mardi, 13 octobre 2009

Ne pas croire est une croyance, 1

 Réactions à l'entretien avec Michel Onfray publié sur www.surlering.com :

« Tout vrai philosophe ne se tient jamais contre les autres; mais avec les autres face à la vérité. »

Charles Péguy

Monsieur Onfray est, semble-t-il, comme un archétype de ce qui se fait de mieux en matière de religion de l'homme. Comment lui reprocher de ne « pas croire » ? D'aucune façon, ceci, à la limite ne nous regarde pas, à ceci près que, précisément, en tant que chrétiens nous faisons du salut de tous, même et surtout de ceux qui ne le veulent pas, un devoir de responsabilité... Toutefois, d'un point de vue très personnel, je ne crois pas en la coercition, c'est-à-dire à une conversion forcée, rien de plus faux et de plus contraire à cette métanoïa de nous exigée. Nos saints Pères dans la foi s'exercèrent à convertir par la « raison » posant la Révélation Trinitaire comme aboutissement et acmé en même temps que renversement des philosophies antérieures. Il semble que de tels arguments ne puissent plus, en nos temps d'inflation du sentiment, avoir de prise sérieuse. Le renversement et l'autonomisation de la raison éloignent également cette perspective. Aussi, notre reproche va uniquement à cette conversion forcée à la religion athéiste que M. Onfray semble appeler de ses voeux. Néanmoins, avouerons-nous également, notre joie ! Oui notre joie, directement issue de notre amour chrétien pour l'entière liberté de la personne humaine, notre joie de ce que l'Amour de Dieu aille jusqu'à laisser la liberté à l'homme de nier qu'Il est. Que l'homme se nie lui-même en affirmant cette négation, c'est là l'expression du langage, nécessairement paradoxal, de Dieu dans ce monde agissant comme réfracteur et dans lequel, en conséquence, un grand bien peut apparaître sous formes de colères ...

« Je ne crois pas à l'existence historique de Jésus ...Dès lors, l'aventure chrétienne se résume à celle d'une mythologie parmi des centaines d'autres. C'est celle sous laquelle nous vivons... Elle n'en fait pas une vérité pour autant ! »

Arguments bien connus, et souvent (trop ?) entendu. Toutefois, notons que M. Onfray choisi de dire : « je ne crois pas ... » et non « Jésus n'a pas existé », ou « nous savons qu'il n'a pas existé » ou encore « je sais que l'existence de Jésus est uniquement mythologique ». Ainsi, de lui-même le philosophe se place au plan de la croyance, croyance négatrice certes mais croyance tout de même, non du savoir ou de la connaissance. En quoi, donc, M. Onfray n'a-t-il pas confiance ? Le témoignage des livres ? Avons-nous d'autres choix pour « asseoir » nos savoirs ou nos croyances ? En dehors des livres quelles preuves ai-je de l'existence historique de Platon, de Diogène, de Pythagore, d'Epicure ? Certes, il ne nous est pas demandé de croire en ces personnes, la doctrine que leur prête l'opinion publique ou scientifique nous est largement suffisante. Platon en choisissant de parler par la bouche de Socrate ne nous demandait pas de croire en Socrate, pas plus qu'en lui-même mais en une « vision du monde », en un système d'investigation et d'affirmation. Or, précisément, il nous est demandé par le Christ, par Lui-même, à travers les mots de Ses disciples, de croire en Lui, en Une personne, pas dans une doctrine et ceci, non pour acquérir une vision juste du monde, pour vivre d'une façon meilleure et plus belle, mais pour atteindre le salut, c'est-à-dire non pas une vie meilleure et plus belle et plus « saine » dans l'au-delà mais pour recevoir dès l'ici-bas les prémices de la vie future qui est communion trinitaire. Le Christ ne nous a pas demandé de « croire en son existence historique », Il n'impose pas Il transforme, Il s'est incarné pour proposer. « Venez et voyez », Il nous invite à le rencontrer, à le re-connaître. On ne rencontre pas une idée pas plus qu'une existence historique, on rencontre une Personne, après la rencontre, l'existence historique ne s'impose pas, elle apparaît pour ce qu'elle est. La science philosophique autant que matérialiste use toujours d'euphémismes et de sophisme. En effet, le Verbe ne s'est pas fait « existence historique », Il s'est fait homme, non pas objet ou sujet d'enquêtes sociologiques ou psychanalytiques mais « chair » pour que toute chair puisse être « verbifiée », selon l'heureuse formule de saint Irénée. Il l'a fait, une fois pour toute et depuis c'est par la chaîne de la transmission (paradosis, en grec) que nous sommes témoin de Sa présence, ce qui implique, confiance, fidélité et espérance. C'est donc, dans Son absence que nous devons établir fermement l'assurance de Sa présence. Malgré, et presque contre cette « existence historique », terrible perspective inversée, c'est donc dans le silence que Dieu se révèle, c'est, paradoxalement Son apparente absence qui enseigne le mieux sur Son inaltérable présence, « Toi, qu'on ne peut comprendre qu'en se taisant. » (Arnobe)

