jeudi, 15 octobre 2009
Néantisation des rebelles
« Dans la société communiste on s'efforce à une objectivité de plus en plus poussé. C'est même la meilleures définition qu'on puisse donner de cette société ... Dans la société communiste idéale, il n'y a plus, à la limite que des policiers et des machines électroniques... Tout le monde est policier. »
Raymond ABELLIO, La Fosse de Babel
« La violence, c'est-à-dire le pouvoir de l'Etat est également une force économique. »
Marx/Engels, Correspondance
« Les intellectuels travaillant dans la clandestinité étaient particulièrement exaspérés par le climat déraisonnable qu'on respirait dans la résistance. L'hystérie n'était pas loin. Conspirer devenait une fin en soi; mourir et exposer les autres à mourir, presque un sport. »
Milosz, La Pensée captive
Résistantialisme
Dans notre époque où tout réussit si bien et pour laquelle le recours à la violence est, officiellement, une violence à ses principes même, il n'est guère surprenant, en définitive, de voir les opposants à l'état dominant fort surpris de la réponse apportée à leur « lutte ».
Par exemple, les membres supposés de Tiqqun ou du Comité Invisible, eux qui ont théorisé l'idée de guerre « civile », qui ont déclaré prendre part à cette guerre, semblent manifester, lorsque l'Etat réagit avec la violence qu'ils lui prêtent, le même étonnement et la même indignation morale, que n'importe quel démocrate droit-de-l'hommesque ...
N'est-ce pas la part des insurgés, des révoltés, que de subir cette violence ? Pourquoi la dénoncer sur ce mode de la surprise et de l'indignation ? Ou même sur le mode sarcastique ? Parce que les désignés-coupables sont en effet innocents ? Ne savons-nous pas que ceci n'a aucune espèce d'importance ? La violence, comme « état d'exception » est communicationnelle, la réponse à celle-ci le fut également ... Si le « combattant » désire l'anonymat, l'état dominant, ne veut que « nommer », dénommer et dénombrer ses « ennemis ». En répondant par la voie communicationnelle, par les moyens mis à sa disposition, quand bien même il s'agit de dénoncer ceux-ci, l'adversaire tient le rôle peu enviable de la « lumière » qui luisait dans les ténèbres et que les ténèbres ont circonscrites ... La réponse circonscrite justifie à posteriori l'exceptionnalité de la violence mais n'échappe en rien à cette violence exceptionnelle.
Mais, notre exemple n'est qu'un exemple ... il s'agit d'une tendance générale que j'ai ressenti à bien d'autres occasions. ON se targue de lutter, de combattre; et puis lorsqu'une réaction arrive ON se lamente et ON dénonce l'injustice de cette réaction. Mais, si cette réaction correspond bien à la réalité que l'ON dénonce pourquoi donc dénoncer aussi la démonstration de sa véridicité ? Il ne saurait y avoir d'injustice, de « sentiment d'injustice » que pour ceux qui n'ont pas une claire conscience de ce qui est en jeu ... Pour le reste il s'agit de constater qu'en effet, la machine dont le fonctionnement secret à été mis en lumière, s'exécute « proprement ».
Ce qu'ON nomme « le système » (car il veut être nommer) n'a-t-il pas en ce domaine remporté encore l'une de ses victoires néantisantes ? La « domination » veut être dénommée car elle n'a pas de Nom, elle veut être nommée pour assurer sa rationalisation car son essence, son noeud vital est « vide » et non-rationnel. A la rigueur, il conviendrait même d'affirmer que la dominion désir être combattue; elle ne peut pas ne pas vouloir ardemment la nomination, la rationalisation, l'opposition et la division. Elle peut même fourbir les armes et les contres-attaques !
CYBER-WAR STRATEGIES
C'est un peu ce dont il est question dans l'excellent document réalisé par le Comité Invisible sous le titre « Ingénierie sociale et mondialisation » : disciplines gestionnaires, marketing, management, robotique, cognitivisme, psychologie sociale et comportementale, programmation neurolinguistique, social learning, formatage social, espionnage, recherche de toutes informations, évaluation, reconfiguration d'un donné humain, stratégie du choc (amnésie par trauma), études, analyses et définitions des structures générales et constantes, constitution et implantations de structures nouvelles ...
Tout, ou a peu près tout, ce qui figure dans ce document semble largement plausible et même relativement évident.
