vendredi, 27 novembre 2009

Regarde un mot

 

"Plus on regarde un mot de près, plus il répond de loin."

Karl KRAUS

lundi, 16 novembre 2009

Contre Agamben ... tout contre ! (1)

« Puissè-je ne pas me glorifier, sinon dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! »

(Epître aux Galates, 6, 14)


« Lutter contre la biopolitique en pratiquant le retrait du corps biologique (pâle et myope copie de l'ascèse monastique), en défendant sa privatisation, ne permet pas de rompre avec le schéma anthropologique qui fonde ce pouvoir.

La biopolitique envisage le monde sur un mode dualiste, marqué par l'opposition entre le corps et l'âme. Elle est, en cela, héritière du théologico-politique des chrétientés occidentales ... »

Henry BEQUE, Biopolitique ou zoopolitique in Revue Nunc, n° 5



Cet héritage, c'est ce que Giorgio Agamben démontre et démonte de façon intelligente et, je dirais ingénieuse, dans son ouvrage Le Règne et la gloire. Mais, en effet, bien que le philosophe aille plus loin que dans ses ouvrages précédents, auxquels se réfère l'excellent article d'Henry Beque,le schéma anthropologique sur lequel il fonde sa recherche n'est pas modifié. En outre, cette nouvelle avancée dans le travail pertinent de G. Agamben confirme que sa lecture des sources auxquelles il s'abreuve est tout entière marquée par le criterium occidental. L'auteur ne s'en cache pas, bien évidemment. Mais, le « souci » vient de ce qu'il affirme UNE seule théologie, UNE seule approche, UNE seule, unique et possible dérivation. Il applique au christianisme tout entier les critères de théologies catholiques et protestantes.

Nous ne nierons pas la thèse de ce livre, à savoir la dérivation du pouvoir « démocratique » moderne depuis les conceptions théologiques, qui se révèlent, au demeurant, être beaucoup plus théologico-politiques, de l'Église dans son rapport à l'autorité et au gouvernement, pas plus que nous ne nierons l'analyse éclairante, dans le cadre de « l'Empire », de la « gloire » et de ses insignes.

Nous soulignerons seulement que, comme toujours, en pareil cas, l'auteur avance naturellement en philosophe et en historien des idées mais que, contrairement à ce qu'il semble penser, son travail est lui aussi tributaire de contres-vérités et de manipulations qui concernent, en outre, très précisément le sujet qu'il évoque ...



Bien sur l'étude de Giorgio Agamben est, pour son auteur, « théologico-politique », toutefois, elle apparaît à sa lecture bien plus philosophico-politique. Il y a déjà là, toute la distance qui sépare l'Orthodoxie chrétienne de la vision théologique propre à l'Occident. C'est, tributaire de cette vision que l'auteur s'engage dans son étude. Je le répète, dans l'ensemble ces conclusions ne peuvent apparaître que justifiées, bien que discutables sur certains détails, évidemment. Mais l'auteur semble ignorer et rejeter l'idée pourtant aisément vérifiable qu'il existe une autre théologie, une autre approche et il lit ainsi les Pères et la pensée théologico-politique de l'Empire Byzantin (sic) à la lumière de la pensée même qu'il déconstruit. Pensée qui, précisément, a souhaité et fabriqué ce présupposé.

En outre, comme si souvent en pareil cas, se pose le problème du regard de l'auteur, de son orientation générale... La « science des religions » est-il vraiment le seul domaine concerné par cette posture qui fait qu'un chercheur doive être nécessairement détaché de son objet d'étude ? Imagine-t-on décemment un chercheur en physique étudier la fission et ses diverses implications et déclarer que : « bien sûr l'atome n'existe pas, c'est un mythe, un dérivatif imaginé par les peuples et leurs chefs; d'ailleurs si l'atome existe il faudrait encore qu'il donne de lui-même des preuves de son existence ! » ?

Dema5516.jpgnderais-je, à tous ceux qui s'approche de sujet tel que la théologie de ne le faire qu'en ayant la foi ? De quel droit ? Et, de plus, combien de ceux qui, justement, abordèrent cette matière avec la foi sont-ils responsables de cet arraisonnement de la théologie par le pouvoir et la technique ? Je ne demanderais donc rien, mais je me souviens, pour ma part, des mises en garde de saint Syméon le Nouveau Théologien réaffirmant toute la tradition patristique ...

Et voici donc, la première pierre d'achoppement ...

En effet, tout au long de ce livre, l'auteur nous présente les théories, les constructions doctrinales qui, selon lui, sont à l'origine de la lente mais ferme dérivation vers le pouvoir des données de la théologie, comme provenant d'un ensemble homogène, intégralement accepté par l'Église, qu'on appelle : les Pères de l'Église ... 666px-10.jpgOr, aucun, de Tertullien, Augustin ou Thomas d'Aquin n'est reconnu comme tel par l'Église indivise. En outre, les très rares citations des Cappadociens , de saint Jean Chrysostome sont, de toute évidence, hors de tout contexte, soigneusement choisies pour illustrer le propos et aller dans le sens de la démonstration. A aucun moment il n'est tenu compte de ce que les saints Pères et toute la tradition de la théologie mystique ont fait de ce legs, de ce qu'ils ont vécus. Dans le texte d'Agamben, il semble que tous ces textes ne soient que des constructions abstraites ayant eu une influence sur le « monde des idées » puis, par décision et stratagème politique, sur le monde tout cours; oeuvres d'écrivains en chambre. L'incroyable corpus des Pères de l'Eglise est bien, en effet, un corps, un corpus; mais un corps nouveau, fruit d'une expérience vécue, transmis « en vue » d'une expérience vécue. Mais, évidemment, l'auteur ignore de quelle vie les « idées » qu'il analyse, vivent au sein de l'Église, plus particulièrement dans la Liturgie, et par quels actions spirituelles elles sont prolongées et, précisément, vivifiéesi.

L'interrogation initiale concernant ce qu'il est advenu du terme et de l'idée oikonomia entre l'époque ancienne et le monde moderne est, certes, excellente et l'ensemble de l'analyse est excellente elle aussi, la démonstration du caractère économique du pouvoir, non seulement aujourd'hui mais depuis l'époque fort éloignée de la philosophie antique et de la patristique naissante est exaltante et a l'immense mérite de mettre en lumière des pans occultés de l'histoire des idées ... Et, précisément, c'est sur le caractère « occulte » qu'achoppe le plan analytique d'Agamben qui ne parvient pas à se défaire de l'idéologie chiastique du modernisme. Il s'agit, obscurément, d'un préjugé. Toutefois, d'un préjugé si répandu, même (et surtout) parmi tous ceux qui voudrait penser au-dessus et au-delà du monde moderne, parmi tous ceux qui osent faire le saut au-dessus de l'abîme « idéologique ». Saut, d'autant plus périlleux, qu'aujourd'hui l'idéologie est imbriquée, infondue dans notre chair « sacro-sainte », dans notre être-corps protégé par la magnifique barrière des droits-de-l'homme ...



OIKONOMIA – KENOSE



L'idée-directrice est entendue depuis l'ouverture de l'ouvrage : l'oikonomia telle que retravaillée par les Pères de l'Église, en particulier dans le dogme trinitaire, est devenue le paradigme du pouvoir en s'infiltrant dans la doctrine du « gouvernement divin du monde » ...