Peut-on comprendre une personne sans la connaître ? On peut comprendre une idée que l'on ne connait pas en se la faisant expliquer clairement. Qui expliquera jamais l'authentique personne humaine ? Alors, combien moins la Personne divine qui n'est « saisissable » (mais toujours incompréhensible) que dans une sincère communion (communion qui est de nature trinitaire). « Je ne crois pas en l'existence historique de Jésus », réduction et rétrécissement rationaliste, forclusion de l'instance possible du dialogue ! Un athée déclarant « je ne crois pas en Dieu » laisse ouverte la possibilité d'un dialogue avec celui qui « croit en Dieu », un athéiste militant déclarant « Dieu n'existe pas » ferme toute éventualité d'un débat possible, il réduit celui qui lui fait face à jouer le rôle, au mieux, du naïf un peu inculte qu'il faut éduquer et éclairer, au pire de l'affreux inquisiteur rétrograde et refoulé. « Je ne crois pas en l'existence historique de Jésus », là l'adversaire cesse même d'être envisageable, il est exclu de l'histoire.

« Les religions relèvent d'une ère que je souhaiterais voir dépasser. Nous sommes assez adultes pour ne plus avoir besoin de fables, de mythes, d'histoires infantiles ( comme en proposent toutes les religions...) et pour construire nos règles du jeu non pas avec de l'illusion, mais avec de la réalité et de la vérité. Les temps de la philosophie me semblent venus... Le mieux vivre avec autrui est une affaire qui relève de la règle du jeu éthique, de la convention morale et non du commandement descendu du ciel. »

« Nous sommes assez adultes » ? Vraiment ? Regardons un peu l'état du monde après tant de siècles d'histoire et de systèmes philosophiques divers et variés, l'homme serait adulte, lui qui continue à courir après tant de vide, tant de choses qui, il le sait intimement, ne peuvent le mener nul part ? La philosophie pourrait nous indiquer la voie, nous permettre de dépasser les fables infantiles des religions ... N'est-ce pas précisément ce que le christianisme proposait originellement ? La philosophie elle aussi ne devrait-elle pas remettre en cause ses propres fables et mythologies, celle de Hegel, de Marx, de Hengels, n'ont-elles pas, elles aussi, largement démontrés leurs limites et leurs dangers ? En outre, voilà bien le souci, il s'agit de s'entendre sur ce dont nous parlons et ce n'est pas un « commandement » qui est descendu du Ciel, ni un avatara, c'est le Verbe, « le pain du Ciel », la personne du Fils. Sophismes ? Paroles creuses qui ne convaincront pas un « esprit libre » ? Certes, et en outre il existe bien des remises en cause tout aussi virulentes que celles de M. Onfray à l'égard des religions, elles semblent seulement rencontrer un moindre écho que les siennes (quoique le cas Dawkins soit également révélateur ...).

La non-croyance est une croyance, une superstition de l'ego (ce diviseur). La non-croyance est une séparation radicale. La base en est, pour la modernité contemporaine, le « cogito ergo sum » de Descartes. Poser pour fondement à la cognition la connaissance de soi pour soi c'est refuser la fidélité aux pères (la tradition) et le témoignage des autres, de l'autre, du prochain; c'est un isolement, un retranchement. C'est, proprement, le refus de la communion (d'essence trinitaire) comme mode d'existence du monde, réitération de la chute, volonté de connaissance unilatérale de moi par moi en moi, l'ego comme seule mesure de l'existence authentique et de sa vérité. Scepticisme jaloux, bilieux et envieux qui ne tarde pas a devenir gnosticisme égoïste, jouisseur et utilitariste. Fidélité et confiance sont ruinées, alors, oui il ne reste plus que la possibilité du « contrat », d'un acte légal et juridique qui exclut la communauté naturelle, aussi bien que l'amour fraternel gratuit en vue d'un bien et d'une fin commun, pour faire place aux intérêts fluctuants et aux nécessités contraignantes. Sur quel « vivre mieux ensemble » peut bien déboucher cette philosophie ?