Le document, diffusé stratégiquement sur la « toile », n'échappe pas à ce nouveau « théâtre des opérations » : « La blogosphère et les nouveaux médias sont une autre zone de guerre. » A. Leibovich
Toutefois il aurait pu analyser également l'essence ubiquitaire de l'informatique et mettre le doigt là-dessus que l'internet est une invitation constante à faire usage de sa liberté. Liberté que les gouvernements démocratiques nous engagent à « utiliser », qu'ils favorisent en travaillant à une amélioration à l'accessibilité aux réseaux hauts-débits et wifi ... pour plus de liberté et d'égalité et d'éducation (cela va sans dire), mais dont ils savent et veulent réprimer les aspects les plus « sauvages » ou disons, pour parler leur langage, qu'ils souhaitent lui offrir un encadrement législatif pacifiant ... (Disons aussi que l'ON offre un espace franc de liberté qui sert, de lui-même, à démontrer le bien fondé du contrôle lorsque l'expression de la liberté montre un visage peu conforme à la bienséance du moment ...).
Le web de nos gouvernants invite donc chaque citoyen , dès le plus jeune âge, à se connecter, à s'exprimer en « toute liberté » ... Double fonction :
abêtir et amener à l'oubli ceux qui n'ont déjà qu'un faible potentiel de « révolte » (qui n'ont pas grand chose à exprimer en terme de liberté)
amener les « autres », par le double langage et de quelques bords qu'ils soient à se dénoncer eux-mêmes en usant de leur « liberté »
C'est l'une des grandes forces de « ce monde » que de laisser suffisamment de liberté, de l'offrir ... Vous êtes libres, objectivement, idéalement de ne plus rien avoir avec lui, de déconsommer, de décroisser, de désirer, voire de réaliser une forme ou une autre d'autarcie communautaire et ce, dans le silence ou bien en contestant. Cette liberté qui, en définitive, ne dépend guère que de vos moyens, devient l'argument choc, la massue idéologique ... et elle se retourne d'un coup, d'un seul, contre vous, contre elle-même ...
Plus besoin de délateurs zélés, nous sommes dans l'ère de l'auto-délation, de l'egoscope auto-dénonciateur. L'une des tâches du résistant fut de ne pas être dénoncé, dans l'actuel ajourd'emain résister c'est se dénoncer. Avec pour corolaire la fausse idée très habillement répandue : « si vous êtes surveillés c'est que vous êtes dangereux » ... Les limites de la résistance étant fixées par « l'ennemi », ses règles aussi, il devient évident que la surveillance, ou la simple idée de la surveillance (génératrice d'auto-suffisance) et l'idée suscitée de la dangerosité peuvent s'avérer des moyens bien plus efficace que le contrôle musclé.
Ceci conduit presque à ce que j'appellerais le Tyler Durden's complex ... la dominion générant elle-même ses adorateurs et ses dénonciateurs, générant une immense société purement schizophrènique !
Ne faut-il pas l'être, même un tout petit peu, pour dénoncer la soit-disant volonté de la dominion de faire du monde un monde-un qui ne serait qu'un gigantesque disneyland ( image parfaite, si caricaturalement parfaite d'un Nouvel Ordre mondial qu'elle en devient ineffective) ... ? C'est, en tout cas, perpétuer la dramatique erreur (fort utile) d'identifier la dominion ou sa volonté, son hegemon, avec une « nation » particulière. C'est aussi ne pas voir, malgré une bonne volonté évidente, que par-delà les différents masques idéologiques c'est la même « quête luciférienne du bonheur sur terre » qu'ont en vue, précisément, toutes les idéologies et toutes les métaphysiques qui, le cas échéant, fondent les présupposés des premières ... (fussent-elles, prétendument, « traditionnelles » ou « modernes » ou « post-modernes »).
Par exemple : pour s'imaginer qu'il aura fallu attendre les années 2000 pour que soit mis à mal le programme du Conseil National de la Résistance ? Pour analyser finement la théorie et les principes de cette déconstruction et ne pas oser dire que Mai 68 a obéit à cette même théorie, que l'offensive libérale-égalitaire sur les moeurs et le savoir a préparé la stratégie économico-libérale de dissolution ... ? Ce qui apporte aussi une réponse à cette question « Comment réussir à ce que la transgression de l'intégrité mentale des masses populaires reste inaperçue ? », comme en 68 en mettant en avant la transgression comme valeur !
Communisme/communauté/communautarisme – communion !
Autre phénomène de néantisation : le second tome de la revue TIQQUN est aujourd'hui publié sous forme de livre avec pour titre Tout a échoué, Vive le communisme !. Comme si le communisme n'avait pas échoué ! Pour de telles intelligences analytiques quelle faillite ! ... et, par pitié, que l'on garde pour soi les sentencieuses répliques sur l'intrinsèque « bonté » de l'idéologie, sur l'inaltérable « humanité » du projet, sur la « trahison » ... tout cela est aussi infect et infectieux que n'importe quel révisionnisme historique, même blocage psychologique et émotionnel, même moralisation mauvaise. On peut bien nous dire « que nos pires ennemis l'ont usé, et qu'ils continuent. » (Comité Invisible, Mise au point, janvier 2009), le nom prépare un projeti.
