13.05.2008
quand je suis ?
« En ma qualité de terre, je suis attaché à la vie d'ici bas, mais étant aussi une parcelle divine, je porte dans mon sein le désir de l'éternité. » Grégoire de Naziance.
Quand je pense au Seigneur je suis, quand je L'oublie je m'éteins,
Ne suis plus rien.
Que je L'oublie c'est le vide qui vit en moi, quand je pense au Tout-Puissant, seulement, je suis,
Car Il est Celui qui Est.
Car Lui franchit l'abime qui me sépare de Sa Bonté, moi, l'insignifiant, lui l'Insigne !
Car Lui se souvient de moi à chaque instant.
Qui comprendra ?
Qui peut comprendre ?
« Les créatures sont posées sur la parole créatrice de Dieu comme sur un pont de diamant, sous l'abîme de l'infinité divine, au dessus de l'abîme de leur propre néant. » Philarète de Moscou.
De Sa Toute-Puissance Il se dépouille, pour moi, Il se fait misérable et indigne, Il se fait bon jusqu'à la faiblesse, Lui dont la Bonté est éternelle. Bon jusques à la faiblesse, Lui le Glorieux.
Qui comprendra que Sa Force est dans Sa « faiblesse ». Car, Sa « faiblesse » est Amour. Car seul la Force infinie et éternelle peut transcender sa propre puissance, s'affranchir de sa gloire pour, dans l'infinie faiblesse rendre le plus faible plus fort que la mort.
Sa faiblesse est Amour absolu.
Amour absolu !
Je le désir, Lui me désir plus encore !
Je me cherche là où je ne suis pas ...
Comme j'aime ma petite personne, c'est cela le plus détestable ...
Je les connait pourtant mes mensonges, mes orgueilleuses pensées, mes égoïsmes mortifères, mes lachetés, mes insensibilités ... je les sais, je les sais mais sur un mode tout intellectuel et alors ... Alors je les vois mais je veux les garder, juste les éloigner ... oui les éloigner même si je sais aussi qu'ils me masquent la Présence du Roi des rois, qui archi-humblement, attend, attend à la porte de mon coeur, qui m'attend devant la lourde porte de pierre et d'acier glacial que j'ai installé là, qui m'attend outragé et humilié dans la brise tranchante que mes passions continuelles ont posté là en gardien intraitable de mes fautes innombrables et continues.
« Amour divin et amour humain doivent se résumer avant tout dans l'établissement des relations adéquates, la juste relation avec Dieu, avec les autres, avec soi. »
Archevêque Anthony Bloom.
Dieu s'est fait homme ... mais le chemin nous ne le terminons pas, le chemin n'est fait qu'à moitié; s'Il s'est fait tel pour nous c'est pour nous offrir de franchir l'abîme vide du péché pour rejoindre l'abîme de l'infinité divine, pour nous conjoindre à l'abîme plein de l 'Agapè. Mon coeur est vide, plein de péchés; donc vide, car le péché c'est toujours un vide ...
« Le pauvre n'est pas tant celui qui ne possède pas que celui qui désire ce qu'il ne possède pas. » saint Jean Chrysostome.
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18.04.2008
Aimer son prochain
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Le prolégomène est donc induit, il faut d'abord s'aimer soi-même mais non pas son égo illusoire et dominateur, non, son vrai « soi », se connaître et s'aimer ... Les Saints Pères n'avaient pas abandonnés la devise socratique 'gnothi seauthon', ils l'ont « creusé »; passer au creuset, purifié sept fois.
Pourtant, pourtant : « Qui veut sauver son âme la perdra. » !
Pourtant nous sommes pécheurs, et cette conscience d'état nous est exigée !
Pourtant il nous est enseigné qu'il faut « haïr son âme » !
Oui, tout cela est vrai, deux fois vrai : Amen, Amen !
Mais, mais -le mais qui retourne- à la lumière de la Resurrection ne voyons-nous pas que c'est le vieil homme qui veut sauver sa peau, sa « tunique de peau » ? N'oublions-nous pas trop souvent que « duo sunt in homine » ? Ne voyons-nous pas qu'il nous est demandé, commandé de « haïr » le péché, les péchés de notre âme séparée, séparée de l'Amour, de haïr tout ce qui en nous n'est pas agapè ? Ne voyons-nous pas, à cette lumière-là, qu'il nous est impératif d'aimer notre prochain-pécheur (ami ou ennemi) comme nous nous aimons malgré nos péchés ?
La reconnaissance de notre état de pécheur, de « séparé », même la reconnaissance de notre complaisance et de nos faiblesses quant à cet état ne doivent pas nous amener à nous « haïr » nous-mêmes pour aimer nos frères. Comment, ignorant l'amour pourrions-nous le recevoir du Bien-Aimée et le rendre à notre prochain ? Non, nous devons apprendre, du Divin Enseignant, à nous aimer nous « comme » nos frères, c'est-à-dire, en voyant chacun ET nous-mêmes « hors » du péché, précisément DANS la lumière de Sa Sainte Resurrection !
22:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christ, agapè, amour, commandements







