« Si rater un aspect libérateur de la spiritualité passe par la pratique de l'illusion la plus ancestrale, l'autopunition pratiquée au quotidien, l'autocastration érigée en obsession existentielle, la pratique de l'idéal ascétique, le sacrifice de l'idéal misogyne, la mort à petit feu chaque jour pour, prétendument, mieux mourir le jour où il faudra vraiment passer l'arme à gauche, alors je veux bien passer pour quelqu'un de réducteur... Mais conservez présent à l'esprit l'idée qu'on reproche souvent aux autres ce que l'on n'a pas envie de se reprocher à soi. »

La plus grande misère c'est d'ignorer ce dont on parle ! C'est bien en effet une réduction, une vue pauvre et diminuée que de résumer ainsi le christianisme, puisque c'est bien de lui qu'il s'agit, quoiqu'en dise le Philosophe. Tenant compte de la dernière remarque du Philosophe il nous apparaît encore plus clairement que la définition de la vie spirituelle par ce dernier, ne ressort pas d'une stricte analyse « réaliste et véridique » mais révèle bel et bien, au contraire, la religion fantasmée par lui. Reproche-t-il à la religion, le Philosophe, ce qu'il craindrait de se reprocher à lui-même ?

Le Philosophe souhaite faire du « passé table rase », dépasser l'illusoire religieux qu'il ne veut voir que comme tel; l'élan créateur, la transcendance de l'esprit vers ce qu'il reconnaît pour supérieur, les réalisations somptueuses, l'art, la grâce pacificatrice du chant, la force des hymnes, des poèmes, tout ce concret, ce réel, ce palpable fait sous le souffle de l'Esprit ... tout cela il faut le balayer vite fait, bien fait. De toute façon, le profane ou l'athée peuvent faire aussi bien. Le Beau, le Bon, le Vrai ne dépendent que de l'homme, d'un contrat éthique, d'une convention morale. Bien ! Alors finissons en aussi et balayons ce qui demeure encore bien ancré de marxisme (dont les chants et les oeuvres belles sont aussi peu nombreux qu'incertains), de positivisme (dont Comte voulut qu'il fusse une religion sans Dieu) ... Que chacun fonde son éthique avec ce qu'il pourra sauver du nettoyage éthique du Philosophe, mais que restera-t-il ?

En définitive, comme depuis si longtemps, le libre-penseur ne remet pas tant en cause « l'existence » du Christ, de Dieu, de la religion, que l'existence concrète du mal dans l'homme et le monde. C'est cette existence-là qui, précisément, est incompatible avec ses théories. Si il veut expatrier Dieu il doit avant tout expatrier l'idée du mal et du péché. C'est ce que Berdiaev reprochait déjà en 1918 à tous les révolutionnaires de son temps, et de tout temps. Mais, il nous faut toujours garder en mémoire toute les possibilités de retournement qui existent ou peuvent exister. Il nous faut aussi garder toute humilité et accepter le « scandale », accepter toute les voies de Dieu, les voies choisies par Lui, pour Lui. Devant la colère, la haine, les injures, le « blasphème » gardons en mémoire cette admirable sentence énoncée au nom du Seigneur par Maître Eckhart :

« PLUS ILS BLASPHEMENT ET PLUS ILS ME LOUENT. 