Le projet, malheureusement, semble trop évident. La « communauté qui vient » remplacera-t-elle les communautés qui se sont ou ont été créés ? Ne sera-t-elle pas une de plus parmi les autres ? Si non, comment imposera-t-elle sa préférence communautaire ? Ses choix, ses visées, sa VIE ? La limite est toujours celle d'un « système humain » voulant remplacer un autre « système humain », une organisation veut en supplanter une autre. Toujours, reparaît le spectre, assez hideux derrière son masque de béatitude, de l'Age d'Or ! Et surtout cette idée inquiétante que ce dernier pourrait se voir décréter par la Loi ou créé par une commune volonté ...
Ce qui, toujours, a fait défaut à cette idée du « communisme primitif » vers lequel tendrait toute révolution (au sens étymologique d'un « retour », moins « vers », que « de » quelque chose), ce qui lui a constamment manqué (aporie ontologique) c'est l'idée et la réalité de la « communion ». C'est également ce qui est, actuellement, le néant performatif des « communautaires » nouveaux !
« Il y a une interrelation constante entre l'Eglise et le monde, le monde étant création de Dieu et ne cessant jamais de lui appartenir, et l'Eglise étant la communauté qui, par le moyen de la venue de l'Esprit Saint, transcende en elle-même le monde et l'offre à Dieu dans l'Eucharistie. » (Jean Zizioulas)
Hakim Bey dans Zone d'Autonomie Temporaire, serait plus proche d'une certaine vérité, opposant la « famille nucléaire » non à la « communauté » mais à la bande : « La bande est ouverte - certes pas à tous mais, par affinités électives, aux initiés liés pas le pacte d'amour.» Structure qui peut se retrouver dans les sociétés dites « tribales » autant que dans les « sociétés secrètes », congrégations ou autres « confréries ». Toutefois, ici encore, et le gnosticisme volontariste de Bey, ni change rien, il s'agit d'un contrat humain et profane qui n'échappera pas à une forme d'égoïsme ou, à tout le moins, d'égocentrismeii.
« l'Église est plus qu'une institution apparue à un moment donné de l'histoire. Elle est plus qu'une assemblée d'hommes, fondée sur une véritable communauté spirituelle de doctrine et de discipline. [...] son existence en Dieu précède ou plus exactement conditionne son existence historique. Elle est en fait la Déi-Humanité in actu. Selon l'expression du Pasteur d'Hermas, Dieu a créé le monde pour l'Église. » (Père Serge Boulgakov)
Selon le Père Romanides seuls les glorifiés revenus à l'état normal, « naturel », peuvent être « utiles » à la société, en tant que médecins, étant eux mêmes sauvés de l'état de maladie. L'Occident, dans son ensemble, a dévié l'Église et bloqué le processus de la cure par sa confusion entre les spéculations métaphysiques rationnelles et la théologie authentique qui est en vue de la guérison. L'erreur et la déviation se poursuivent. L'idée de la communauté qui « libère » des « maux », qu'elle soit d'orientation sociale ou ethnique ou même « religieuse », ne mène à rien, nul part, sinon à la perpétuation, par des voies diverses, en apparence contradictoires, de la « quête » au bonheur béatifique (et en fait, ontologiquement égoïste, derrière ces voiles humanistes) sur cette terre.
Est-ce assez pour éclairer la « néantisation » ? Je ne sais ? Mais, pour éclairer un peu mieux je voudrais encore écrire quelques mots sur LE mot : « social ».
Hypnose du social
Paix sociale, guerre sociale, luttes sociales ... le social minimise le poids des mots et creuse encore cet écart de néant. Que mesure-t-il donc ? Le social : le mot-alibi qui sert d'une « catégorie » à l'autre, qu'on se tend, qu'on se passe, qu'on s'agite sous le nez avec véhémence ou cordialité, du plus grand jusqu'au plus petit ... Une vraie « boite noire » !
