mardi, 11 août 2009

Génnesis

« Là où il y a nécessité il ne saurait y avoir de vertu. » saint Jean Damascène.

Une émission de service public radiodiffusée a récemment remis en « lumière » le débat Darwin vs Bible. Pour ce faire, bien sûr, direction les Etats-Unis d'Amérique où le mouvement dit « créationniste » aurait, nous dit-on, une influence certaine. Et, nos hexagonaux journalistes, pleins de l'objectivité qui sied si bien au teint de tout journaliste démocrate et éclairé, d'ouvrir le bal en se gaussant de la superstitieuse naïveté des personnes interrogées, prenant grand soin de préciser que, bien évidemment, si les « créa » affirment que leurs thèses se fondent sur une démarche scientifique ce n'est que de la blague, et là, le plus sérieusement du monde, pour le coup, de comparer la méthode avec celle des négationnistes de la solution finale.

On admirera l'excellence du procédé pour jeter le discrédit sur ce que l'on entend dénoncer : voilà qui, d'emblée et de façon assez définitive, clôt le débat ... Allez, maintenant on va pouvoir , avec tout le poids écrasant de notre bonne conscience éclairée et « éclairante », se payer la fiole des ces demeurés obscurantistes et bien montrer que « nouzautres » hommes des lumières et du progrès on en sait des choses, et des choses sûres et certaines puisque « dixit la science » !

Ceci étant, tout cela résume assez bien la situation, des deux côtés : certitudes creuses; idéologies scientistes; encéphalogramme politique plat ...

D'un côté comme de l'autre « on » se débat dans ces coupures chiastiques en restant toujours en deçà des frontières hermétiquement closes d'un système qui, en tant que tel, ne peut prétendre à une vérité totale.

Le darwinisme et le créationnisme nient le mystère, la beauté du mystère, sa « poésie » au sens le plus fort du terme ! Si « on » comprenait encore les mots certains pourraient s'écrier que dire : « La Génèse est poïétique » est un pléonasme, et pourtant ... oui la Génèse est poétique en tant que texte, il s'agit bien d'une poésie sur la Création, oui; mais il s'agit aussi d'une oeuvre poïétique car la Création elle-même est le poème de Dieu, la Génèse est une poésie créatrice, un poème symphonique créateur et créatif ...

Les frontières qui enserrent les deux thèses opposées sont celles de « ce monde ». Berdiaev, encore lui, notait fort à propos que les sciences empiriques et rationalistes se heurtent à ses limites,elles sont « filles » de la Chute et ne peuvent remonter au-delà.

Le créationnisme prétend, contre le darwinisme, mais avec les mêmes « armes », trouver et « prouver » les origines. Deux systèmes scientifico-philosophiques, deux idéologies s'affrontent, l'un pour l'autre contre, l'un contre l'autre, tout contre, comme qui dirait !

Mais on ne prouve pas la puissance poétique, on ne prouve pas l'Amour ! Amour et poésie sont bien réels, nul besoin de scalpel ni de carbone 14 (quoique j'en sache certains prêts à tout dans leur sectarisme scientifique) ! Ce qui ne signifie nullement que la foi interdise le libre déploiement de la raison, elle ne bloque ni ne stoppe l'intelligence (le nous) au contraire elle doit l'orienter(la tourner vers l'Orient), l'illuminer (mais d'une lumière paradoxalement non-humaine), l'approfondir (non la creuser négativement) !

« L'énergie divine agit dans l'homme d'une façon cachée. On ne peut dire du monde créé qu'il soit divin, de même qu'on ne peut pas dire non plus qu'il ne soit pas divin. Dieu et la vie divine ne ressemblent en rien au monde créé, on ne peut établir ici aucun analogie ... mais l'énergie divine déborde dans le monde et agit en lui et l'illumine. » Nicolas Berdiaev

La Génèse, Livre et Réalité, est un poème ! Une poésie ! Donc une Création ! Or, nos protagonistes s'acharnent sur le sens littéral, ce sont, littéralement des littérat(u)eurs, des gens de lettres, celles qui tuent et assèchent ! La profondeur, le véritable creuset poïétique du texte-parole-verbe semble leur échapper, à moins qu'ils ne veuillent, précisément, s'en échapper eux-mêmes ?