EXTENSION :

M. Onfray, le philosophe, a fait paraître un ouvrage intitulé « La religion du poignard ». Irais-je jusqu'à écrire que cette évidente jubilation, presque juvénile, à afficher des titres aussi ronflant, frise le comble de l'inutile ou bien révèle d'une superficialité touchant à l'absurde. Ce besoin, quasi systématique de faire dans le « provocant » n'annule-t-il pas de lui-même toute l'hypothétique portée de la pensée mise en oeuvre ? Sans doute, non, puisque, bien que remuant cette question je rallonge encore la note ci-dessus. Ce n'est pas tant ce titre, pourtant, qui me fais réagir que la note de 4e de couverture. On peut y lire un résumé de l'exposé du livre, sorte d'apologue de Charlotte Corday qui aurait initié, en vue de la libération de tous du pouvoir tyrannique, ce que l'auteur appelle donc « La religion du poignard » ... Mais, ceci, resterait relativement anodin et fort peu intéressant si la note ne continuait en disant à peu près que cette « religion sans Dieu » s'avère être essentielle dans une époque de nihilisme grandissant comme la nôtre

Mais, de qui se moque-t-on ? Pourrait-on se dire, au premier abord ! Moi le premier ! Et puis, finalement, je serais plutôt « heureux » de découvrir que le philosophe donne, finalement, raison à mes développements. Il agit donc au nom d'une « religion », religion athéiste certes mais religion tout de même. Et puis, encore, il se trouve, comme très souvent dans mon cas, que cette découverte agit, en fait, en interaction avec une lecture; celle, en l'occurrence, de La philosophie du vin, un livre de prières pour les athées de l'excellent Béla Hamvas. Ouvrage admirable dans lequel le métaphysicien-romancier hongrois définit beaucoup plus largement qu'à l'accoutumée le cercle des athéistes. Pour lui, en effet, ceux-ci ne se limitent pas à ceux qui vivent dans « la religion de la matière » ou aux cartésiens fanatiques de la raison, non; ils se recrutent aussi parmi les zélotes, les dévots, les communiants quotidiens, « des fanatiques de la Weltanschauung aux boulimiques hypocrites, des adorateurs fous de la gloire, du rang, du pouvoir et de l'argent aux miséreux coeurs-de-pierre, des avocats obsédés de l'hygiène aux prudes indignes, des ascètes torturés aux alcooliques. » Pour Hamvas la « bonne religion » (vita illuminativa), celle qui n'est pas une maladie, est haute sobriété. Le premier signe de la guérison sera de voir Dieu dans les pierres, les arbres ..., dans l'amour, la nourriture, le vin. La « bonne religion » sait que la joie de vivre n'est pas interdite, non, mais comme les disent les Evangiles, un plus. La nourriture, le vin et l'amour ne sont pas le but mais des moyens utiles. Pour Hamvas, ce monde est un lieu de crise et de séparation et chacun se doit de déclarer ses intentions ...

« ... Michel Onfray [...] sous couvert d'intégrité et de déclarations redoublées de son attachement au respect d'autrui, laisse couler dans ses propos un perpétuel flot de haine, d'anathèmes et de manichéisme qui pourrait sans peine être réutilisé par quelques illuminés en manque de sang. Sa glorification des corps, de la pureté, de la force (celle des Condottieres), de l'élitisme n'est pas sans faire écho à certaines thématiques nazies; idem pour son hédonisme solaire : on sait l'importance des cultes païens dans la symbolique nazies, cultes dans lesquels le soleil, la lumière, la blondeur n'étaient pas absents. Il ne s'agit pas de dire que les propos d'Onfray sont nazis [...] mais que les thématiques qu'il aborde peuvent être lues sous des angles très divergents, qu'il le veuille ou non, qu'il l'assume ou non. » (Stéphane Beau, Michel Onfray, caricatural un jour, caricatural toujours ? in Philosophie Magazine N°14)

L'intention est bien déclarée du côté de notre Philosophe. Je serais moins indulgent que l'auteur de ces lignes. Le poignard de la joie c'est bien le retour à une maladie de la religion, aux sacrifices humains exigés par la « pureté de l'idée ». Regressus ad paganus ! Ce qu'on ne veut pas voir chez soi on le dénonce chez les autres ! C'est la réponse cinglante apportée par le Philosophe lui-même ...Les alertes au fascisme, à l'obscurantisme ... que sont-elles réellement ? Comment ne pas voir que toutes ces alarmes trop musclées pour être honnêtes, toutes ces vertueuses exhortations sont, précisément, trop vertueusement affichées pour ne pas cacher un désir sous-jacent, un désir extrême, violent extrêmement ?

 

Trackbacks

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Commentaires

L'athéisme, comme vous le signifiez si bien ici, est une religion de l'homme, un formidable égoïsme, une spiritualité de l'égo. Voilà des années que Michel Onfray se démène avec ses prédécesseurs athées, pour tenter une nouvelle fois, tel Sisyphe, de monter le lourd et crasseux boulet de la non-croyance en haut du mont humanisme. Son fameux "Traité d'athéologie" est le plus flagrant exemple de cette volonté de créer le bien de rien, volonté vouée à l'échec, élan qui retombe bien vite au nihil dont il est venu.