Pour « point de départ », pourrait on dire, à cette idée : l'inversion d'une proposition paulinienne. Ainsi, « l'économie du mystère » devient dans le corpus patristique « le mystère de l'économie ».

L'économie du mystère suggère, très clairement, les raisons pour lesquelles a eu lieu ce mystère, ici il est question, bien évidemment de l'Incarnation du Christ et de l'Histoire sainte. L'origine de l'inversion des termes se logerait dans les polémiques liées à la clarification de la christologie et de la théologie trinitaire. Ce glissement déboucherait ainsi sur une aporie ontologique et constituerait alors le fondement théologique du paradigme du pouvoir en tant que « gouvernement ».

« Ce qui résulte de la relation entre volonté générale et causes occasionnelles, entre Règne et Gouvernement, entre Dieu et Christ est une oikonomia où l'enjeu n'est pas tant de savoir si les hommes sont bons ou méchants que de savoir comment la damnation des plus nombreux se concilie de façon ordonnée avec le salut de quelques uns et comment la méchanceté de certains n'est que l'effet collatéral de la bonté des autres. »

Cette analyse, outre qu'elle oublie, volontairement (ou pas), l'Esprit Saint (le vivificateur, précisément) inséparable du Père et du Fils (« adorons l'Indivisible Trinité car c'est Elle qui nous a sauvé » dit la divine Liturgie selon saint Jean Chrysostome), se fonde uniquement sur la théologie catholique de tradition thomiste.



« parmi les êtres naturels, il arrive toujours, ou dans la plupart des cas, ce qui est mieux; et il ne saurait en être ainsi si les êtres naturels n'étaient pas dirigés vers une bonne fin par la providence. Or, c'est précisément cela gouverner. »

(Thomas d'Aquin, De Gubernatione mundi)



Toute la psychologie thomiste, optimiste et intellectualiste (selon Nicolas Berdiaev) considère l'homme comme un être qui aspire au bonheur, elle tend vers un eudémonisme foncier. Pour Thomas et cette théologie, en contradiction avec les Pères orthodoxes, la Providence agit comme nécessité, comme une (fameuse) « main invisible ». Or saint Jean Damascène le disait « Où il y a nécessité il ne saurait y avoir vertu ». Saint Syméon le Nouveau Théologien réagissait encore en son temps contre ceux qui prétendent que la grâce agirait à notre insu, sans notre concours, de manière absolument extérieure, comme une « nécessité naturelle qui incombe aux choses qui sont déterminées en vue d'un fin » (Thomas d'Aquin, ibid). Pour lui (et pour les Pères avant lui) la grâce est une communion à Dieu, et elle ne peut être agnostos, elle exige la synergie divino-humaine (théantropique).

Agamben regrette quelque part dans le corps de l'ouvrage la position scolastique sur l'au-delà, position dérivant de l'idée de Providence, incluse, de ce fait, dans l'économie et qui manque singulièrement de cet amour qui est le Nom de Dieu. Mais, il ignore par exemple un ouvrage exemplaire sur le sujet, le De la Providence de Dieu, de saint Jean Chrysostome. Pour ce dernier toute l'économie divine est fondée sur le don et le sacrifice gratuit, ses exhortations à l'aumône, base du « sacrement du frère », se fondent elles-mêmes tout entières sur l'imitation de l'économie divine. De même, toute l'économie des saints Pères, telle qu'en elle même, et non revisitée par le catholicisme ou le protestantisme (les seules sources « vivantes » interrogées par Agamben), prend appui sur l'idée de la kénose, ou exinanition, sur cela pas une ligne, or nous verrons plus loin en quoi cette idée est primordiale.



« Tout le mystère de l'économie consiste de l'exinanition et l'abaissement du Fils de Dieu. »

saint Cyrille d'Alexandrie

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« Si on ne comprend pas cette vocation originaire « anarchique » de la christologie il n'est pas possible de comprendre ni le développement historique de la théologie chrétienne, avec sa tendance athéologique latente, ni l'histoire de la philosophie occidentale avec sa césure éthique entre ontologie et praxis. »

Giorgio Agamben, base ici sa démonstration sur un texte de Grégoire de Nazianze et sur le texte du Concile Oecuménique de Nicée selon lequel le Fils « règne absolument, anarchiquement et infiniment avec le Père. » (anarchos kai ateleutètès)

Pour Agamben, qui suit de près Augustin et Thomas d'Aquin; la conception Trinitaire ne se fonde que sur la praxis, l'action, le gouvernement ... or, cette conception, qui mène à l'aberration théologique moderne d'une distinction entre Trinité interne et Trinité externe, ne se conçoit qu'en « mode fillioquiste ».

Ce que Giorgio Agamben veut, à tout crin, faire coïncider avec son intuition est un « lieu commun », que la philosophie européenne est l'héritière de la théologie scolastique et, à travers cette théologie très particulière, celle de la philosophie antique à travers l'oeuvre des Pères de l'Église.



Or, elle n'est l'héritière des Pères qu'en ce sens qu'elle est la trahison spécialement occidentale, elle hérite de la philosophie antique en oblitérant le retournement que ceux-ci, à la lumière de la théologie secrète de Christ (le Seigneur de Gloire), avait opéré.

« Il est évident que la proclamation de la « mort de Dieu » résume le processus historique tant de la théologie naturelle que de l'apophatisme en Occident. Heidegger affirme que, dans la pensée de Nietzsche, la théologie chrétienne s'identifie au platonisme, et en même temps que « le christianisme est pour Nietzsche la manifestation historique, séculière et politique de l'Église, et son exigence de puissance dans le cadre de la formation de l'humanité occidentale. » Le Dieu chrétien s'est identifié autant au monde intelligible de la métaphysique classique, qu'à la forme culturelle d'une utilité sociale. La proclamation de Nietzsche signifie « l'hérésie » fondamentale du christianisme en Occident, la recherche d'une ingérence rationnelle et sociale, le refus du paradoxe, c'est-à-dire du caractère « nouveau » de l'Église. » Christos Yannaras, De l'Absence et de l'inconnaissance de Dieu.

Le processus décrit dans Le Règne et la gloire, est bien intrinsèque à l'Occident, et cette progression est admirablement, et synthétiquement, décrite par Ch. Yannaras :



« Les singularités dogmatiques, historiques et canoniques qui séparent le christianisme occidental du christianisme originel tendent toutes à ce changement fondamental de la conception ecclésiologique, que fut l'exigence d'une autorité temporelle de l'Église, l'Église cédant à la troisième des tentations du Christ, comme l'a noté Dostoïevsky.