Les « créa » s'acharnent sur la Bible comme absolue référence, référent absolu mais absolument littéral ! Le flot spirituel de l'oeuvre immense des saints Pères ne semble pas les avoir porté, les avoir roulé dans ses vagues d'apophase en spirale, dans ce vortex qui malaxe et porte au plus haut, à l'en-haut, les mots et les pensées.

Ainsi, Grégoire de Nysse, ne rejette pas un certain « évolutionnisme », bien qu'attribuant sa « nécessité » à la Chute. Grégoire reprend également l'idée antique de l'homme microcosme mais il affirme que là n'est pas la gloire de l'homme, car en tant que tel il partage nombre de point commun avec les animaux les plus variés et pas nécessairement des plus nobles ! Aussi insistera-t-il sur le fait que l'homme microcosmos est aussi, et surtout, microtheos. Le monde est créé en vue d'une fin : l'homme ! Ainsi l'homme est comme prévu, calculé, « archétypé » quand la Création du monde semble, pour Grégoire, comme improvisée dans sa constitution, elle est immédiate, « spontanée ». Il n'y a pas d'équivalence, pas d'égalité, de confusionisme ontologique possible !L'homme couronne la Création, il la domine mais amoureusement, afin de la porter avec lui vers la déification.

La Chute inversera cet ordre, cette originelle « kosmocratie », l'homme s'est fait « inférieur » au monde, à la nature créée, il lui sera dès lors « intérieur ». Le monde, lui, n'a pas péché mais l'homme, son « chef », est tombé, « tête » la première, et l'a entrainé avec lui, le monde enfouissant alors son maître déchu, le recouvrant « par en dessus » ! L'évolution d'après la Chute était « image » de celle qui devait advenir, l'homme en a fait une « caricature ».

« D'où, donc, tomba-t-il ? » nous demandera certainement le littérat(u)eur, si tant est qu'il ne parte pas tout de suite en riant comme une baleine.

Du paradis ! « à la fois noétique et sensible » où il vivait « avec son corps » « et avec les anges par son âme; cultivant des pensées divines et nourri d'elles ... », nous dit saint Jean Damascène. Mais saint Grégoire de Nysse nous précise utilement que « ce que créé la toute-puissance de Dieu ce n'est pas une partie du tout, mais, en bloc, la plénitude entière de la nature humaine. » L'homme fait « à l'image et à la ressemblance » c'est l'ensemble de « l'humanité » dans l'homme pourrions-nous dire, c'est : la Personne humaine, non recouverte d'une foultitude de masque, non-morcelée en individus-atomes (le grec atomos signifiant « individu ») !

« L'individu représente une catégorie qui présuppose séparation et division. La personne représente une catégorie qui présuppose unité avec d'autres personnes. » Jean Zizioulas

Dès lors le monde s'est polarisé sur une seule des ses « interfaces », et bien sur non pas sur la noétique, la spirituelle mais sur la matérialité.

Oui, nos saints Pères étaient loin d'être aussi « scientifiquement coincés » que les « créa » ! Et bien moins sectaires que les « scientistes ». Tout d'abord admettons avec eux quelques unes de leurs théories, nous noterons tout de même en préalable (avec notre esprit tordu de plumitif superstitieux) que le mot « theoria », dans le langage précis et ascétique des Pères se réfère à ce que nous appelons, faute de  mieux  (?) « contemplation ». Ensuite, nous signalerons, comme pour nous-mêmes, que Dieu, Créateur et Maître de toutes choses n'est pas uniquement « maître es invisible ou incorporel », c'est Lui qui possède souverainement la maîtrise de la matière, du temps, de l'espace, conditions de l'humaine nature mais aussi conditions fort diverses dans les différents espaces de l'univers. Saint Jean Damascène y insiste : « Dieu a fait la matière et Il y descend (katabasis). Donc, « big-bang », énergies, conditions diverses de la matière, évolutions, changements ne seraient-elles pas les phases, les vecteurs de cette intense opération, de cette oeuvre exceptionnelle ? Autre « orientation » de l'interprétation patristique de la Génèse, toutes les créatures sont « venues » des eaux ... « C'est d'abord à l'eau que Dieu commanda de faire sortir une âme vivante et il devait ensuite par l'eau et le Saint Esprit porté sur les eaux à son commandement renouveler l'homme ». la matière créée (dans le mystère qui appartient à « l'opération » divine) et l'Esprit collaborent par et dans les énergies incréées qui « baignent » (baptisent) constamment l'univers.

