vendredi, 14 novembre 2008
Le poids des mots, le choc des zozos !
Certains de nos hexagonaux journalistes, particulièrement radios, s'en donne à coeur joie sur le mode "hé hé qui c'est qu'avait raison" !!
Jouant un peu tard les cassandres et les prophètes à la petite semaine (et à la bourre) ils découvrent stupéfaits les conséquences logiques et
les suites désastreuses, logiques, de l'inhumanisme marxiste mais sans évidemment se l'avouer et préfère regretter le bon temps où la "lutte des classes" signifiait encore quelque chose et pouvait s'incarner dans l'histoire. Histoire qu'ils persistent à dire faites, précisément par cette "lutte des classes". Avouons tout de même une certaine lucidité des chroniqueurs de la "krise" ! Ils reconnaissent aisément que le "héros" Mitterand à lui-même été le liquidateur du terme et de l'idée "incarnée" de lutte des classes, que Pierre Berégovoy fut l'initiateur de la loi qui porta un coup fatal à la réglementation financière.

Le reste des arguments est connu : les capitalistes tiennent les entreprises, les médias, les ministères, jusqu'au Président qui "s'rait d'leur bord". On peut toujours être plus à gauche, ou à droite, que son voisin. Comment savoir jusqu'où va le souhait de certains de "refonder", de "reformer". Jusqu'à la purge ? Les capitalistes, eux, sont en train de réemployer le mot ... dans un autre contexte !
L'économie politique, considérée comme le seul axe, est évidemment le seul problème réel car pour ce monde le réel est l'économie politique !
Communisme et capitalisme financier partent, tous deux, du même présupposé : l'économie. Le salut du monde, ou du moins, son "amélioration", sa transformation, passe par l'économie.
Le capitalisme libéral utilise les thèmes "liberté, égalité, fraternité" comme un masque pour ses activités déshumanisantes, comme un objectif "espérable", une fin envisageable usant des drogues que sont le plaisir, le bien-être, la jouissance, le mieux-être ! Les crises du capitalisme libéral légitiment, à rebours, le recours au communisme. La violence inhérente au communisme, légitime le recours aux "faux espoirs" du libéralisme sous le masque de la démocratie !
Alors ? Que proposent, quant à eux, nos néo-communistes ? Un arrêt, une régulation stricte et sévère de la spéculation financière ? La reprise en main par l'Etat (mais lequel ?), la limitation du libre-échange, une économie à taille humaine, un certain localisme ? ou bien un corporatisme (rejoignant ainsi certains monarchistes) ... ? Les idées son nombreuses, généreuses même; comme toujours, comme "avant". Mais quels moyens pour les imposer ? Et pour quelle fin ? Liberté, égalité, fraternité, joyeuseté, consumérisme sous contrôle certifié "éco-citoyen-éthique" ?
Au coeur de la "grosseu krizeu", naissance au ciel de Soeur Emmanuelle, Charité incarnée, faites femme ! Larmes de crocodiles, devoir de mémoire médiatique expresse pour mieux oublier et passer à autre chose ... On diffuse en boucle des phrases chocs mais qui en mesure la portée véritable ? Quelle économie allez-vous encore fonder, sauvage et libérale, généreuse et et citoyenne sur ce roc-là : "Le jour de la mort c'est le plus beau jour de la vie." Résumé existentiel de la seule Economie réelle, celle du Salut !
Le mot le plus prononcé à l'heure actuelle est aussi celui dont le sens nous échappe le plus totalement. Les Pères ont accompli un travail intense de spiritualisation du langage. Pour paraphraser à nouveau saint Irénée, de VERBIFICATION du langage ! Ils ont investi le langage, la langue du rétheur, du philosophe, du guerrier, du marchand et y ont infondu les mots ET l'Esprit. Les étapes ultérieures furent le renversement systématique de ce travail. Ils avaient vivifiés le corps des mots, le corps de tous textes ... nous en faisons un cadavre !