La proclamation de la « mort de Dieu » est l'aboutissement historique qui juge en tout l'évolution théologique de l'Occident. En apportant un soutien rationnel aux vérités de la révélation, l'Église d'Occident prépare leur réfutation rationnelle. Le rationalisme, fruit direct de conséquence naturelle du thomisme, est le seuil historique de l'empirisme. Et l'empirisme est la porte ouverte à l'avénement du nihilisme. En même temps, l'antirationalisme, fruit direct et conséquence naturelle de l'apophatisme protestant est le seuil historique de l'axiocratie. Et l'axiocratie est la porte ouverte à l'avènement de l'amoralisme, le « renversement de toutes les valeurs. » (ibid)


Ce qu'Agamben rate totalement, car il est engagé dans l'arraisonnement qu'il ne veut pas même soupçonner, c'est que si le pouvoir contemporain a bel et bien la forme economico-providentielle qui est la sienne, il le doit en effet à cette dérivation très particulière de la théologie « franco-latine »; toutes ses tentatives pour faire remonter cet arraisonnement aux saints Pères sont dépourvues de sens. Pourquoi ? Parce que ses méthodes et ses présupposés sont ceux-là mêmes de l'arraisonnement ...

 

« Ce que chacun doit comprendre c'est que les termes qui appartiennent aux catégories métaphysiques furent et sont utilisés uniquement par les hérétiques comme support de leurs positions. Les Pères furent contraint d'utiliser ces termes et ces catégories contre les hérétiques eux-mêmes, mais sans avoir jamais l'intention d'utiliser ceux-là en tant que parties des définitions de Dieu.» Père Romanidès.

 

En effet, les Pères se sont clairement saisi du terme oikonomia, comme ils l'ont fait pour tant d'autres. Mais il ne s'agit pas, dans ce cas, d'un glissement sémantique ou d'un problème de signature; et la stratégie des saints Pères ne fut jamais de « légitimer » le pouvoir en attirant à lui une vénération divine, « glorieuse » pour reprendre la thèse de l'auteur. S'il s'agissait bel et bien d'une stratégie et d'une co-opération celle-ci visait non la subjugation des masses mais, précisément, la guérison d'une telle subjugation.

[...]

i« sentir Dieu » pour la philosophie c'est un non-sens ou bien une négation de tout logicité, c'est, en fait, une crucifixion qui humilie et exalte l'homme dans une méta-noèse, impensable mais vécue. » Olivier Clément

Contre Agamben, tout contre ... II

Une très, très brève mention, dans le corps de l'ouvrage, accordera une attention fort légère au fait que le terme patristique oikonomia, avait presque disparu des débats théologiques de l'occident et qu'il ne reparaît, happé par une autre idéologie, qui sert pourtant de point de basculement essentiel, que bien des années après son occultation ...

C'est bien ici qu'aurait pu être saisie le détournement opéré. C'est à ce point précis que l'on aurait pu anasaint-jean-climaque-L-1.jpglyser la terrible dérivation théologique transformée en politique. Il faut bien souligner qu'avec un recherche moins orientée Giorgio Agamben aurait pu, lui-même découvrir que les vrais Pères de l'Église définissait la relation interne à la Trinité (qui dans cette étude semble être le point nodal de retournement et de questionnement) non en terme d'oikonomia mais comme OKEIÔSIS, qui exprime, de façon voisine, certes mais avec une nuance d'une extrême importance, la communauté de vie entre personnes vivant dans un même lieu. Terme qui définit également l'intimité du fidèle avec Dieu, donc nullement en terme d'autoritarisme, ou d'économie ...

SABBATISME – KATAPAUSISME


Redécouverte agambienne : le désoeuvrement désigne ce qui est le plus propre à Dieu :

« être désoeuvré -anapauesthai- n'est vraiment propre qu'à Dieu seul » (Philon); « Le sabbat, qui signifie désoeuvrement -anapausis-, est de Dieu. » (Philon)


Dans cette partie de l'ouvrage, l'auteur remarque, avec une pointe d'ironie, que le fait que le Christ place le mot Amen au début de ces dires, pouvait sembler une forme de subversion. Evidemment, il lui est quasi impossible de reconnaître la véracité de ce fait et, sans doute, est-ce la raison pour laquelle il n'est pas fait mention dans cette même partie de cette parole christique : « Le sabbat est pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat ».

Il s'agit bien plus d'une inversion que d'une subversion. Et, en définitive, par rapport à la « nature » chutée, et donc à l'économie « chutée », toute l'oeuvre du Christ est une inversion, une reprise invertrice, une inversion de l'inversion initiale. Le caractère gestionnaire, ordonnateur de l'oikonomia est renversé très concrètement par le Christ, voir les épisodes du jeune homme riche, de la veuve qui donne tout son maigre avoir au temple, des marchands du temple et surtout les paraboles du jeune homme riche, de Zachée et particulièrement celle des ouvriers de la onzième heure. Il en est de même quant à la « nécessité naturelle ». N'est-elle pas bouleversée dans la résurrection de Lazarre et dans celle de la « jeune fille » ?



Selon certaines conceptions après le Jugement les ministères angéliques s'éteignent, pour Thomas d'Aquin les saints 1857-1873-large.jpgne feront que contempler les tourments des damnés et la jouissance de cette vision justifie la justice divine et leurs propres béatitude fondée en elle. Ainsi, seul le gouvernement (la praxis) des démons « exécutant les sentences » demeure éternellement. En effet, le manque d'agapè semble flagrant, ainsi que le remarque Agamben ! Or, pour l'Orthodoxie les glorifiés sont tournés vers Dieu seul, vers la Toute Sainte et Indivisible Trinité, les nuances entre chacun tient compte de la notion centrale d'hypostase, laquelle n'est aucunement annulée après le Jugement puisque la déification est précisément la révélation intégrale, dans la Gloire du Seigneur, de la personne. Il s'agit d'une vision de personne à personne (prosopon pros prosopon) : « la gloire que nous voyons aujourd'hui de façon confuse comme dans un miroir (di' esoptrau en ainigmati) nous la verrons alors face à face (prosopon pros prosopon). » (1 Co. 13, 12)

...

Mais, ainsi que le laisse suggérer ce que nous avons noté plus haut, Agamben n'a aucune conscience de ce « statut » de glorifiés, confondant sans cesse ce qui ressort de la louange et ce qui est, dans la langue particulière et rénovée des Pères, la glorification, proprement la participation unitive à la Gloire de Dieu que l'Occident, en effet, ayant oublié l'opérativité complète et la concrétude très réelle de cette « métamorphose invertrice », considère comme « extérieure » aux créatures, comme appartenant à un « autre monde » quasiment inaccessible. Si les créatures doivent chanter et « rendre grâce », ce n'est pas en tant que soumises à une autorité mais bien parce qu'elles sont « prises », conscientes dans le mouvement dynamique des énergies divines qui sont le chant de l'indicible silence; baignées dans les ondes de la circulation érotique de la création glorifiée. Non comme individus strictement étagés comme dans un fonctionnariat hiérarchisée mais comme les âmes « noetisées », spirituellement unies (kata noûn) au Verbe au moyen du baiser spirituel (noéros), désormais « aussi simples et indivisibles qu'elles peuvent l'être. »

Et cette remarque est d'importance car toute la représentation qu'Agamben donne des écrits de Denys l'Aréopagite est totalement faussée par cette interprétation très « moderne » qu'il entend, par ailleurs, démonter. Les hiérarchies évoquées par saint Denys ne se fondent pas sur un autoritarisme extérieur et contraignant (nécessaire) mais sur l'érotique reconnaissance de la nature et de l'état réel (noétique) de chaque créature, sur ce qu'est sa personne (hypostasis), son eso anthropos. Il s'agit d'amour (agapè) et de désir (éros) pas de caporalisme.


