mardi, 02 juin 2009
La Spirale intensificatrice de l'ésocriture
Oubliant le chemin parcouru, nous allons droit de l'avant. saint Paul
"Qu'est-ce que l'ésotérisme ? C'est l'étude et l'expérimentation des ténèbres intérieures." Raymond Abellio
Un ami, franchissant la passe du port de l'amitié m'a, énergiquement, recommandé, en guise d'à-Dieu, de dépasser le terme de « contrelittérature ». Recommandation prophétique puisqu'elle émane de celui-là même à qui cette idée verbalisée fut prophétiquement révélée. Ainsi donc, appel entendu, capitaine qui naviguez vers d'autres eaux, vers d'autres attaches; appel d'autant plus entendu qu'en me révélant ce que vous aviez intimement perçu et verbifié, c'est-à-dire si impeccablement personnalisé, vous m'aviez ouvert à cette même potentialité.
Oui ! En « inventant », au sens où l'on dit d'un découvreur de trésor qu'il en est l'inventeur, en inventant, donc, ce mot et en m'offrant de m'y inscrire, Alain Santacreu m'a aussi offert la clef d'un autre trésor insoupçonné.
Comme tant d'inventeurs, J. de Flore eut tort. Non pas dans son intuition géniale d'un triple âge spirituel trinitaire mais dans sa volonté (trop humaine ? ) de systématiser cette intuition. L'intuition intellectuelle est une énergie interne, une énergie « internelle ». Alchimiquement, au contact de l'extériorité mondaine, elle se coagule, se solidifie. En quelque sorte la littérature est la coque dure, matérielle, solidifiée de l'écriture qui est essentiellement spirituelle et intérieure; la Contrelittérature est une station sur le chemin de retour vers l'intériorité illuminée mais, elle-même se pose face à la littérature. La « définition » de son essence fut une paraphrase de la célèbre sentence maistrienne : « la Contrelittérature n'est pas une littérature contraire mais le contraire de la littérature. » Il faut encore aller de l'avant et trouver cet autre mot de Maistre : « la contre-révolution sera angélique ou elle ne sera pas », afin de ne plus situer la contrelittérature face à la littérature car :
« Il y a une négation et un contraire. La négation doit être détruite pour racheter les contraires. » William Blake
La contrelittérature est le point de basculemement, de renversement dans la voie vers l'intériorité, l'authentique Talvera; mais, après ce retournement, cette métanoia, il reste un long chemin à parcourir, long, solitaire, infiniment personnel, révélateur de la personne et absolument invisible.
La littérature est l'écorce externe, dure, hautaine, rongée des influences de ce monde. La contrelittérature est la face interne de l'écorce, belle, harmonieuse, toutefois le coeur, le noyau est encore loin; il faut alors suivre le chemin concentrique de l'écriture interne jusqu'au centre inamovible, jusqu'à ce centre qui, une fois atteint nous laisse voir que l'étendue parcourue ne lui est pas essentiellement extérieure mais, sans pourtant se confondre avec lui, est lui.
« L'esprit éternel de l'homme revendique pour lui [...] le point central absolu, non du système planétaire clos, mais de tout l'être, de tous les plans de l'être, de tous les mondes. » (N. Berdiaev, Le sens de la création)
Pour paraphraser, à notre tour, nous paraphraserons Berdiaev et nous dirons que l'écriture « doit être résolument énergétique et non téléologique. » L'écriture est un processus énergétique interne; elle doit s'élancer, à partir du « point central absolu » à l'assaut du monde (l'une des phases étant de dissoudre le monde en soi afin de l'entrainer à sa suite dans le périple évoqué ci-dessous.
Littérature et contrelittérature demeurent téléologiques or, il n'y a pas de fin supérieure, pas de but ultime, pas d'horizon bienheureux et indépassable, il y a, seul, l'eschaton. Eschaton qui est le point de perpétuelle fusion sans confusion de la source et de la « fin » !
Du point de vue chrétien, non pas théologique, mais vital, « panzoiste », le « but » est l'acquisition de l'Esprit Saint mais, en réalité, actualisation de l'eschaton, ce but n'en est pas un puisqu'il est en vérité le commencement de ce périple magnifique qui va de commencements en commencements par des commencements sans fin !
Il s'agit donc, non pas, de trouver mais d'activer, d'acter, cette énergie interne et éternelle, cette énergie internelle de l'écriture, cette inscripture, cette « ésocriture » ....
Merci capitaine d'avoir tranché nos amarres ! Merci et à-Dieu !
19:35 Ecrit par Thierry dans Inscriptures, Littérature, Spiritualité chrétienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : christianisme, théosophie, littérature, alain santacreu, contrelittérature |



































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Commentaires
Non, cher Thierry Jolif, vous êtes en pleine confusion, cette "autre" phrase de Joseph de Maistre que vous citez, « la contre-révolution sera angélique ou elle ne sera pas » , est l'expression de l'ombre portée dans la pensée lumineuse du grand savoisien par le gnosticisme de Louis-Claude de Saint-Martin. Seule l'inversion luciférienne peut soutenir que l'homme a été créé par Dieu pour devenir un ange ! La contre-révolution sera l'avènement de l'homme nouveau. La contrelittérature repose sur la gnose de l'incarnation de Dieu fait homme, vous semblez ignorer cette chose essentielle : « l'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. »
Ecrit par : Ieshoua | lundi, 15 juin 2009
Cher anonyme qui ne craignez pas d'emprunter le nom sublime,
Pour ma part je lis ce qui est écrit. Ce que Maistre a écrit est écrit... mais il semble que vous qui sachiez mieux que celui qui écrit ce qu'il aurait fallut qu'il écrive vous devez être mieux au fait que ma pauvre personne de ce qui est luciférien ... donc vous devez savoir mieux que moi où j'ai bien pu écrire ce que vous mettez sous ma plume ... ou bien alors il s'avère donc vrai que chacun lit ce qu'il veut, ou peut ...
Ecrit par : Thierry | lundi, 15 juin 2009
Cher Thierry Jolif, le "nom sublime" dont vous parlez ," est Ieshouah (et non Ieshoua). Le redoublement de la spiration du Saint Esprit souffle où il veut et donne du zèle au lecteur élu.
Ecrit par : Ieshoua | mardi, 16 juin 2009
A vous donc qui, quoi qu'il en soit, de vos prétentions "à la lettre" (ce qui semble bien contraire à la contrelittérature ...) : "Quel est donc le nom du Dieu des chrétiens ? Ce n'est ni Dieu, ni Jésus (ou, comme le disent ceux qui envient la précision sémitique, Yeschoua ha-Massiah, Jésus l'Oint). Le Nom auquel ils se baptisent, conformément aux paroles du Maître (Matthieu 28, 19) est PERE, FILS ET SAINT ESPRIT." Nikos Vardhikas, "Le Nom de Dieu chez les chrétiens"
Pour le reste vous semblez, excusez-moi, mieux aptes à défendre une lettre que votre position en ne répondant pas à l'essentiel de mes questions en retour ...
Vous voudrez bien m'en excuser mais en ce qui me concerne cette discussion inutile et non avenue est close, je réserve mes lignes pour d'autres formes de réponses non uniquement réservées à de vertueux "anonymes", surtout si je dois suspecter que j'écorche un nom qui n'est pas le leur ... cela me semble révélateur ...
Une seule piste, charitablement, jetez un oeil, et pas uniquement à la "lettre" au livre de Denys "La Hiérarchie céleste" ...
Merci !
Ecrit par : Thierry | mardi, 16 juin 2009
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