Une religion matérialiste, anti-transcendantale, est vouée logiquement au nihilisme le plus dur. Nietzsche l'a, malgré lui, brillamment démontré. Penser que la matière et la vie ne sont que les fruits du chaos, et non d'une intelligence, c'est se placer déjà dans la filiation du chaos et se donner la vocation de le perpétuer.

Merci pour cet article passionnant.

Ecrit par : Quentin | dimanche, 18 janvier 2009

Je suis très content de vous retrouver ici, dans ce vide-virtuel qu'il convient de charger positivement ou négativement !
"volonté vouée à l'échec" ? oui, au bout du bout ! certainement ! en attendant, malgré les sondages qui laissent espérer en la foi de nos contemporains, cette volonté va générer de plus en plus de souffrances ... et certaines fois apparemment plus "spirituelles" le feront aussi, et certains, à partir de la foi vont aussi continuer à la mal interpreter et suivre les pas des "fauteurs de néants" ... oui la voie va se faire de plus en plus étroite ...; c'est une tristesse qui serre le coeur mais c'est aussi une loi spirituelle qui doit nous réjouir !

Ecrit par : Thierry | lundi, 19 janvier 2009

Dans la nouvelle occurence du Magazine des livres, n°14, Février/Mars 2009, un bon article de Stéphane Beau qui analyse finement le caractère philosophique de Monsieur Onfray. je n'adhérerais pas à toutes les options mises en avant par S. Beau mais néanmoins moult précisions avalisent mes intuitions. S. Beau s'inquiète des vélléités politiques du misosophe mais il se fait de la bile pour peu de chose, certainement parce qu'il se méprend sur le "poids des mots" et la réalité des influences "occultes" de la pensée. Citant un passage de Tolstoï, Stéphane Beau souligne l'inefficace du travail des écrivains sur le déroulement de l'histoire. Certes l'anarchisme de Tolstoï ne s'est pas incarné intégralement dans l'histoire mais il a, néanmoins, mêlé à bien d'autres influences, essaimé un peu partout et porté ses fruits jusque dans le libéralisme économique contemporain qui effraie tant les anarchistes d'aujourd'hui, paradoxe lié au mouvement toujours balancé entre inversion et inversion d'inversion du langage et des idées. Le verbe, l'écriture, sa parodique réalité ne sont pas de la propagande, leur efficacité est tout autre et tout autre leur puissance, créatrice et/ou négatrice.

Ecrit par : Thierry | mardi, 27 janvier 2009

Onfray est tout simplement un petit bourgeois gavé de culture, qui pense que Dieu est un vieux monsieur assis sur un nuage, forcement, avec cette vision puérile et étriquée, il ne peu pas croire, encore moins savoir.

Quand a Jésus... Les pères de l'église judéo-Chrétienne ont fixés Dieu dans l'histoire, il n'est maintenant rien de plus qu'un musée pour une dévotion de l'espérance.

c'est tout de même toujours mieux que l'ignorance totale...

artistes a contre courant...

agartha-music.com

Ecrit par : AGARTHA | mercredi, 14 octobre 2009

Onfray est plus "malin" que ça ! Il ne serait pas loin, avec son hédonisme "solaire" de rejoindre certains adeptes d'une métaphysique désincarnée et désireuse de l'âge d'or ... Quant aux saints Pères (ils ne le sont pas d'une Eglise judéo-chrétienne d'ailleurs) ils n'ont rien fixé ... Le Christ s'est incarné dans l'histoire, inutile de construire une thèse par la suite pour l'y river ! La spéculation, l'abstraction sont étrangère à la doctrine des Pères qui se fonde sur une expérience vécue dans le corps et dans l'âme. "Si tu as la prière pure alors tu es un théologien", rien à voir avec la culture ou les diplômes ou l'attribution d'un titre honorifique ronflant ... De la sueur et des larmes, de la peau, de la chair en tension, tendues avec l'âme tout entière vers l'incompréhensible qui désire être connu, mieux être participé ! "L'éros est une agapè intense" Grégoire de Nysse

Ecrit par : Kesteur | mercredi, 14 octobre 2009

Une "dispute" est toujours intéressante quand deux hommes intelligents y participent.

