mardi, 23 septembre 2008

La guerre des "deux" n'aura pas lieu !

La guerre des deux France n'aura pas lieu !

 On a eu beau sortir les grigis et quolifichets ostentatoires du catholicisme pour que les laïcs athées militants se rebiffent et brassent de l'air : rien ! Ou si peu.

La venue du Pape aura eu le mérite, néanmoins, de redonner quelque vigueur, à défaut de verdeur, à quelques Voltaire aux petits pieds qui rongeaient leur frein tant ils manquaient cruellement de calottes à se mettre sous les crocs. Les zamis de la libre pensée auront donc eu le droit, eux aussi, en ce mois de septembre de l'an de Grâce 2008, à leur "nouveau" quart d'heure de gloriole médiatique. Sans doute pense-t-on plus "libre" lorsque l'on a l'opportunité de déverser sa bile en public (ceci explique aussi pourquoi certains philosophes eurent besoin de créer leurs universités avec leurs publics ...).

Et de nous resservir les toujours mêmes explication tiédasses d'une raison "libre" autant que "libérée". D'une liberté bien molle et foutrement boiteuse qu'elle se maintienne encore et encore sur les mêmes béquilles idéologiques ... bref; on notera simplement un "adoucissement" du ton d'autant plus amusant que notre zami de la pensée-libre ("ancien croyant" soi-même, nous dit-on, ça assoit son bonhomme !) persifle lui-même en soulignant que "oui, maintenant, on les laisse tenir leur "contre-manifestation" à Lourdes" sous entendant par là toute la "violence salement réac" d'avant à leur encontre à eux, zentils-progressistes pas zagressifs pour deux sous ! Qui déjà voulait pendre qui avec quoi ?

Alors, voila, on a secoué le cocotier du laicisme "à la française" ? Et ... ? Qu'est-ce qui est donc tombé de l'arbre sur la "plate France des Napoléonides" ? Ben rien, pas grand chose ! A part les dégoiseries  du camarade libre-penseur cité ci-dessus ... et, évidemment, les commentaires les plus "assurés" de tous ceux dont c 'est le turbin ! Et eux est-ce qu'ils pensent "libre" ? A dire vrai, dur  de se faire une idée. L'unanimisme est de mise et, à vrai dire, on nous dit que, bon, c'est pas très bien mais en même temps c'est pas très grave.

Plus grave la "crise" financière, elle efface cette polémique pacifique, tout autant que ce qu'il advient de la Géorgie !

Et là encore "eurunanimité" ... tout le monde dit que c'est vilain, la crise, ben c'est pas bien ! Le Pape également, comme quoi on a eu raison de l'inviter ! Mais l'écoutera t'on ? Ne fut-il pas la victime de la "folie" people qui agite le Président, et non le signe d'un retour ostentatoire des liens intimes entre le pouvoir politique et l'autorité spirituelle ? Comment, comment les journalistes ne voient-ils pas les images qui font pourtant leur métier ? Comment envisager qu'un homme qui, d'une image à l'autre, d'une cérémonie à l'autre, ne semble jamais savoir comment il doit se signer (un doigt,  deux, une main ??), comment envisager donc que cet homme-là soit prêt à assumer une transition dévastatrice en remettant à l'ordre du jour un pouvoir synergique, un pouvoir bicéphale ? Et pour quel peuple ? Pour quel communauté le ferait-il ? Et si Rome condamne l'ultralibéralisme comment "diable" pourrait il concilier cela avec l'exercice d'un pouvoir politique "chrétien" ? Un chrétien ardent tel que Léontiev (qui en outre avait "prophétisé" la catastrophe général du bourgeoisisme planétaire) savait bien, lui, que la morale, l'éthique et la politique sont des choses, des "plans" différents, avec une acuité qui nous semble absolument "intolérable" aujourd'hui il a su le dire !

Saint Louis, lui,  avait dit : "Je ne suis pas le roi de France, je ne suis pas la Sainte Eglise.

C'est vous, en tant que vous êtes tous le roi, qui êtes la Sainte Eglise."