Bien sur ceci ne « colle » guère au schéma littéraire-linéaire des « créa », non plus sans doute qu'aux thèses et contre-thèses des sciences actuelles... mais cela colle avec le mystère poïétique, avec le mystère du monde qui est mystère christique, comme aimait à le rappeler saint Maxime.

Ecrivant sur le mystère eucharistique, saint Cyrille de Jérusalem lui, à propos du pain et du vin changés définissait ce changement comme : métapoïèssis ! Verbe, parole et Esprit comme Vecteurs de retournement de cette inversion que fut la chute ! Maxime, encore, indiquait que le mystère christique est le mystère même de l'économie du salut : « c'est la fin conçue antérieurement à toutes choses ». La fin (eschaton) est ainsi conçue avant même les débuts du début : « Ce qui fut, cela sera; ce qui s'est fait se refera. » (Eccl. I:9)

Maxime, toujours, nous l'énonce clairement : « Après la transgression de la volonté divine on ne peut plus expliquer la fin par le commencement, mais le commencement par la fin. Par conséquent on cherche non plus à connaître les principes du commencement mais à approfondir les principes qui nous poussent à notre terme. »

Les actuelles investigations scientifiques n'ont-elles pas fait leurs l'inversion stricte de ce « programme » ? Programme qui, par delà, la mort, vise la vie véritable. Programme qui, « enjambant » la mort vaincue a pour seul horizon la Résurrection. Or, comme nous l'avons déjà écrit, « ce monde », celui de la science, se veut, se pense, malgré tout, « sans fin ». Voilà son « mystère » : plus il se proclame « sans principe organisateur », « fruit du hasard », plus il vit l'évolution, le progrès, comme seul possibilité de vie et plus il fuit sa « fin », proprement son « eschaton » et plus il recherche, avec une véritable frénésie, son « origine » ! Sans organisation, sans ordre il est « a-logos », sans principe il est « a-arkhos », sans « fin » il est « a-eschatos » !

C'est en fuyant vers son « passé » qu'il veut fuir et dépasser sa fin qu'il superpose à la « mort ». Dans la recherche effrénée de son origine génétique il espère trouver la « graine d'immortalité » !

Cette « graine », que certains théosophes (pas ceux de Blavatsky) identifiaient avec un « os », un petit os, vecteur incorruptible de la Résurrection future, et que, par analogie ils présentaient aussi comme une cité souterraine appelée Luz (Lumière – i.e lumière dans les ténèbres !). Notons, néanmoins, que, précisément, les théosophes de Blavatksy et tous les occultistes adoraient ce type d'observation dans leur hystérique volonté de faire coïncider les sciences positives et les données « occultes » des traditions spirituelles du monde entier ! Cette convergence, ce mélange même, dès les débuts de la science moderne nous semble, dans ce cadre, particulièrement éclairante et spécialement amusante face aux sarcasmes narquois et pourtant si pauvrement plats des journalistes « enculturés » en quête de positivisme totalitaire !

Bref, revenons en à saint Maxime et aux outils qu'il nous offre...

Selon lui la recherche simple (zétéssis) concerne l'origine, origine, dont l'appréhension donc, demeure bouchée depuis la Chute, et larecherche approfondie (ekzétéssis) porte elle sur la fin, c'est elle qu'il convient de mettre en oeuvre suivant le principe définit plus-haut. Toutefois, allant plus avant encore, saint Maxime affine sa théorie et affirme que zétéssis et ekzétéssis concernent l'intelligence et forme les bases de la recherche des moyens aidant à parcourir la voie de la « philosophie pratique » tandis que ereunéssis, investigation simple, et exereunéssis, investigation approfondie, concernent la raison et forme la recherche des moyens aidant à parcourir la voie gnostique ! C'est ici que nous devons faire intervenir la distinction opérée par les Pères entre la création de l'homme qui est, selon le grec, génesis, une création et non génnesis, « génération » ! C'est à la Gnose seule, c'est-à-dire la poéïtique déployée, qui peut ouvrir à l'homme la compréhension authentique de sa nature (« raisonnable et noétique » disait saint Jean Damascène), non une science « rationnellement rationaliste » et volontairement « antithéiste ». Et, lorsque nous disons « compréhension » nous entendons évidemment quelque chose qui dépasse très largement ce que recouvre aujourd'hui ce terme. Non seulement « prendre avec soi », mais « prendre EN soi » et véritablement déployer en son intériorité la plus libre tout le schème cosmique dans le flamboiement des énergies divines et incréées. William Blake appelait le Christ « imagination créatrice », il comprenait le Christ comme l'essence réelle et archétypique de l'humanité vraie, c'est-à-dire adamique ! A se calfeutrer dans leurs arrogantes certitudes de systèmes clos, « créas » et « évos » sont loin, si loin, d'une telle vision, d'une telle possibilité « d'évolution » pour le coup !!

