoxe

L'Honneur de R. Guénon.doc

A ouvrir et à parcourir, la version française de notre texte paru dans le livre roumain ORIENS NOIME SI ROSTIRI RENE GUENON ...

 

Contre "compte-rendu"

Paru, dans la dix-neuvième occurence de CONTRELITTERATURE, ce compte-rendu de notre B.A-BA Druides :

"L'auteur, chrétien fervent, a su trouver l'équilibre harmonique entre la pensée anagogique de la philosophie pérenne et les recherches universitaires les plus rigoureuses. Nous sommes là bien loin des fantasmogoriques reviviscences néo-païennes et autres élucubrations celtomaniaques. Dans cet ouvrage très didactique, l'auteur étudie avec aisance et maîtrise le corpus de mythes recueillis par le christianisme - tâche dont le paganisme romain s'était révélé incapable. Ainsi, les grands récits narratifs qui nous sont parvenus sont présentés comme le mémorial "théosophique" de la tradition orale du druidisme. La transition entre l'oralité du sacré et le discours mythographique est le moment de la naissance du roman surgi de la tension antagoniste de la littérature et de la contrelittérature.

A partir de la mythologie celte, l'auteur nous convie à une passionante découverte herméneutique de la connaissance druidique. dans ce livre brillant, Thierry Jolif réussit à concilier d'une façon claire et originale les données traditionnelles de l'oeuvre guénonienne avec les travaux remarquables de Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h." Alain SANTACREU.

Toutes les notes