Tout ceci peut encore être ramené au texte explicatif de C. Yannaras et plus loin encore à la vision historique exposée par le Père Romanidès.

jeudi, 12 novembre 2009

Corps-machines

 "L'homme est une machine douée pour les choses banales, d'une bien plus grande faculté d'automatisme qu'il ne le croit." Raymond Abellio

Les machines ne sont pensées qu'à partir de l'homme, à partir de la partie "machinique animale" de l'homme, à partir d'une "vision" de l'homme réduit à cette part ...

Les machines (latin, machina, du grec mèchanè) sont des pièges. Elles sont conçus à l'image et à la ressemblance de l'homme (latin, masculus). De l'homme déchu. De l'homme-corps. De l'homoncule, de cette dissemblance d'homme qu'est l'humain « naturel » d'après la chute.

Du machisme (espagnol, macho, du latin, masculus) au machinisme il n'y a qu'un pas.

Cette option, la possibilité même de cette vision, provient d'une longue, longue dérive théologico-philosophique. Elle remonte même bien plus loin, ou, plutôt, bien plus « haut ».

Dans l'un des exercices de Métaphysique Critique de la première occurrence de TIQQUN, intitulé Hommes-machines, mode d'emploi, l'origine de cette option historique, de cette contrainte politico-théologique, cette origine est évoquée.


« Si Adam n'avait pas péché le Tiqqun, la Réunification, se serait accompli; toute choses eût repris sa place et l'univers eût été sauvé. Et pourtant cette chute dans la confusion du bien et du mal, qui devaient rester séparés, et ce déchirement en des séparations artificielles de ce qui devait demeurer uni, ne nous condamnent pas à un exil définitif et à une irréversible impuissance. L'enfer où nous sommes tombés est notre errance, et le désert que nous traversons aujourd'hui, c'est l'histoire; en un certain sens, « non seulement nous sommes maîtres de notre destin, et au fond responsables de la poursuite de l'exil, mais nous remplissons aussi une mission qui a des finalités plus lointaines » (G.Scholem). [...] La Kabbale dit que l'homme tombe dans l'isolement lorsqu'il veut se mettre à la place de Dieu, en d'autres termes lorsqu'il prétend que la liberté doit lui servir et que ce n'est pas à lui de servir la liberté. »


L'origine est évoquée. Mais elle est aussitôt happée et infusée dans les brumes de la dérive.


« A mi-chemin entre transcendance et immanence, la Shekhina se tient à la fenêtre qui s'ouvre sur notre propre néant, sur notre propre liberté. Ce langage au moyen duquel l'homme mystique, l'homme qui était plus haut que les anges, rentre dans son vêtement terrestre, se réconcilie avec son corps, c'est un langage qui raconte l'individu, qui le fait se redécouvrir lui-même, qui l'ouvre à la reconnaissance des autres. Certes un tel langage est différent pour chacun, mais il est compréhensible pour ceux qui suivent le même chemin, c'est-à-dire, « dès lors que chaque individu à une tâche particulière dans la lutte pour lé réalisation du Tiqqun, selon le degré et l'état propre de son âme (G. Scholem). Marx disait en substance la même chose, mais avec plus de précision : « C'est seulement quand l'homme réel individuel a repris en soi le citoyen abstrait [...] quand l'homme a reconnu et organisé ses propres forces en forces sociales et donc ne sépare plus de soi la force sociale sous la forme de la force politique, c'est alors seulement que s'achève l'émancipation humaine » (Marx, La Question juive). »


Sous le masque de la fausse compréhension spirituelle (qui n'est, en outre, que religieuse, confusion révélatrice) c'est immédiatement la démonie du social qui reparaît. Idolâtrie et hypnose syncopées.

Par une particularité excessivement moderne, quoi qu'on s'en défende, on essai de surmonter, de transcender des critères que l'on juge dépassés, obsolètes et l'on considère qu'il est beaucoup plus radical (plus seyant, en réalité) de remonter « plus haut » (à ce que l'on croit) ...

« La Shekhina, si intime qu'elle soit avec la sphère céleste, se tient amoureusement auprès de tous les hommes, comme elle l'était auprès d'Israël partout où il était en exil; et de même, « lorsque deux hommes sont assis à interpréter les paroles de la Torah, la Shekhina se trouve parmi eux » (J. Abelson), puisqu'il n'y a pas de lieux où la Shekhina ne soit pas, où elle ne souffre pas la même douleur que l'homme, « pas même dans le buisson ardent » (Exode rabba sur Exode 2, 5). « Lorsque l'homme endure des souffrances, que dit la Shekhina ? « Ma main me fait mal; ma tête me fait mal » (G. Scholem). »

L'Occident est bien malade, et le monde le suit comme son ombre. L'Occident est bien malade, de ses choix, de ses déviations multiples et ramifiées, multiples et dont chaque division entraîne des divisions intensifiées et autant d'inversions de ses inversions. L'Occident est bien malade et les pharmacopées qu'on lui choisies sont pires que le mal.


Le Tiqqun ? Il est.

Le Tiqqun est réalisé. Le Seigneur de Gloire Lui-même l'a réalisé ... Lui-même. La cure, la voie de guérison est connue.


« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom je suis au milieu d'eux ... »

Le langage qui fera/fait que l'homme-Adam se réconcilie avec son corps c'est le langage eucharistique ... et, en aucun cas, il ne concerne des individus. Dans la primitive Eglise, telle que décrite par Paul, les idiotès, sont les « individus privés », tous ceux qui n'ont pas encore été illuminé, tous ceux dont le coeur n'est pas purifié, qui ne sont pas des glorifiés et qui, pour cette raison n'entendent pas la prière perpétuelle « dites » dans le coeur par les prophètes de l'Église, i.e les glorifiés. Ainsi, il est vrai que les « réconciliés » qui peuvent parler chacun un langage particulier peuvent aussi, sinon se comprendre, du moins « s'entendre » ...

Ignace d'Antioche utilisera le terme mèchanè pour désigner : la croix du Christ !

Dans le domaine militaire de l'antiquité mèchanè désignait en premier lieu les « machines de guerre », celles qui permettaient d'assaillir ou de piéger l'ennemi. L'Ennemi qui a piégé les âmes et les corps par la ruse est vaincu par une « machine de guerre », un piège divin ... Et, logique paradoxale de l'inversion, ce qui est machine pour le propagateur du piège viral est, pour les malades, l'onguent et la cure ...

« L'allégorie offre [...] à l'âme éloignée de Dieu comme une machine qui la fait s'élever vers Dieu. »

saint Antoine le Grand

Pourtant la maladie progresse. La faute aux « médecins » que nous nous choisissons, sans doute ?


« Alors que dans le modèle de production fordiste, le corps était condamné à la chaîne de montage par ses gestes répétitifs, et l'esprit restait « libre » d'en penser les formes d'émancipationi, aujourd'hui, le travail étant dans les sociétés capitalistes avancées presque entièrement intellectuel, c'est le corps qui assiste, incrédule et oublié, à cette nouvelle exploitation. Oublié durant les heures de travail, mais constamment présent dans le temps libre sous forme d'obsession, le corps est la plus matérielle de nos déterminations en même temps que la carte de visite qui permet d'accéder au marché du travail dématérialisé. »


L'empire vide, que j'appelle dominion est comme un cancer, mais ses métastases peuvent non seulement accroître le domaine du mal mais encore engendrer d'autres pathologies pas encore pensées ...