Programme en forme de slogan des zamis de la libre-pensée : « Laïcité partout et pour tous ! » Mais, les gars, n'est-ce pas déjà le cas ! Qui a donc retouché la Constitution, qui la loi de 1905 ?

Le but n'est-il pas atteint, en quelque sorte, « l'homme moyen » appelé de ses souhaits par Proudhon n'est-il pas l'homo occidentalis contemporain dont l'unique salut réside dans le « pouvoir d'achat » ? Pourquoi voulez-vous maintenant le faire sortir de sa torpeur, pour combattre qui, guerroyer contre quoi ? L'homme moyen veut-il penser ? Car pour se battre il faut penser, non ? Le but ultime de la laïcité n'était-ce pas, plus qu'une tolérance abstraite et hautaine, l'indifférence religieuse ? Qui a réagit à la visite du Pape et de son rendez-vous présidentiel ? A qui était destiné le message du Président de la principauté européenne de France ?

Ecoutez, écoutez donc un peu « les autres » ! L'Eglise de France ne tient-elle pas autant que vous à la « laïcité à la française », plus que le Président sans doute ?

Ce qui était le plus important, le plus fondamental, dans cette visite n'était-ce pas plutôt le discours du Pape aux 700 intellectuels français ? (si je n'avais pas tant de respect pour l'Eglise en général, je me permettrais de dire, sans sourire, que ceux qui ne croit pas aux miracles, à la multiplication des pains, ont là une preuve tangible, 700, ils ont du ratisser large quand même !!) Il est vrai que J-F Colosimo signalait que peu d'entre eux avait du comprendre le fond de ce discours par manque de "culture chrétienne" ... L'homo occidentalis moyen enculturé et enraisonné à outrance, pleinement et de toute la profondeur de sa platitude laïc manquerait de culture chrétienne ? Tiens donc !

Vous voyez  bien libres zamis de la pensée libérée vous avez suivi la bonne pente et nous tous avec. Tant et si bien rabotée, tordue, élimée, rapée elle fut la culture chrétienne qu'il n'en reste sans doute qu'un "soupçon" chez nos zintellos "à la française" ... Serait-ce ce soupçon qui vous inquiète encore ! La tolérance c'est plus "cool" quand il n'y a plus rien à tolérer ... vous faites donc pas de bîle les zamis, vous avez, en fait, en la personne du Président un allié inestimable, avec sa manie de tout "peopolisé", il fera avancer votre cause de néantisation, d'applanissement stérilisant, il est votre allié, n'en doutez pas, avec tous ses amis et tous ses enemis il continuera à tracer le fier sillon vers la "panvulgarité terrestre radicale" (Leontiev).

Mais, bons zamis milaïciens vous avez tout ..., faites-vous donc semblant de ne pas voir notre société irreligieuse, a-spirituelle, où la confession n'est plus que l'un des éléments du show-media perpétuel ? Ah oui ! j'oubliais que vous aussi z'avez un segment de marché à défendre ! Que vous devez bien remplir le rôle et "penser libre" là où on vous dit de penser ! Pourquoi "diable" ne pas suivre l'exemple plus tranché de François Dagognet ? Parce que vous n'auriez plus d'espace public de "liberté de penser là où on vous dit de penser", crainte de perdre votre clientèle ?

S'il n'y a pas de Dieu, pourquoi en parlez-vous tant ? Si le Pape n'est qu'un démarcheur, un VRP ... pourquoi réagir à sa rencontre plus qu'à celle des multiples "tyrans" qui visitent l'Elysée en quête de "marché", d'affaires ? Est-ce que vous craignez qu'en bon VRP de la culture le saint Père finisse par en refourguer un peu trop ... vous resteriez alors avec un peu trop de stock ... et limite en "date de fraicheur" ?

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 La guerre des deux France n'aura pas lieu, faute de combattants, faute de munitions !!

Mais surtout parce que la "France" n'existe plus, le saint Père à fait bonne figure et l'espérance est une exigence chrétienne fondamentale !

Mais il n'y a plus de France, un segment marchand de la plate paneuropénne république c'est tout ce qui reste, épuisée par tant de "libreu penséeu" il n'y a plus de France ...