Saint Jean Damascène disait que « l'homme de la chute » est privé de « tout dire » (pan rhètos) de Dieu. Il n'a plus « l'intelligence » du Verbe divin, il reste extérieur à la Révélation biblique, hermétiquement clos à la « logosis », extérieur aussi à la Création du Logos ! Il se tient au dehors de la parole créatrice, seule vecteur d'intégration à la nature réelle de la Création. La science des « créas » et des « évos » est la science du monde faux, opaque, creux, nihilistique (c'est en cela qu'il a la nostalgie de ses « origines ») ! Non, deux sciences, mais une seule, deux sciences littérales contre l'Esprit vivifiant et sanctifiant !

Codicille du 11 août de l'an de Grâce 2009

Comme son prédécesseur, il comprenait que la Vierge et la dynamo représentaient aussi bien l'amour que l'énergie; l'amour par conséquent, faisait tourner le monde, tout comme il donnait de l'effet à la boule du jeu de quilles et présidait à la précession des nébuleuses. Thomas PYNCHON, Entropie.

En fait, l'évolution peut bien être "vraie", enfin, réelle, mais ses conséquences comme ses causes ne dépendent que des énergies, des lois de ce monde pécheur et chuté, privé de la communication directe des énergies divines. Renverser ces causes et conséquences, boulverser et inverser ces lois ne dépend que de nos idées, de nos énergies propres, personnelles ...

Le plus gros obstacle à l'heure actuelle c'est que ce monde, avec nous dedans, a fini par croire de toute sa chair, de toute sa densité matérielle qu'il est "impeccable", non soumis au péché ... Lui faire sortir cette idée de la tête c'est la tâche première de tout soldat du Verbe !

lundi, 03 août 2009

Divertissement des castrés

"La littérature est en France l'espace que l'on a souverainement accordé au divertissement des castrés. Elle est la liberté formelle que l'on a concédée à ceux qui ne se font pas au néant de leur liberté réelle."

CI "LInsurrection qui vient; Septième Cercle"

 

mardi, 21 juillet 2009

LA CARTE DU NON-OU : naviguer dans l'indissidence

 

CARTE DU NON-OU.pdfCARTE DU NON-OU.

Chose promise chose ...

Va savoir ...

Ici, c'est-à-dire nulle part, voici le numéro infini-unique de l'INDISSIDENCE !

MERCI, à nos collaborateurs volontier volontaires : Olivier Cappaert et Lancelot Vlad, et involontaires les (anciens) jeunes punks devenus moines du Monastère orthodoxe américain de PLATINA ...

 

 

 

lundi, 06 juillet 2009

Lancement - Ignition

Très bientôt sera opéré le lancement, la mise en orbite autour de la ténèbre, une déflagration de lumière pénombreuse. Bientôt sera effectuer le contrefaire de Tropinka. Une non-sainte, non-ceinte trinité d'inscription aura achevé un travail de contreproduction, de contrefaçon positive de l'interface Tropinka, de cette interface en forme de blog-qui-n'en-est-pas-un sous la non-forme d'un imprimé dont la base de lancement sera précisément ce non-où qu'il évidera pour mieux le rendre à lui-même.

La contrévolution de l'indissidence doit en passer par là.

Nous préparons par toutes ces trames de mots et textes qui semblent incompréhensibles, et même fous, à certains, nous préparons notre authentique et pure simplification. Depuis ces interfaces électro-virtuelles nous mélangeons l'obombrereuse lumière du silence au silence cacophonique de la médiacratie démonocratique.