Qu'est-il arrivé à nos corps ?


« La grâce de l'Esprit donne au corps aussi l'expérience des choses divines. »

saint Grégoire Palamas


Nos corps ne sont plus à nous, arraisonnés par le machin-monde. Ils ne sont plus à nous puisque nous ne suivons pas la voie anagogique qui assure la restitution, le Tiqqun, l'henosis ! Où, dans quelle parole, est magnifiquement célébré cette union, si ce n'est dans le Cantique des Cantiques, le chant de l'amour fidèle et du corps exultant ... ?


Nos corps ne sont plus à nous car c'est dans le Corps du Christ qu'ils nous sont restitués, qu'ils sont authentiquement hypostase, pleinement « personnes ». Le Salut (soteria) n'est pas en mode individuel (ni collectiviste, ni « communiste ») mais en mode personnel ... ce qui signifie que le salut ne concerne pas l'au-delà mais bien le hic et nunc, la vie. Seul l'individu est concernée par la mort c'est-à-dire le domaine corporel, auquel appartiennent (bien que non entièrement) le cérébral et le rationnel. Le thanatos, comme l'éros (compris vulgairement comme le seul désir sexuel) ne concernent que le corps. La mort, par inversion intensifiante de sa défaite, est gagnante, elle masque avec ruse, sa défaite (« mort, où ta victoire, où ton aiguillon ? ») par l'éros vulgaire intensifié.


Les plus fins analystes s'y laissent prendre, à ce piège, à cette stratégie ...

Ne voulant rien lâcher de leurs convictions, de leurs découvertes qu'ils croient leurs propres.


Ainsi Michel Foucault (influence d'Agamben et de TIQQUN) a-t-il raison d'écrire dans Il faut défendre la société : « la grande ritualisation publique de la mort a disparu, ou en tout cas s'est effacé, depuis le XIIIè siècle [...] Au point que maintenant la mort – cessant d'être une de ces cérémonies éclatantes à laquelle les individus, la famille, le groupe, presque la société tout entière, participaient – est devenue au contraire ce qu'on cache. [...] Et à la limite c'est moins le sexe que la mort qui est aujourd'hui l'objet du tabou. »


Mais quoi, tout ceci n'est perçu que d'un point de vue sociologique, s'en est presque plus écoeurant encore que le fait qu'il désigne. Ce type d'analyse est réellement typique du mal occidental, dévastatrice non tant pour ce qu'elle pense combattre que pour ce quelque chose d'indéfini qu'elle entend défendre. C'est en cela, sans doute, que toutes ces pensées rejoignent le grand flou de l'hermétisme qui a fasciné tant les humanistes et les « Lumières » que ceux qui entendait les combattre ... Orobouros de dévorant lui-même à partir de son extrémité opposée. Et la tentation pourrait être grande de se dire alors, « laissons le monstre et ses enfants s'entredévorer ! Dieu reconnaitra les siens ! », mais d'une part ce dévorement ne signifie nullement la défaite, et, d'autre part, Dieu reconnaitra-t-Il pour « siens » ceux qui, en aucune manière, n'auront réagi ?


Pour en finir (très provisoirement), notons à la suite de Foucault que, dans l'Église Orthodoxe se perpétue l'orthopraxie concernant les « morts ». Ceux-ci sont participants de ce qu'il faut appeler leur dernière participation à une Liturgie ici-bas ... Contrairement à la pratique occidentale, en effet, le cercueil est, aux pieds de l'iconostase (là où se tiennent ceux qui communient, les nouveaux baptisés ...), ouvert ! Le « défunt » (qui pour l'orthodoxie est « né au ciel ») assiste pleinement à la Liturgie qui se tient dans la communauté qu'il a connu, à laquelle il appartenait ...


Différence singulière, une fois encore ! Le corps n'est pas escamoté, aucune machine-piège ne l'engloutit avant l'ultime sacrement, il est encore présent comme le Christ est Présent, déjà-toujours-là ...


Un saint moine de l'Athos disait à propos de ceux qui sont « guéris » en Christ : « ... nous voyons les visages comme des images du Dieu débordant d'amour. Celui donc qui a revêtu la grâce du Christ voit les autres revêtus de même, même si leur corps sont nus, alors que celui qui n'a pas la grâce de Dieu voit les corps nus, même s'ils sont habillés ! » (H. Vlachos, Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du coeur)


Les saints Pères ont « définis » une très réelle et concrète thérapeutique (que nous évoquons ici parfois sous le terme de théorapie). Selon le Père Romanidès elle constitue même l'acmé de la voie christique, son essence véritable ! En occident, les catholiques ont réagis aux théories psychanalytiques et psychiatriques en évoquant une influence satanique, mais mêlant à leurs condamnations tout ce qu'il ne faut pas de pathos et de sentimentalisme. En réalité ces théories sont des reprises profanatrices, des reprises en inversion intensificatrices de la très fine analyse des différentes parties de l'âme établies par les saints Pères à partir des saintes Ecritures et d'une expérience vécue très concrète de la cure christique !


Toutefois, ce qu'il convient d'ajouter à ce tableau, c'est qu'à mesure que passait le rouleau annihilant du temps-monde, à mesure que le processus d'individualisation avançait et, du même coup, détruisait la compréhension « personnelle » de l'âme humaine en collectivisant la « psychè », il convenait d'appliquer à la société dans son ensemble le diagnostic non-complaisant des Pères. Non-complaisant car plein de compassion réelle, l'amour est sévère ! Ainsi, comme le disaient de nombreux Pères « l'éros est une agapè intense »... or, il est bien évident qu'à l'aujourd'hui l'éros n'est plus, absolument plus, agapè, il n'en est plus du tout l'intensification mais a raréfaction la plus atrophiante ! Nous en sommes à l'air de la gastrimargia ... où tout est consommation sur-intoxicante ! Si, comme le disait avec une profond élégance Olivier Clément, le christianisme nous appelle à nous faire « tout visage », il est clair que « ce monde » tel qu'il roule sur sa pente savonneuse, nous appelle à nous faire « tout regard », et regard envieux et désirant-jalousant !


Quant à un rapport plus strictement lié au « corps » les Pères appelaient philarguria cette forme excessive d'avarice qui nous fait désirer chaque chose ou idée comme « nôtres ». Lié au « stade anal », lorsque l'enfant identifié entièrement à son corps et effrayé par sa défécation dans laquelle il perçoit une liquéfaction de son être, une mort de son corps ...


Et l'homme a eu peur de perdre la merde

ou plutôt il a désiré la merde

et, pour cela, sacrifié le sang.

A. Artaud, Pour en finir avec le Jugement de Dieu


Pour défaire l'efficace du processus sotérique (salut1/santé) l'occident l'a transformé en « système », celui des 7 péchés capitaux ... délaissant l'aspect concret, formé sur l'expérience et l'expérimentation pneumatique des saints Pères « ce monde » a préféré, pour en annuler l'efficience, le figer et le masquer en un moralisme solidifiant mais qui, évidemment, contenait, plus il se durcissait, toutes les promesses de ces plus nauséabondes liquéfactions futures ...