L'hypnose sacrée qui vaut pour toutes sortes de mots du côté dextre, est absolument la même avec celui-ci côté sénestre ! Et, j'oubliais, la « justice sociale » ... Mais quel lien avec la justice, ce que ON, le grand ON touglobal, appelle « justice sociale » n'est que le camouflage d'une pensée bourgeoise du monde. Une répartition différente des richesses ... ? cela n'a rien à voir avec la justice, cela s'appelle de la corruption ! La démonie de l'économie engendre la démonie du social. Cette aveugle passion du « social » n'est pas un anti-économisme, ses titres de « noblesse » le disent assez : anti-capitalisme, anti-libéralisme; pas plus, d'ailleurs que le contraire de l'économisme, mais un « économisme contraire » ! Les uns face aux autres s'agitent sous le nez des économismes à rebours ...
Pourtant, dans le document en question apparaît clairement une très claire analyse de certaines tendances « contemporaines » : le regressus ad paganus !
REGRESSUS et MAMA GAÏA
« l'ingénierie du Nouvel Ordre Mondialiii, comme effacement des frontières sous une tutelle unique, s'identifie à un processus de régression pré-Oedipienne et d'infantilisation délibérée des populations. Du point de vue de la psychogénèse, le giron maternel est éprouvé par l'enfant comme une continuité de son vécu intra-utérin, c'est-à-dire comme ce monde unique et englobant [...]; et l'enfance est cet âge de la vie sans politique, marqué par l'adhésion spontanée aux valeurs dominantes du corps social ... »
« La culture de l'involution vers des stades archaïques du psychisme, avec en perspective le retour à un stade foetal, se présente ainsi comme le fil conducteur de l'ingénierie psycho-politique mondialisée. » (Comité Invisible, op.cit)
Ce que nous propose donc la dominion c'est cette régression infantile servit et asservit, toutefois, par une technique et une technologie qui ne sont plus envisagées sur le mode conquérant et progressiste mais sur celui de la possession égotique sécurisante.
« Je tiens, tu tiens, nous tenons notre Moi comme un guichet fastidieux. » (L'Insurrection qui vient)
Dans de riches développements le document du CI évoque comme symptôme (ou comme résultat) de cette volonté, la « tendance » du cocooning comme recherche, en dehors ici de toute communauté, d'une sécurité pacifiante, ludique, bienheureuse. Tendance confortée aujourd'hui par la « mode » de la décoration, du cooking et plus encore par celle du « maternage ». Avec cette dernière mode, ce ne sont plus seulement les adultes que l'on tend à faire régresser, ce sont les touts jeunes enfants qu'on contraint, sous le prétexte de la « vie saine », naturelle, à ne pas se détacher du monde infantile-maternel.
« En cherchant à abolir toutes les frontières, donc toutes les limites, et dans le même geste la notion même d'extériorité, de monde extérieur, objectif, réel, l'ingénierie mondialiste cherche ainsi à construire une forme de société déréalisée s'appuyant sur une culture de l'intériorité, de la fusion charnelle dans un bloc identitaire homogène et du rejet corrélatif de tout ce qui est hétérogène, autre, bref de tout ce qui rappelle le Père, c'est-à-dire l'instance qui fissure l'emprise exclusive et englobante du monde maternel pour introduire au « monde extérieur » et au réel. » (CI)
Le processus complexe et multiformes est ici fort bien résumé. Il faudrait ajouter que cette tendance est, pour employer la langue de la dominion, lourde. Elle se fait jour, en outre, et c'est qui mérite d'être plus particulièrement souligné, dans presque tous les mouvements modernes et en particulier chez ceux là même qui entendent lutter contre la dominion dont ils ont très, très mal envisagé le « visage réel ». Les nouvelles religiosités, en particulier toutes celles qui s'appuient sur le « bien être », le chamanisme, les médecines parallèles, le « yoga », le « zen », le « développement personnel », puis tous les néo-paganismes, les mouvements « d'enracinements », plus ou moins écologistes.
Le « désenchantement » et le « réenchantement » du monde sont les deux mouvements d'un seul processus, vide et vain, mais qui paraît d'autant plus « vivant » et réel qu'il multiplie les divergences, les divisions, les opinions contradictoires ...
Mais, une chose est de percevoir ce mouvement subtil, apparemment désorganisé et contradictoire, une autre de creuser jusqu'à ses authentiques sources.
L'écologisme, aujourd'hui, en lien avec les idées diffuses d'identité, de communautés (même, et surtout, si elles paraissent, pour l'heure conflictuelles) participe de cette « culture de l'involution vers des stades archaïqes », vers ce retour au culte de Mama Gaïa ...
Ekhete kai ton typon tès thlifeos tès erkhomès megalès. (Hermas, Le Pasteur)
Ce « détail » est plus présent et bien mieux analysé dans le texte de L'Insurrection qui vient :
« Il n'y a pas de « catastrophe environnementale ». Il y a cette catastrophe qu'est l'environnement. L'environnement, c'est ce qu'il reste à l'homme quand il a tout perdu.