Dans son éditorial de ce jour, 23 septembre 2008, le quotidien Ouest-France, revient, sous la plume de A. Grosser, écrivain, sur le discours du Pape Benoit XVI au collège des Bernardins. Là, l'auteur pose l'insolite question de savoir si le Pape connaissait la présence, dans son auditoire, d'athées et d'agnostiques ? Comment en douter ? Sincèrement ! Il semble, par cet effet de style, que l'auteur veuille suggérer que Benoit XVI aurait du tenir compte de cette présence et donc, infléchir, le sens de son discours ? Mais pourquoi cela ? Les athées et agnostiques présents savaient-ils qu'ils étaient là pour entendre (à défaut d'écouter) le Pape et non un philosophe moraliste ou un historien des religions ? « Sa raison (i.e, celle du Pape) n'est pas leur raison » nous dit-on ! Heureux de l'apprendre, ainsi donc l'humble humanité serait dotée de deux raisons au moins, voire plus ? Nous savons bien que la même raison ouvre sur des « visions du monde » diverses, parfois antagonistes, la Pape lui-même l'a réaffirmé ! Nous, chrétiens, savons que la Croix est « folie » pour les uns, « scandale » pour les autres; « folie » et « scandale » pour la même raison aux perspectives, aux options, aux opinions différentes et divergentes. La même raison fonde l'Inquisition et la révolution française, la même l'hitlérisme et le communisme, la même la pornographie et le fondamentalisme ...

 Benoit20XVI20et20Bartholome20Ier.jpgL'auteur continue en écrivant que « Benoit XVI a paru considérer que le Dieu de l'Ecriture était la seule source de la morale » et s'oppose à cette perspective en s'appuyant sur les propos de A. Lintanf, dominicain qui lui affirme que «la foi en Dieu n'est pas nécessaire pour fonder une morale » ! voilà, « scandale » et « folie » ! Pourquoi continuer ce débat-là ! Les leçons de Nietzsche n'ont-elles pas été retenues ? Pourquoi ce réductionnisme du christianisme à la morale, à l'éthique ? Parce qu'il demeure l'un des seuls terrains de dialogues possible ?

 

Mais, Christ est-il venu fonder une « morale » ? S'est-Il adressé aux gens « moraux » de Son temps ? Ne fut-Il pas plutôt « pour eux une occasion de chute » (Marc VI-3) ?

 

La même raison trouve aux opinions sus-nommées une justification « morale », morales qui, évidemment, ne durent que ce que durent les opinions et les utopies, jusqu'à ce qu'elles s 'effondrent, vaincues par le néant qu'elles portent en elles ou jusqu'à ce qu'elles soient jugées immorales !

 

Aucune morale n'est inébranlable ! L'avortement ? Immoral, hier, moral aujourd'hui ! Inutile de fourbir d'autres exemples ...

Aucune morale n'est établie « sur le roc » !

La compassion émotionnelle n'est pas la Charité à laquelle appelle Christ ! Le « pacifisme » n'est pas la Paix de Christ («  je vous laisse ma paix, non comme le monde la donne, je vous la donne, moi ») ! L'éthique n'est pas la Justice de Christ ! « L'homme passe l'homme » disait Pascal, la raison n'est pas une fin en soi, elle est instrument de dépassement et d'accomplissement.

Christ à accompli la Loi juive en la transcendant. Saint Maxime le Confesseur suggérait que la loi écrite ne s'accomplit qu'en se niant, se n'est pas en s'asservissant aux lois « morales » (« poursuite de vent ») des hommes que l'homme accomplira se qui fonde supérieurement sa raison !

Dans l'extrait cité A. Lintanf poursuit ainsi : « Affirmer comme Dostoïevski que, si Dieu n'existe pas tout est permis, c'est se faire une piètre idée de l'homme, de la morale et de Dieu. » Nous pourrions répondre tout aussi lapidairement qu'il faut avoir une « piètre » expérience du tragique et du déchirement vital de l'homme moderne pour méconnaître ainsi la profondeur de Dostoïevski sur ce thème. Le « tout est permis » de Dostoïevski c'est, précisément l'inversion de la liberté souveraine proposée par le Christ. Dieu propose, Il n'impose rien ! Christ, Personne (prosopon) propose quelque chose à la Personne humaine, Personne déchirée, blessée ... non à l'individu. Christ se propose à l'homme-humain, son Image, c'est-à-dire à tous à travers l'un-multiple, non à la parcelle, non à la partie du tout ! C'est, précisément la morale, morale basée sur la raison « raisonnante » des individus qui tend à s'imposer totalitairement, c'est-à-dire, selon le tout !