Le fondement de l'Economie c'est la Charité - l'Agapé. L'Incarnation se fonde dans la tendress de Dieu.
Pragmatiques, réalistes, athées nous dirons qu'il n'est pas utile ou nécessaire de croire en Dieu pour aider son prochain; et de nous citer moults exemples, comiques, acteurs, musiciens ... Certes, mais la compassion n'est pas la Charité; on ne voit que trop bien ce que peut "rendre" le "charity-business" ... quelle économie s'y cache ?
Il s'avérerait, sans doute, urgent de réaffirmer alors la célèbre formule médiévale : Pecunia non parit pecuniam (l’argent ne doit pas engendrer l’argent), mais, nous dira-t-on nous ne sommes plus au Moyen-Age. En effet, et, précisément puisque le « temps passe », ainsi, en effet l’intérêt est condamnable car il fait payer le prix du temps, temps qui n’appartient qu’à Dieu et que l'Apôtre nous appelait, à temps et à contretemps, à « racheter » :
« Prenez garde de vous conduire avec circonspection comme des sages.
Rachetez le temps.
Comprenez quelle est la volonté du Seigneur. » (Ephésiens, V:15)
En effet, l’homme est fondamentalement existence historique; ainsi le regard qui peut embrasser le passé et l’avenir forment une partie essentielle de son existence même, une base non négociable ! Retrancher de l'existence humaine ce rapport au temps de l'eschaton hyspostatique de chaque homme c'est l'une des armes de ce monde, l'une de ses tendances lourdes.
« Le présent de chaque homme reste justement situé dans son orientation vers une fin dernière surnaturelle (eschaton), et, précisément, en tant que réalité actuelle, relative à cette fin. Le temps est donc positivement, et dès maintenant, la manière dont la créature participe déjà à l’éternité de Dieu. Ce temps (le temps), n’est donc pas la propriété de l’homme mais du Créateur uniquement. Le secret intime des usuriers, c’est de détourner le temps et d’en faire l’instrument de leur coupable manœuvre spéculative. En cela réside le ressort originaire (occulte), de la puissance financière depuis des siècles, dont le moyen âge, par clarté théologique, lucidité spirituelle et intelligence politique, a su se protéger. » (Jean-Marc Vivenza)
Certes, le Moyen-Age a su se protéger des sombres forces de l'argent. Mais a quel prix ! Ce Moyen-Age n'a-t-il pas « tenté le Seigneur » en voulant à toute force christianiser la société, en tendant vers une forme d'écclésiologie singulière qui voulait voir une certaine identité entre Eglise et société ?
« Malheureusement cette volonté de sanctifier la société conduit à un désastre, à un reniement des fondements même du christianisme, par le triomphe de la loi sur la grâce. Et il ne peut en être autrement. Car le diagnostic de la Bible reste permanent, tant que la création déchue persiste, le monde reste le monde, l'argent est toujours l'argent. Dans le grand combat de l'Eglise contre l'Argent au Moyen Age, l'Eglise a été vaincue pour avoir cru possible de christianiser et de moraliser ce qui reste l'adversaire irréductible. » (Jacques Ellul)
L'autre voie, issue par réaction celle-ci, fut celle du luthérianisme et de la Réforme ! La catastrophe américaine qui irise le monde de ses vaguelettes banqueroutières y puise ses origines !
Deux voies « chrétiennes » qui ont échoué parce qu'on ne bâtit pas des systèmes économiques, politiques ou sociaux sur le Verbe de Dieu, on asservit pas la Personne divine dans les carcans obtus d'une doctrine humaine ...
« Il faut être convaincu qu'il n'y a pas de principes chrétiens. Il y a la personne de Christ qui est le principe de toute chose, mais il ne saurait être question, si l'on veut être fidèle, de réduire (comme on l'a fait trop souvent) le christianisme à un certain nombre de principes dont on pourrait logiquement déduire des conséquences. » (Jacques Ellul)
Note : Entendu ce jour, les ventes du Kapital de Marx seraient en hausse significative ! Certains doivent s'en réjouir méchamment, d'autres s'en inquiéter gravement ! Dans les deux camps on démontre ainsi son incompréhension formelle, un entêtement pathologique plus encore que pathétique dans les voies de l'erreur ! De quoi s'amuser en effet, et aussi de prévoir d'autres tempêtes fumeuses !