Extraire nos corps à la soumission de ce monde qui pousse en mauvaise graine de bio-pouvoir; oui ! Trois fois oui ! Mais pas sans une âme qui va avec,et pas sans une âme qui puisse, puisqu'elle est irrémédiablement chutée en son état actuelle, être rectifiée par l'application rigoureuse (et pas rigoriste) d'une voie sans complaisance et absolument, essentiellement, non conformiste puisque ne pouvant jamais (en son essence vive) être conformée au schéma sclérosant de « ce monde » !!










1Le plus anodin « salut » avec lequel nous commençons une journée s'accompagne souvent d'un « comment vas-tu » ou « ça va » ... Or, précisément ce « salut » matinal signifie en « ancien » français « comment allez-vous ... » sous entendu « à la selle » ...

i(sic) Penser son émancipation sur un plan tout horizontal et matériel, sur le seul plan que les exploitants avaient également en vue ... le résultat fut, et sera, désespérant ... Je songe ici, toutefois, à cette « légende ouvrière » des émigrés russes qui, dans leurs pays d'accueil, pouvaient se retrouver à l'usine et qui, au rythme des machines, précisément ne tombaient pas au niveau de ces « pièges productifs », mais en usaient pour « s'élever » en récitant la prière du coeur (prière noétique) ...

mercredi, 11 novembre 2009

Amnesia; le vécu comme oubli, stratégie du choc et trauma

Stratégie du choc : amnésie par trauma ...

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Stratégie du choc : amnésie par trauma ...


'Aletheian agata !


L'ère des techniques.

Age de la techné ...


La violence la plus cruelle s'exécute pacifiquement.


Propagande raffinée.

Civile et policée...

Epoque bénie où la paix

est un état de guerre larvée,

guerre pacifiante,

guerre opacifiante...



Les événements traumatiques entrainent souvent une réaction amnésique. La dominion possède toute technique en vue de créer de tels chocs et de telles réactions, en vue de dissimuler non pas tant d'autres événements que le simple fait qu'elle est ce qu'elle est, un néant qui ne peut que tendre à son extension, soit : néantiser toute chose.


La dominion possède toute technique.

Elle est toute technique.


La technique c'est la ruse.

Dissimulation, mensonge, contre-vérité, fausse vérité ...



Le langage est une maladie ...


« Amen, Amen ... »

Christ, dont Amen est un Nom, a inversé la proposition. Au grand dam des pharisiens et des scribes Il ne terminait pas ses propositions par un « Amen », Il ouvrait Son dire par ce même « Amen », Il faisait passer la conclusion, qui établissait la véracité du dire, à l'introduction.

L'Amen ouvre et ne clos plus ...

L'Amen est la semence. Le prémisse qui renverse et inverse.

Le Christ inaugure toute parole dites par « Amen, Amen ... » ce que d'aucuns traduisent par : « En vérité, en vérité ... ». Mais nous avons appris que l'Amen est Son Nom. L'Amen inaugural c'est l'épanchement miséricordieux, la kénose, l'exinanition de la divinité, de la Vérité elle-même, dans Sa Parole, s'écoulant vers nôtre vide ...

ALEITHEIA – VERITE

En grec la Vérité est donc a-leitheia c'est-à-dire « le non-oubli » !

La Liturgie, durant laquelle nous communions à l'Amen-fait chair, culmine dans l'anamnèse ! L e Souvenir du Nom, la non-amnésie de l'Amen que nous recevons corporellement et spirituellement !


Ici pas de technique, il y a « méthode » meta-hodos – voie supérieure.

LE LANGAGE EST UNE MALADIE ...

Le Langage est un oubli, une contre-vérité qu'il convient de contourner, d'inverser !


L'aporie est, pour le langage, un manque. Le grec aporrètos signifie « secret ». Apeiron c'est l'absence de limites.

Le manque est le secret du langage, du langage illimité.

Saint Jean Damascène, parlant de la chute d'Adam, évoque la privation. Adam fut privé de « tout dire de Dieu ». Il ne fut pas privé de la parole, du langage, mais le dire du Seigneur qui était le feu intérieur du langage, le Pneuma du langage vint à se retirer. Adam qui avait nommé toutes les autres créatures, perdit ce don de nomination qui est le don des limites qui donnent forme.

Langage creux et informe.


Oubli. Le premier piège de la dominion : la ruse serpentine. La première technique de dominion : la parole, la suggestion, le mensonge.


La Vérité est ascensive.

Le a privatif grec. A-leitheia ... la Vérité est apophatique.

Nous vivons une vie d'oubli. Nous vivons d'un langage illimité, creux et informe.

Informe, tant sans forme que sans puissance pour informer, pour donner forme !

Nous vivons d'une vie qui ne peut donner vie.


La dominion plonge sa racine idéologique dans cette réalité occultée-oubliée.

Le trauma est antérieur et intérieur, l'idéologie l'amplifie à dessein. Les mots cachent l'oubli. Ils camouflent le secret qui est le manque.


Amen, amen

Aleitheia, aleitheia,

La vie est dans le souvenir constant. Contre-trauma ... nous sommes armés pour nous souvenir, nous avons eu, nous avons vu le Médecin et la médecine. Mémoire éternelle contre la parole comme fondement secret de la contrainte néantisante.


ASSERVISSEMENT


Le langage exotérique de l'ingénierie informatique appelle asservissement le lien créé artificiellement entre deux machines dont l'une commande et l'autre exécute, ceci par le biais de la langue ésotérique de l'informatique.

L'asservissement est la négation du service. Négation du don.

L'un répond OUI à la suggestion du contrôle qui entend nier la liberté du premier.

Le lien de l'asservissement est ainsi né.

Le Négateur, « malade d'ambition, principe et fondement de la déchéance » (Grégoire de Nysse), pose un conseil logique, il semble dévoiler une proposition de cause à effet. C'est un mensonge, lui le sait, mais c'est un mensonge logique qui s'adresse exclusivement à la rationalité.

Dire « oui » c'est, dès lors, accepter l'asservissement à cette logique tout extérieure; à la logique faites de contraintes et de nécessités. Dire « oui » c'est, à ce moment, créer un court-circuit noétique, faire basculer les énergies pneumatiques vers le centre strictement cérébral-rationnel.


Nous avons oublié...


Nous ? Oui, mais ON a pas oublié !


ON c'est la volonté creuse et néantisante de CE monde.


ON a jeté un voile d'oubli et d'opacité sur ce qui, caché, a été révélé. ON a voilé de théorie de divisions, de connaissances faussement « libératrices » (de gnoses au nom menteur) la vérité – a-leitheia – révélée, non pas révélée dans les brumes de la rationalité cérébrale ou de la biologisité aporétique mais dans l'Incarnation parfaite et totale.


L'un des voiles s'exprima ainsi :


« L'homme est un animal social. Sa pensée est un reflet du mouvement de la matière. Ceux qui recherchent la vérité ne sont que des pantins, d'autant plus dignes de mépris qu'ils se refusent à considérer leur pensée comme un pur produit du devenir historique. Ce sont des réactionnaires puisqu'ils servent des intérêts hostiles au prolétariat qui, dans son ascension, a créé nécessairement la seule méthode valable : le matérialisme dialectique. » Milosz (paroles d'un intellectuel communiste)


Mais, toute idéologie participe de ce voile impur.