J'ai abandonné les religions sémitiques de mon plein grès, naturellement, après y avoir été placé d'office par le lignage familial. Que dire, je n'y est rien trouvé de véritable. Seulement:
Sentimentalité, émotions, désir, naïveté humaine, l'espérance, et le pire: une coupure totale avec les fondements même du système cosmique et sa respiration magnifique.
Aujourd'hui ma foi n'en est plus une, car je sais, je regarde l'automne descendre sur le monde et je comprend enfin que tout est cycle, tout meurt et renait sans fin.
Je n'ai donc plus besoin de questions, et je sais que les anciens Dieux reviendrons, car il ne sont jamais vraiment parti. Les hommes de ce temps, avilis, malhonnêtes et faibles on simplement oublier la façon dont on leur rends hommage.
Et même si une partie de leurs splendides secrets on été volés et utilisés a des fin de pouvoir sur le monde sensible, "ils reviendrons ces Dieux que tu pleure toujours..."

Ecrit par : AGARTHA | samedi, 17 octobre 2009

Les cycles c'est le cosmos, le monde, le corps-monde, le lieu de la mort... le corps de mort. ce qui meurt renaît, certes, mais uniquement pour mourrir à nouveau ... C'est le même principe que le lignage dont vous parlez ... perpétuation biologique et primale que vous pouvez vouloir sacraliser à tout vent mais qui reste et demeure ce que c'est ... C'est beau, certes, mais cela n'a rien à voir avec le domaine spirituel, ou disons que, précisément en le sacralisant par la pensée, par l'adoration "humaine" vous ne faites que le déshumaniser en le projetant sur des "dieux" qui "s'effacent" ou s'éloignent ! C'est exaltant, ça peu sembler même "original", c'est effectivement de la religion, c'est bien le problème, peut-être une plus belle que celle proposée par Onfray, quoique ...

Ecrit par : kalon | dimanche, 18 octobre 2009

"L'athéisme complet est plus respectable que l'indifférence des gens du monde ... L'athée parfait occupe l'avant-dernier échelon qui précède la foi parfaite (fera-t-il ou non ce dernier pas, ceci est une autre question); l'indifférent, au contraire, n'a aucune foi mais uniquement une mauvaise crainte, par moments et s'il est un homme sensible." Dostoïevski, "Les Démons".

Ecrit par : Thierry | lundi, 19 octobre 2009

Penser que la nature, et même disons: la matière, ne sont pas spirituelles et bien l'erreur commune des interprétations monothéistes révélées, c'est ainsi qu'ils détruisent le monde, en séparant le principe de sa manifestation. "Sacraliser a tout vent", l'image est juste, le souffle est propagé par l'esprit a travers les sens, en reconnaissant la nature sacrée de toutes chose, de tous les êtres. Ce qui est original c'est croire que nos fautes peuvent être "pardonnées" par un Dieu qui ne répond jamais quand on lui parle, être absous de tout en grignotant un bout de pain en quelque sorte, cela n'est pas plus farfelu que reconnaitre la triplicité qui se rencontre souvent dans le symbolisme "axial", pour représenter l'axe même, occupant naturellement le position centrale, et les deux courants cosmiques de droite et de gauche qui l'accompagne, triplicité dont certaines figurations de "l'arbre du monde" sont un exemple.

Le chêne de Saint Louis serait il le symbole très "païen" de ce Roi très Chrétien? Chassez le naturel, il revient au galop...

Ecrit par : AGARTHA | samedi, 24 octobre 2009

"Qui ne répond jamais" ... oui se serait curieux. Original oui ça l'est ... "folie pour les païens". Si la nature est "sacrée" nul besoin de la sacraliser et qui pourrait la "désacraliser" ? La nature est chutée, c-à-d soumise à la mort et à la corruption, donc, en effet, aux cycles ... Pour un chrétien conséquent il n'y a rien de "séparé" si ce n'est l'homme qui à mis une distance, qui a porté préjudice à la Création ... la fin de tout cycle est eschatologique, transfiguration et divinisation. Si ce monde peut-être divinisé c'est qu'il n'y a pas de séparation insurmontable ... ce qu'indique le chêne du roi Louis ...

Ecrit par : Thierry | samedi, 24 octobre 2009

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