Le retour en "grâce" de tonton Karl
réjouit, semble-t-il, certains
journalistes et hommes publics.
Ce qui se comprend lorsque
l'on a toujours pas accepté de considérer, le "marxisme"
comme le fondement d'un totalitarisme inévitable.
"La liberté politique ... est pire que le pire des esclavages."
Correspondance, Marx - Engels.
La Charité ne peut jamais être tournée en système. Si elle le devient c'est qu'il ne s'agit pas de Charité !
On pourra toujours s'agiter, "sauver" (des banques, un système), refondre, réformer, tout cela ne changera rien à l'état de ce monde car ce monde vit précisément de cette agitation de vide, dans le vide ...
Traders et autres courtiers sont l'inversion néantisée de ce "scribe, instruit de ce qui regarde le royaume des cieux, semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes." (Mathieu, XII, 52)
"Un maître de maison", étymologiquement un "économe" ! Et qui, précisément est l'Econome ? Le Maître de l'Economie de notre salut !
Un président d'une euro-nation-citoyenne-qui-lave-plus-blanc-l'argent virtuel-des-banques ?
Remettre les choses et les mots et le pensée à leur place, leur ré-insufler un tout petit peu d'esprit, serait-ce si risqué ?
Disons le tout net : OUI !
Ellul signifiait, avec raison, d'une part que le système d'Adam Smith faisait fi de la nature humaine, l'homme neutre dans une économie neutre, d'autre part que celui de Marx supposait aussi une quasi absence de nature mais au profit ici de la seule « condition »; condition qui implique un ou des conditionnements, un déterminisme, dont la clef est positivement ou négativement le système économique et lui seul. Ainsi le « facteur » humain est ce qui vicie essentiellement et systèmatiquement tous systèmes; la « nature » humaine plus précisément.
Le système, quel qu'il soit, ne résout rien. Mais il est l'alibi facile des positions qui tiennent pour l'un ou l'autre bord; le bourgeois « complexé » militera pour plus de « justice soiciale », pour un « système meilleur », un « ordre juste », les pauvres voient leur « haine » et leur convoitises se muer en passion de justice et volonté révolutionnaire, justifiées par un système nécessairement « injuste », le capitaliste non complexé justifiera lui le jeu du système qui ne connait pas de « morale » et pourra même défendre en toute logique la liberté. Liberté qui sera la sienne, logicienne, rationnaliste, matérialiste et qui, en conséquence, s'affrontera, heurtera, la liberté que défendent les « autres », la masse sans visage, les pauvres « selon le monde », liberté philosophique, égalitariste, jalouse qui se retrouvera coincée entre celle décrite ci-dessus et celle des défenseurs patentés du pauvre, liberté tyrannique, judiciaire, législative, contraignante et finalement meurtrière.
Le système actuel peut bien se réformer, se reformer, se reformater, se disjoindre, se refondre, tout ce que l'on voudra lui faire subir il l'endurera parce qu'il est extrêmement mobile et flexible, il ingèrera, digèrera et intégrera tout ce qui peut lui assurer une survie même sous un jour défiguré, du social, du socialisme même, un peu d'extrême-gauche sous forme d'éco-citoyenneté-démocrato-participative, tout ... Pourquoi, parce que l'homme moderne ne peut le supprimer sans se supprimer lui-même, sans se jeter dès lors dans le vide ...
21:20 Ecrit par Thierry dans Philosophie, Politis, Spiritualité chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : lutte des classes, économie, marxisme, socialisme, capital, libéralisme, argent |



































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