...
Aucun milieu matériel n'a jamais mérité le nom « d'environnement », à part peut-être maintenant la métropole.
...
L'excitation morbide qui anime désormais journalistes et publicitaires à chaque nouvelle preuve du réchauffement climatique dévoile le sourire d'acier du nouveau capitalisme vert, celui qui s'annonçait depuis les années 1970, que l'on attendait au tournant et qui ne venait pas. Eh bien, le voilà ! L'écologie, c'est lui ! Les solutions alternatives, c'est encore lui ! Le salut de la planète, c'est toujours lui !
...
Tout est permis à un pouvoir qui s'autorise de la Nature, de la santé et du bien-être.
...
Le paradoxe présent de l'écologie, c'est que sous prétexte de sauver la Terre, elle ne sauve que le fondement de ce qui en fait cet astre désolé.»
L'analyse est pertinente et véridique. Toutefois, la problématique reste entière. Car cette même analyse, repose, en dernière instance sur un projet politique bien flou et un présupposé métaphysique, qui, même s'il entend rendre compte de la réalité de la Métaphysique Critique, peu se voir opposé une autre métaphysique aussi pertinente. En outre cette critique, de par son caractère non-déterminé, peut se retrouver placé dans la bouche de n'importe qui. Déjà on voit poindre ce phénomène logique de la dominion, la contestation se voit introduite dans son champs sémantique, dans son espace de communication. Et, dans un premier temps, cette critique radicale ne pourra être mieux servi que par ceux qui réussiront le mieux à la desservir (Francis Lalanne, en ce moment, pour l'exemple -et pour faire sourire). La démocratie et les droa-du-globhomme seront le fondement d'une critique acerbe et médiatique des risques de dérives totalitaires d'un mouvement lui même démocratique et droa-de-l'hommesque ... La boucle est bouclée, le vide est encerclé d'impuissance. Mais, cette éventualité est contenue déjà-toujours dans la première page, oui, dans le titre lui-même de cet exercice :
L'Insurrection qui vient! « Soulèvement, ou sa forme latine insurrectio, sont des mots employés par les historiens pour qualifier des révolutions manquées – des mouvements qui ne suivent pas la courbe prévue [...] : révolution, réaction, trahison, l'état s'érige plus fort, et encore plus répressif ... En ne se conformant pas à la courbe, le sous-lèvement suggère la possibilité d'un mouvement extérieur et au-delà de la spirale hégélienne de ce « progrès » qui n'est
secrètement rien de plus qu'un cercle vicieux. Surgo – soulever, lever. Insurgo – se soulever, se lever. Une opération auto-référentielle. Un bootstrap. Un adieu à cette malheureuse parodie du cercle karmique, à cette futilité historique révolutionnaire. Le slogan « Révolution ! » est passé de tocsin à toxine, il est devenu un piège du destin, pseudo-gnostique et pernicieux, un cauchemar où nous avons beau combattre, nous n'échappons jamais au mauvais Eon, à cet Etat incube qui fait que, Etat après Etat, chaque paradis est encore administré par un nouvel ange de l'Enfer. » (Hakim Bey, Zone autonome temporaire)
L'Insurrection ne vient pas, elle est là-déjà-toujours. A ceux qui pourraient le percevoir elle s'identifie, se confond avec la liberté de l'Esprit, liberté explosive. Le soulèvement est tel une vague. Précisément il s'élève, comme elle, et retombe, comme elle, mais, comme elle sans rien perdre, jamais de ce qu'il est, de ce qui le fait, de cette dynameis pneumatique. Hypnotisé par le politique, le métaphysique, le social, on échoue toutefois à l'identifier. L'Insurrection c'est une érection interne, c'est se mettre debout, en position de pilier, stavros, c'est, dans cette vie, dans ce monde se mettre en position de « relevé », c'est-à-dire de ressuscité ! Talitha koumi !
Celui qui Vient
Comme nous l'indiquons en note, non seulement, toutes les structures révolutionnaires se sont constitués sur le modèle des société « initiatiques » et de leur culture du secret, mais, en outre, depuis la redécouverte des sociétés pré-chrétiennes et, surtout, de leur mise à disposition de la « mode », toutes les communautés qui ont essayé de se constituer sur ce « modèle », ont été, en fait, des ersatz gnosticistes des premières communautés chrétiennes, de l'Église en tant que telle ...