Tout à été fait pour combler le vide. Toutes constructions idéales-idéiques. Toutes idoles.

La racine est ce Moi qui pense JE... Au cours des siècles, utile et encombrant engin stratégique.

Il a fallu le contraindre à fondre cette alliage impur ou bien à se durcir au-delà de toute limite, sachant bien toutefois, au final, que plus dur il serait et moins il serait signifiant noyé dans la masse des exigences de tous les autres MOI/JE ...


« Le moi gonflé de néant détruit ou asservit les autres, les fait graviter autour de son propre vide. C'est l'autodéification du rien. » (Olivier Clément)


La psychanalyse, outil de stratégie mnésique, usine à faire du MOI/JE, se trouve aujourd'hui confrontée à son dépassement et s'affronte à une discipline plus matérialiste qu'elle : les Thérapies Cognitivo-Comportementale, véritable complexe thérapeutique de contrôle et d'asservissement. Les TCC relève du règne de l'expert, manipulateur avoué de « l'inconscient » assimilant les pathologies mentales à des virus qu'il convient de circonvenir. L'expert tend, dans tous les domaines à remplacer l'homme de connaissance ou l'homme d'expérience, il remplace déjà, de manière ésotérique, l'homme politique dont il se fait le conseiller. Les TCC relève d'une anthropologie qui découpe le vivant en catégories : homme – machine/animal !

L'antidote (forcément illusoire) secrété par la dominion ce sont toutes les thérapies « douces », « saines », « alternatives », « naturelles » ... Psychanalystes et psychologues s'effraient et dénoncent cette déshumanisation de l'approche psychologique et comportementale, oublieux, par le choc provoqué par la confrontation, de ce que ces techniques doivent aux leurs. Oublieux, car très fier de leur « domaine de compétence », de ce que la « découverte » par le bon docteur Freud de la sexualité infantile pourrait s'avérer fort heureuse dans la déculpabilisation de certaines pratiques que les médias aiment à mettre, avec pleins de bons sentiments autour, sous les feux de la rampe ...


L'hystérie thérapeutique contemporaine à une source,

une source qui est un oubli ...

Une source qui est en nous,

qui est cette non-vie en nous,

qui est cette peur nue en nous,

cette peur affreuse de ce vide affreux

que nous avons oublié

que nous avons tout fait pour oublier.


Aleitheia,

Je cris vers toi;

Ne m'oublie pas,

comme moi je t'ai oublié.

Tourne vers moi ton visage,

Sors maintenant,

tend, vers moi, ta main !



Liens internels :

Virus mémoriel : http://thierryjolif.hautetfort.com/archive/2008/12/27/les...

http://thierryjolif.hautetfort.com/archive/2008/12/27/les...

Imprimés : http://thierryjolif.hautetfort.com/archive/2009/07/07/5e4...

Vie du littératueur : http://thierryjolif.hautetfort.com/archive/2009/09/18/vie...


Liens exotériques : http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychoth%C3%A9rapie_cognitiv...

 

mardi, 10 novembre 2009

Mur-murs

 Ce monde n'aime rien tant que s'auto-célébrer.

La célébration fait partie intégrante du culte qu'il se rend à lui-même !

Il érige des murs, il abat des murs, et c'est toujours dans un flot continu de célébrations.

Le fait que son essence même à lui soit celle d'un mur ne l'effleure pas, ou plutôt, si, il ne le sait que trop bien, alors les célébrations doivent masquer l'essence, surtout qu'elle n'affleure nul part.

Tout mur à deux côtés, deux rôles. Ceci est une lapalissade, une autre forme de mur. Le mur uni ceux qui se tromural-mur-eglise_~gwt219018.jpguvent dans son enceinte et les sépare de ceux du « dehors », ceux des « ténèbres extérieures ». Par inversion il uni également ceux qui se trouvent à l'extérieur. C'est le mur qui délimite l'autre, ou plus précisément le « statut » de l'autre, qui en fait un autre, oui mais sans visage, un autre privé d'altérité en quelque sorte, c'est-à-dire un « ennemi ».Emmanuel Levinas aurait dit en 1989 que la chute du mur de Berlin marquait « l'avènement d'un monde sans promesses », comme quoi on peut avoir une capacité d'analyse d'une grande finesse et s'aveugler totalement sur le fond des choses.

Les « promesses » du socialisme furent, mais sur un autre mode, comme celle du modèle capitaliste impérial, de l'ordre de la stricte matérialité, tout juste si « l'exigence de justice sociale » put être glissée comme succédanée de morale et de spirituel.

Au jour archi-lumineux des grandes célébrations, ce monde a toujours besoin de jouer un contrepoint, une petite et discrète mélodie contestataire au-dessus de la basse continue du grand consensus. Ainsi certains rebelles zappointés peuvent-ils aller chercher avec complaisance et à tout prix des exemples de cette « östalgie » qui les fait frémirent de contentement. Il me paraît pourtant impossible qu'il puisse leur échapper à tous, qu'ils révèlent, bien qu'avec une très falote loupiote, les deux faces, soit disant incompatibles, du même mur matérialiste, les deux options de la même « religion du bonheur », de ce que Milosz, parlant du socialisme, appelait la « nouvelle foi ». Celle-ci n'est pourtant ni nouvelle ni limitée à un quelconque régime politique, elle est la marque de ce monde, elle le le virus auto-immune de l'humanité unie-divisée, unie de sa division même.

Elle s'élève en un mur compact et opaque à l'intérieur de chaque coeur. Il masque le visage de « l'autre », il garde dans son ombre le « prochain » pour nous contraindre à jeter notre regard vers un lointain, un horizon insurpassable, un avenir radieux ... ou bien encore l'autre sans visage il le fait tiers, gardien d'un point de passage, d'un toujours infranchissable check-point spirituel.


Mais cette foi-de-toujours elle sait bien orner et décorer son mur, elle offre à ses fidèles festivus-festivus de nombreuse réjouissances, un culte apotropaïque ... et comme « il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père », elle singe la divine mansuétude en se montrant suffisamment large avec les micro-hérésies, avec les nostalgiques d'une forme évanouie de son culte ...


 

L'idiotie comme porte de sortie

Ce que je fais est essentiellement superflu, ce qui est absolument essentiel.


Ce que je suis est absolument essentiel, ce qui est essentiellement absolu.


Examine ceci : de même que le Christ a été déclaré maudit (Ga. 3, 13) à cause de moi, lui qui met fin à la malédiction [...] de même aussi, me voyant insoumis, il prend ce défaut sur lui, en tant qu'il est la tête du corps que nous formons. Saint Grégoire de Nazianze


Il est tout à fait clair que personne, je veux dire aucun, ne prend la mesure de ce qui s'écrit ici. Une écriture parfaitement authentique requiert une solitude ontologique extrême et ne tolérant aucune feinte ...

Il en ressort que ce qui s'écrit ici est « nul ». Et ne « sert » strictement à rien.


Et ce sont les lettres de noblesses de cette inscripture.


Ce qui s'écrit ne peut être utilitaire cependant, cette inscripture est bel et bien ancillaire !