 

« Dans la société du spectacle, où l'isolement de la Schekina atteint [...] sa phase extrême, non seulement le langage se constitue en une sphère autonome, mais il ne peut plus rien révéler – ou mieux il révèle le rien de toutes choses. » (G. Agamben)

 

L'indissidence réclame un intense retour sur soi, sur son vide quant-à-soi, ce retour emprunte le chemin du monde, inévitablement, pour se décharger et se charger des énergies éphémèrement consolantes qui masquent la Consolation authentique.

L'indissidence réclame que le chemin ne s'arrête jamais, quand bien même il s'interromprait parfois, rupture du réseau !

L'indissidence réclame non des droits supplémentaires vains et illusoires, droit à la critique, au doute permanent, au scepticisme, à la « transgression », mais « simplement » l'état perpétuellement non-stable, l'état constamment précaire du funambule sur le pont de cristal entre le Royaume et l'abysse, entre le désir ardent du ciel et le désir brulant et obscur de l'abysse, entre deux amours. Deux amours, deux désirs de corps.
« les hommes sont séparés par ce qui les unit. » (G. Agamben)

Nous serons séparés par ce que nous imprimerons de nos désirs d'indissidence, d'avoir livré à des yeux indiscret et secrètement amoureux, eux-aussi, inévitablement, notre secret enflammement, notre embrasement interne de lettre et d'idées, forcément, traitresses du vrai visage du désir.

Nous livrerons, c'est-à-dire, nous vendrons, certes gratuitement, mais nous vendrons une part de notre désir, nécessairement, fausse, à tout le moins inauthentique et cette division désirée nous unifiera au-delà de l'unité de ce monde, nous reconstituera pour le silence.

Il nous fallait être trois, chacun des deux sera pour l'autre ses deux larrons.

 

Pour complaire aux commentatueurs éventuels et éviter ainsi leurs graphiques apories :

Tropinka, qui n'est pas un blog, va contre-effectuer une « sortie » de l'espace virtuel par le biais de cet espace, par cet espace de non-chair, se désincarcérer pour, éventuellement, s'incarner en une feuille de papier imprimé. Mais ceci sera encore soumis au désir de l'éventuel lecteur.

Bientôt donc, ici-même, une section sera consacrée au téléchargement du premier et, sans doute, seul numéro de « La carte du non-où : se déplacer dans l'indissidence. »

 

Vous aurez été prévenu.

jeudi, 18 juin 2009

Inexprimable néant

"Avec le monde technique[...] dans le Logos , c'est la part du néant que l'on refuse de faire, du néant inexprimable, celui qui permet de vaciller d'un nombre au suivant, l'Eros disparaît de notre univers technique, un mot n'a plus qu'un sens et un seul, équivalent d'un objet matériel, et cette tragique fidélité détruit l'imaginaire pour lequel combat le poète en ce que cet imaginaire est le paradis, la lumière immatérielle, celle qui fait pièce à l'absurde."

Xavier Bordes, introduction à Axion Esti

 

mercredi, 17 juin 2009

Cheminer en visage

"Le même chemin conduit d'un visage inconnu à un visage plus inconnu encore."

Paul GADENNE, L'Avenue.

jeudi, 14 mai 2009

Nacht

C'est dans la nuit qu'il faut prier. ELLE est, un peu plus que le jour, le symbole de notre état.

Et pourtant, les insectes qui chantent, les grillons, les chouettes qui hulullent, prient Dieu mieux que nous.

Durant le jour les oiseaux signent les anges, invisibles à nos regards leurs chants, mutiples et un, sillonnent les cieux, ondulent l'air. Et nous, nous singeons les démons. Affairés, besogneux, méchants, indifférents, pressés ...

ROZANOV avait raison, l'être des insectes n'est pas physiologique mais cosmogonique !

BLAKE avait raison, l'hirondelle c'est le vol d'un ange !

 

 

lundi, 11 mai 2009

Mise au poing

 

Quelques anodines in-formations à nos liseurs :

 

Ceci, malgré la forme apparente, n'est pas un blog. Ceci n'est pas un blog. Ceci est une interface entre le processus personnel d'escriture interne et le monde extérieur. Ceci n'est pas du domaine de l'objectivation mais n'est que la phase externe, visible bien que purement virtuelle du seul processus noétique réel.