Analysé brièvement dans le document du CI l'ouvrage de Serge Tchakhotine, Le Viol des foules par la propagande politique, pourrait aussi servir de manuel aux leaders de toutes les sectes du monde que les gouvernements occidentaux prétendent combattre avec acharnement. Mais qui sont, pourtant, comme autant de reflets du maître, bons élèves de la dominion dans leurs « domaines » respectifs.
Toutefois, le plus intéressant reste cette liste des « impulsions primaires » dressée par Tchakhotine et qui, selon lui, sont les « mamelles » de la manipulation : l'agressivité, l'intérêt matériel immédiat, l'attirance sexuelle au sens large, la recherche de la sécurité et de la norme. Inversez ces impulsions, vous trouvez ce sur quoi luttent les saints moines depuis quelques siècles. Vous trouvez ce que le Christ, viril et solaire, est venu abolir; ce qu'Il est allé arracher aux entrailles de la terre (situs symbolique des Enfers mais aussi image du monde intra-utérin précisément.)
Ce phénomène polymorphe est donc un regressus ad paganus, mais un paganisme frelaté qui n'a plus l'excuse de l'attente de la révélation, celle de l'état non-rédimé du monde... Contre la course solarienne de l'histoire christifiée (avant que d'être déifiée par la Parousie) c'est un retour au gnosticisme chtonien ! C'est, ainsi que Nicolas Berdiaev le notait, le combat antique que se livrent le principe masculin et le principe féminin pour la prédominance sur l'homme, « ce dernier accepte difficilement la victoire du soleil sur la terre, celle de l'esprit sur la matière, [...] celle de la personne sur le collectif. Il se révolte contre cette domination qu'exerce le Logos sur le sein maternel, auquel il aspire à retourner et à s'unir. C'est en somme une protestation contre le détachement d'avec la terre, d'avec la source originelle de la vie. » (N. Berdiaev)
« Dans le soleil, il a placé sa tente. »
« Il s'élance comme un géant pour parcourir sa route. » Psaume 18, 5-6.
Le remède ne sera pas fait de main d'homme. Toutes les analyses, toutes les solutions actuellement proposées se posent sur le même terrain et peuvent, consciemment ou non être asservies au processus qui, répétons-le, se nourrit de tout ce qui s'engendre sur son terrain. La devise de la dominion est nietzschéenne « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »
iNotons que le vocabulaire, les concepts, les idées autour de l'empire, la métropole ... dirigés vers la domination actuelle sont aussi utilisé par Milosz dans La Pensée captive, à ceci près que l'écrivain les utilise pour désigner le Centre c'est-à-dire Moscou. Notons encore que dans tout l'ouvrage Milosz parle du socialisme du Centre en tant que la Nouvelle Foi... La portée « religieuse » des mouvements révolutionnaires n'avait pas échappé à cet écrivain mesuré et perspicace.
ii Notons que dans le monde Orthodoxe, jusqu'à ce que l'influence occidentale y soit très puissante, les organisations ésotériques, les sociétés secrètes étaient inconnues. Notons encore que la plupart des mouvements révolutionnaires ont reçu, d'un manière ou d'une autre, leurs constitutions et leurs organisations clandestines des sociétés occultes « spiritualistes ».
iiiLe N.O.M soit le NOM ... à lier, avec mesure, à ce que j'évoquais plus haut sur la volonté de « dénomination » ...
21:55 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Littérature, Livre, Philosophie, Politis, Spiritualité chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 21 juillet 2009
LA CARTE DU NON-OU : naviguer dans l'indissidence
CARTE DU NON-OU.pdfCARTE DU NON-OU.
Chose promise chose ...
Va savoir ...
Ici, c'est-à-dire nulle part, voici le numéro infini-unique de l'INDISSIDENCE !
MERCI, à nos collaborateurs volontier volontaires : Olivier Cappaert et Lancelot Vlad, et involontaires les (anciens) jeunes punks devenus moines du Monastère orthodoxe américain de PLATINA ...
23:05 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Inscriptures, Littérature, Livre, Orthodoxie, Philosophie, Poétique, Politis, Spiritualité chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 07 juillet 2009
Imprimés
« On dirait que ce maudit Gutenberg a léché de sa langue de bronze tous les écrivains; « imprimés » ceux-ci sont sans âme, sans visage, sans caractère. » Vassili Rozanov
L'imprimerie c'est l'asservissement à la Technique-Monde. Saint Jean le Théologien écrit (dit) que le monde ne pourrait contenir tous les livres qui contiendraient tous les actes et toutes les paroles de Christ.
La Technique alors veut remplir le monde, se remplir elle-même transformée en monde, de livres, c'est-à-dire en fait, d'objets consommables.