Elle modifie le monde puisqu'elle modifie celui qui se laisse ainsi eso-inscrire.

La vision de l'histoire qui me traverse et me transcrit, me transhumane, ne peut que me poser en intense solitaire... il ne s'agit pas d'une nécessité, non; vraiment, rien d'utilitaire ou de nécessairement !


Nécessiteux spirituel.


Cela, oui !


Idiot ?

Cela, oui, sans aucun doute !


Selon la claire description de la « structure » de l'Église de saint Paul, les idiotês, sont les « individus privés », qui ne sont pas encore « réellement » membres du Corps du Christ, qui ne le sont que potentiellement, et qui, en tant que tels, disent « amen » au temps opportun lors des assemblées liturgiques, ils répondent, ils donnent leur « amen » après que ceux qui sont réellement illuminés, glorifiés, aient dit leurs prières, leurs psaumes, leurs actions de grâces ...

D'où, le retournement du sens, car, il semble évident que cette attitude, profondément spirituelle ne pouvait qu'être prise en mauvaise part par ce monde. Ceux qui disent « amen » à tout sont des idiots, des imbéciles, des crétins, des sots ...


Vous voyez, la racine très profonde de l'incompréhension ?

Vous apercevez enfin ... ?


[...]

21:24 Ecrit par Thierry dans Inscriptures, Orthodoxie, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |

jeudi, 29 octobre 2009

La sub-version comme principe chtonien

Toute idée peut être subvertie !


Toute idée ne peut subvertir que ce que le subversif tient pour être normatif !


La « sub-version » c'est l'inversion par le dessous ! Pénétration souterraine d'une idée dans une autre !

Il faut toujours déterminer ce qui doit être subverti ! Il faut aussi en analyser, en jauger, en peser le poids en terme de puissance, de pouvoir, de dynamique !


En règle général nous pouvons admettre que le subversif souhaite, juge nécessaire, de subvertir ce qui, à ses yeux, semble statique, pesant ! Ce qui semble injuste devient alors absolument injustifié, injustifiable et doit être abattu absolument et radicalement ! Toutefois, admettons, que, le plus souvent ce qui devait être absolument éradiqué est plus transformé que proprement éliminé par la subversion. La subversion s'avère alors bien plus une substitution qu'une inversion. Elle n'est plus inversion catagogique mais retournement, renversement substitutif. Jamais absolue elle demeure une simple substitution de critères normatifs, nous pourrions dire « moraux », voire moralistes.


Ainsi, certaines défenses sont-elles les meilleures alliées de « l'ennemi ».


Ainsi, certains amis de l'idée monarchiste s'élèvent-ils contre les divers échauffourées de « banlieues », certains actes « anarchistes-vandalistes ». Et les honnêtes royalistes de se faire contre ceux qu'ils considèrent comme « ennemis », les vaillants défenseurs des marchands « sans âmes », des policiers vilipendés; tous « gens d'arme » de la république qui, qu'on se rassure enfin, continue à « gouverner mal mais à se bien défendre », comme le soulignait l'inénarrable Thiers.

Que ne voient-ils nos « royaux » amis que c'est, précisément, l'emprise qu'ils entendent combattre par ailleurs qui se livre combat à elle-même ?


On s'en prend aux caténaires ? Il faut défendre les caténaires ? Pourquoi diable ?

Diantre, ceux-là ne sont-ils pas la matérialisation très exacte de la modernité décapitatrice ? Les fils de la toile concentrationnaire qui a liquéfié l'esprit des campagnes afin d'en tirer la moëlle pour nourrir les réseaux artérielles thanatiques de la goule-métropole ? Ne sont-ils pas l'expression achevée de la nature succubique de la révolution ?


L'Etat policier naît avec la Révolution française et se propage dans le maillage du chemin, qui est, comme l'âge, de fer ... Il kidnappera et transbahutera les corps et les âmes, comme les marchandises destinées à ces « corps et âmes » qui ne sont plus en exil depuis qu'ils sont en partance, par wagons entiers, pour d'exotiques ou de laborieux voyages, quand ce n'est pas pour une destination qui, comme la solution, est finale !

Le premier des ISMES

Le premier, le plus terrible des ISMES, l'origine des autres, de tous : l'EGOISME.

Les Pères l'appelait PHILAUTIE !

Son terme ? comme le décrit l'écrivain russe Mamléïev : l'AUTOPHAGIE !

Egoisme, montanisme, encratisme, gnosticisme, manichéisme, philétisme, piétisme, moralisme, rationalisme, idéologisme, fascisme, humanisme, narcissisme, mécanisme, systématisme, capitalisme, marxisme, socialisme, communisme, nationalisme, financialisme, européisme, islamisme, littéralisme, catholicisme ... 

christianisme ... 

Il aura fallu que l'on trouve opportun de ranger la voie christique dans ce fatras ...

?

Ce mot-là, n'a rien de "sacré" ... Il ne résume rien. Il permet de croire que l'on peut ranger cette voie parmi la relativité de tout le reste, de tout le fratras chaotique de ce monde, parmi la grande bibliothèque du contrôle ?

Que nous dirons les très modernes dictionnaires ? que ce mot désigne ce qui est relatif à la religion chrétienne ?

Le mot chrétien est de notre tradition, de notre voie, le mot "christianisme" ? Non, pas, merci bien ! L'échapatoire, l'exil lexical a été forgé par les saints Pères, merci bien ! Ortho-doxie ! Mais pour combien de temps encore ? Quand trouvera-t-on le "malin" qui nous servira-asservira l'orthodoxisme ??

Au train où vont les choses je ne serais guère surpris que cela soit déjà fait ...

 

mercredi, 28 octobre 2009

L'idée-nation comme idéologie

 

  1. Le nationalisme est une conséquence de la maladie d'une nation, tout comme le socialisme est une conséquence de la maladie d'une « société »; les deux sont les symptômes des pathologies touchant au « corps » national et au « corps » social. Loin d'être des remèdes efficaces ils concourent, lorsqu'ils sont pris pour ce qu'il ne sont pas, à la ruine, à l'aggravation de la maladie. En effet, au lieu de chercher un remède aux maux divers qui frappent une communauté, ils imposent des solutions qui nient la possibilité d'une unité, d'un équilibre de cette communauté et accentuent encore le déséquilibre, la division.

  2. Le nationalisme est un centralisme. Il ne peut que tendre à imposer abusivement une morale et une norme qu'il pose comme dogmes de manière inconsidérée.

  3. Le nationalisme est un centralisme sans centre réel, il fait d'une idée, d'un mirage à dire le vrai, un donné concret. En outre, sa tendance au « mysticisme » est d'autant plus paradoxale, en apparence, qu'il se bâtit avant tout sur une biologisation de la personne humaine. Ce n'est qu'une apparence, en effet, car en réalité il rejoint bel et bien les religions de massification pour lesquels la personne ne compte qu'en tant qu'elle est une partie du tout, la proportion d'anonymat dépendra de la capacité de servitude à l'idée.

  4. Asservissement mortifère et néguentropique de la communion. Inversion de l'union (hénosis) sans confusion en fusion confusément unifiante.

21:00 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Philosophie, Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, nation, nationalisme, pays, christ, christianisme |

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