Christ n'aurait-il pas pu « régner » sur les hommes d'une façon « morale » ? N'est-ce pas ce que « l'esprit terrible et profond », finalement très rationnel, lui proposa au désert ? Christ aura refusé cette possibilité, sommes toute fondée moralement, de libérer l'homme malgré lui, de lui imposer le salut. Cependant Il lui laissa donc sa volonté libre de choisir. « Prends ta croix et suis moi. » N'est-ce pas la plus lourde croix que l'homme ait à porter ? Il pourra aussi, choisir de la porter sans suivre Christ.

« Privé de la loi passée l'homme dorénavant devait juger lui-même dans son coeur libre de ce qui était bien, de ce qui était mal ... n'ayant devant soi que Ton image. » La Légende du Grand Inquisiteur.

Image qui devient parfois presque invisible, image que l'on peut rejeter autant de fois qu'on le désire.

Image que l'on remplacera par une autre (faites de main d'homme celle-là), morale, éthique, politique, humanitaire, culturelle, psychologique ... Mais toutes seront passagères, temporaires !

On les remplacera par d'autres, bientôt ! (Paraphrasant Olivier Clément nous pourrions dire que le « monde moral c'est le monde du « on ».)

Les héros de Dostoïevski vivaient ô combien douloureusement leur athéisme, nos contemporains eux, pour une part, « zintellectuels » vont écouter le Pape, entre deux autres « conférences »; pour l'autre, « milaïciens » manifestent leur indifférence méprisante à Lourdes ... nous aurons toutes les peines du monde à leur faire entendre que cette « liberté » de choix gît dans les « refus » de Christ ! Nous ne pouvons ni ne devons vouloir les contraindre ! Loin de souhaiter, à leur image, imposer une morale, une éthique, une loi nous ne devons que nous réjouir de leur liberté ! Rappelons alors l'incroyable et puissante maxime que l'audacieux Maître Eckhart plaçait dans la « bouche » du Seigneur : « Plus ils blasphèment et plus ils Me louent ! »

Si l'on déforme la foi en Christ en l'attachant à des buts de ce monde, on perd d'un coup tout le sens du christianisme, l'esprit ne peut manquer de tomber dans l'incroyance et, au lieu du grand idéal de Christ on ne voit se construire qu'une nouvelle Babel. La conception sublime du christianisme sur l'humanité est abaissée jusqu'à un regard sur cette humanité comme sur un troupeau de bêtes et, sous l'apparence d'un amour social apparaît un mépris, cette fois non masqué envers les hommes.

Fiodor M. Dostoïevski, le 30 décembre 1879 avant une lecture de La Légende devant des étudiants de l'Université de Saint Petersbourg.

Non la guerre des deux France n'aura pas lieu, parce qu'en outre, entre « zintellectuels » (chrétiens ou pas) et les « milaïciens » il y a l'énorme part de ceux qui s'en cognent ! Et là ... la guerre des trois n'aura pas lieu !

(Les chiffres supportent tout :

Le quotidien France soir a publié la semaine dernière des chiffres (fournis en 2006) concernant les religions en France. 55% des Français se déclarent catholiques (selon un sondage de l'Ifop), 16% d'entre eux se disent pratiquants. Selon un autre sondage, ils sont 64% à se sentir proches du catholicisme. Les orthodoxes avec les pré-chalcédoniens (qui comprend l'importante communauté arménienne) sont classés dans les "chrétientés historiques" qui regrouperaient 750 000 personnes, soit environ 1,2% de la population.

Source : www.orthodoxie.com)

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22:38 Ecrit par Thierry dans Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laïcité; religion; christ; religion; philosophie |

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