Le manuscrit ne brûle pas, l'auto-dafé consommant ne le concerne pas, il demeure le seul livre non-objectivable. Les livres imprimés ne sont que les ombres de la division négentropique, le manuscrit est corpus-scripti, livre; les livres sont cadavériques.
Le manuscrit est vivant, le « supervivant », repris, retourné, contourné, abandonné, marqué, signé, mouvant. Le livre-objet/sarcophage-de-la-phrase, est arrêt, stagnation, parodie d'état, c'est-à-dire de stabilité, nécrose, fin non eschatologique.
Des esprits chagrins se lamentent sur la « fin » du livre, mais que ne voient-ils pas que le livre est une fin. Les écrits, suspendus dans l'espace virtuel, le « livre » électronique prendrait le relais et cet fait serait désastreux, il y aurait là un fait de décivilisation. Gageons que ce n'est là qu'une réaction induite et, relativement, maîtrisé, dans le processus programmatique du Monde-en-tant-que-Technique. Oui gageons, que c'est une réaction nécessaire dans le bon déroulement des opérations du processus.
Le livre-électronique sera toujours une fin. Toujours un fin refusant l'intrusion de l'eschaton. Plus la virtualité du livre pourra être intégré à la réalité mondaine, plus elle fera du Monde la Technique, et inversement, plus dur sera le combat pour l'eschaton. Plus ardue l'escriture interne authentique, elle tendra a se confondre avec la virtualité du livre, celle-ci pourrait même en faire son ultime et séduisant camouflage.
Les bibliothèques sont des cimetières, des catacombes, les livres-objets s'alignent comme autant de trophées à jamais pétrifiés par la raison. L'ésocriture sera alors un processus d'ignition, de fonte, de fusion ... il s'agit, sans technique, mais avec méthode, d'infondre en soi toute l'essence vivifiante du manuscrit que portent encore, par impression subtile, ces corps morts.
TROPINKA est l'expression extérieure de cet queste alchimique, la voie étroite c'est la voie de la raréfaction, une phase d'expansion suivie d'une phase de rétraction...
Là où le livre-virtuel-électronique va venir achever la phase d'expansion maximale du processus thanatologique du livre-imprimé, nous irons de loin en loin extraire l'unique-infime goutte vivifiante de tous les livres authentiques ...
THANATOS s'est imprimé sur tous les livres.
INVERSION
Nous ajouterons à son frontispice une seule lettre
A
21:51 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Inscriptures, Littérature, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 17 juin 2009
Cheminer en visage
"Le même chemin conduit d'un visage inconnu à un visage plus inconnu encore."
Paul GADENNE, L'Avenue.
20:41 Ecrit par Thierry dans En avant le verbe, aphorismes et citations, Littérature, Livre, Poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 13 mai 2009
Nostalgia
Une superbe image du film NOSTALGIA de Andreï Tarkovski me rappelle et me révèle que "les manuscrits ne brûlent pas", non ! mais les livres : OUI !
22:08 Ecrit par Thierry dans Film, Inscriptures, Littérature, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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vendredi, 10 avril 2009
Le bonheur n'est, peut-être, pas une bonne idée
21:18 Ecrit par Thierry dans Livre, Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 02 avril 2009
"Dieu n'est pas grand" ? C. Hitchens, non plus
Grand retour en force de l'athéisme militant. Après Dawkins et consorts voici venu le livre de Christopher Hitchens. Plein de verve et de haine rebattue, les arguments plast et fallacieux sont toujours les mêmes.
L'Auteur note imédiatemment, soucieux d'affirmer la hauteur de ses vues, qui n'auraient d'égales que sa dynamique liberté de penser :
"Je fais partie de ces gens qui n'ont besoin d'aucune béquille pour vivre."
Propos rapidemment contredit pusique une bonne part des arguments de M. Hitchens ont leur source dans les théories scientifiques les plus en vue et dans celles, non moins unanimement partagées, de la philosophie moderne.
Inutile espérer opposer à ce défoulement psychologique des arguments construits et posés. Par contre, proposer en face de ce déchainement cette réflexion de François Taillandier dans son livre "Ce n'est pas la pire des religions", selon laquelle Christ est celui qui "empêche l'individu de prétendre à une complétude, à une coïncidence avec soi-même, sur le plan intellectuel, moral et spirituel."
Ou encore celle-ci, qui nous est plus proche : "le Christ Jésus est venu pour changer le monde et non pour fonder des rituels et des adorations déjà connus et respectés de l’époque. Il est venu pour changer les esprits et installer Son Père céleste dans les cœurs.", prononcée tout récemment par Msg Georges Khodr, métropolite du Mont-Liban.