 

« La personne n'est pas nature, mais liberté, elle est esprit. » N. Berdiaev

 

Ceci est l'externalisation, en mode théosophique, de la phase de réduction d'une bibliothèque interne. Une bibliothèque est un lieu concret mais, en définitive, ce lieu n'est pas le réel absolu, il n'est que la projection du lieu central interne dans lequel se créé la véritable bibliothèque, le lieu d'interface cérébro-cardiaque.

 

Ceci n'est pas un blog.

 

« La personne est avant tout une énergie spirituelle, elle est le centre de l'énergie spirituelle. » N. Berdiaev

 

Ceci n'est pas un blog.

 

Il n'est pas question, en dehors de ce qu'impose les normes langagières communes, de littérature.

La littérature est un cadavre qui, depuis longtemps, pourrit et contamine tout.

Les livres sont la réalité, la littérature une idée abstraite. Une idée qui, pour notre malheur, a trouvé une certaine forme de matérialité microbienne. La littérature est une maladie, culturelle et religieuse.

 

Tropinka c'est l'apparition des phases d'interactions d'un processus interne qui, dans un même mouvement, de métanoia unit l'avant de la littérature et l'en-avant de la littérature, son antériorité et sa postériorité infondues.

 

Que certains liseurs soient étonnés, voire amusées par l'expression paradoxale de cette pérégrination, voilà qui ne me surprend ni ne me gêne, aucunement. Je crois la compréhension impossible, même inconcevable par le canal qui est celui choisi, elle ne peut être qu'hypocrisie. Je ne nie ni le dialogue ni la mutuelle compréhension, je les place dans un autre cadre.

Que certains ne voient en tout ceci que pur délire, je ne saurais leur en vouloir, c'est déjà accorder une certaine importance à ces feuilles d'annotations mortelles.

 

Ceci n'est pas un blog. Il s'agit de vie, d'interactions, énergies spirituelles, force vitale, frictions politico-sociales, gravitation théologico-philosophiques. Par le biais, par le canal, des livres-fenêtres noétiques-miroirs-angéliques, d'intégrer dans son intériorité sarco-spirituelle l'historiosophie du monde depuis qu'il est monde. Les vecteurs de cette historiologie, trop vaste pour être toute englobée, se révèlent d'une façon tout à fait subjective.

Ceci n'est pas un blog. Il est impérieusement question de la carte dessinant un empire, une empirie nouvelle, un territoire énergétique personnel. Une mise en ordre désordonnée d'écrits qui pourraient essayer de rendre compte d'une interaction : j'absorbe le monde autant qu'il m'absorbe, selon certaines lignes qui ont été donné ou révélé pour être les vecteurs de l'absorption, ainsi j'écris le monde en moi, il se révèle tout nouvellement à travers mes prismes-livres-fenêtres, plus il devient réel-neuf à travers mon escriture interne plus il se défait et libère la personne qui le recréé.

 

Ceci n'est pas un blog, c'est la carte d'un territoire hautement énergétique d'écriture ignée, d'un va-et-vient, constant/permanent, d'un vaste tissage personnalisant, d'un cryptage-décryptage.

Cryptage – la littérature est la crypte d'un cadavre inscrit qui se délite, qui, appelant la vie la contamine à mesure qu'il la désire !

Décryptage – la sortie définitive de la crypte-sarx, le « corps de mort » c'est l'enscription, la littérature qui enferme le moi-égotique dans sa contemplation autophage ! Consomption thanatique !

Décryptage : « La chenille et le papillon montrent que sur terre nous ne faisons que « dévorer », tandis que « là-bas » tout sera envol, mouvement, myrrhe et encens. » (V. Rozanov)

 

Ceci n'est pas un blog ! Il n'est pas question d'essayer de convaincre qui que ce soit ! De convertir à une vision ! Donc pas question d'essayer de faire comprendre. Il s'agit d'un feu mémoriel ! D'un feu spirituel, dynamique, énergétique !

lundi, 02 mars 2009

Axion esti



Lecture du troisième poème de la Partie II, "La Passion", de AXION ESTI d'Odysseus Elytis

Traduction Xavier Bordes et Robert Longueville.

"Loué soit le poète en la barque du Logos,

Loué soit celui qui ne craint pas l'éros ..." Un pécheur

vendredi, 13 février 2009

Miracle

"Le terroriste, c'est le rustaud du miracle."

Odysseus Elytis

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