15:31 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Livre, Science | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 12 août 2008
Les impasses de Grenelle
Jean-Marc Fédida, avocat, publie, après L'Horreur sécuritaire, Impasses du Grenelle, dans lequel il dénonce l'utilisation idéologique réductrice de la "crise environnementale ...
http://www.bakchich.info/article4121.html
Impasses de Grenelle : dans son livre, Maître Fédida, dénonce le caractère unilatéralement législatif de l'écologie, sa capacité nuisible à réduire de façon autoritaire les « libertés individuelles ». Sans remettre en cause, évidemment, la nécessaire attention à l'impact de l'homme sur la nature, il rappelle, fort à propos, que si l'homme ne peut vivre sans la nature, cette dernière n'est rien sans l'homme. Cette « symbiose » ne saurait admettre que l'homme soit considéré uniquement en tant que « coupable », pas plus qu'elle ne saurait admettre la divinisation de la nature ou sa réification.
Jean-Marc Fédida, on le voit, défend ainsi une vision libérale et humaniste, véritablement démocratique également, dénonçant la « république des experts (verts, bien sûr) » et l'évitement des vrais débats parlementaires. Il montre, assez clairement, que l'écologie ne gagnera rien en imposant une politique législative « de combats » !
Philosophiquement, par contre, on reste sur sa faim ! Et sans doute l'intention de l'Auteur n'allait-elle pas jusque là ! On se réjouira, toutefois, de sa critique, étayée, des « manipulations » médiatiques des débats scientifiques, du caractère partial et partiel des « informations » martelées par les principaux acteurs écologiques. De la vulgarisation à la vulgarité, avouons, que parfois, il n'y a qu'un pas !
Dans l'énorme, et amorphe, consensus qui se forme aujourd'hui autour de ces questions, voilà déjà un ouvrage qui marque un point ! Gageons que les profès de l'écologisme sauront le couvrir de mots choisis, ou même mieux n'en point parler, le silence médiatique étant aujourd'hui l'une des armes intellectuelles les plus meurtrières !
21:14 Ecrit par Thierry dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : ecototalitarisme, écologie, écologisme, fédida |
vendredi, 01 août 2008
Lectures d'été
Mais aussi "La saga des Romanov" par Jean des Cars, histoire de réagir au propos du présidentiable J. Mc Cain ... ? Non même pas !
Ah oui, aussi "L'Empire d'eurasie" d'Hélène Carrère d'Encausse (encore) ... et "Pêcheurs de lune" de Jean Raspail ...
00:25 Ecrit par Thierry dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 05 juillet 2007
Boris Mouravieff et GNÔSIS
" Le roman, par lequel la société chrétienne vivait le principe du choix réciproque, atteignit son apogée au Moyen Age. Malgré le déclin qu’il a connu depuis lors, malgré la tendance actuelle au retour a des formes régressives des rapports entre les sexes, il demeure l’idéal avoué de notre société. Aussi, n’est-il pas exact de parler de la mort du roman. Car une révolution se prépare dans le silence pour substituer au roman libre, marque de l’ère chrétienne, le roman unique, apanage de l’ère du saint Esprit. Libéré de la servitude de la procréation, ce roman de demain est appelé à cimenter l’union indissoluble de deux êtres strictement polaires, union qui assurera leur intégration au sein de l’Absolu. Car, dit l’Apôtre saint Paul : dans le Seigneur, la femme n’est point sans l’homme, ni l’homme sans la femme.
La vision d’un tel roman hante les meilleurs esprits depuis des millénaires. On la retrouve dans l’amour platonique, base du roman unique, dans les mythes de l’Androgyne, d’Orphée et d’Eurydice, de Pygmalion et Galatée … C’est l’aspiration du cœur humain qui, dans le secret, pleure sa profonde solitude. Ce roman constitue le but essentiel du travail ésotérique. Il s’agit là de l’amour qui unira l’homme a cet être unique pour lui, la Femme-sœur, gloir de l’homme, comme lui-même sera gloire de Dieu. Entrés dans la lumière du Thabor, tous deux ne faisant plus qu’un verront alors jaillir l’Amour vrai, transfigurateur, vainqueur de la mort.
L’Amour est l’Alpha et l’Omega de la vie. Le reste n’a qu’une signification secondaire… "
Extrait de l'Introduction à GNÔSIS, Etude et comentaires sur la Tradition ésotérique de l'Orthodoxie Orientale.
22:20 Ecrit par Thierry dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Esotérisme, spiritualité, Christianisme, Orthodoxie |



































