mardi, 03 novembre 2009
Un saut hors de la nature 4
« Au lieu du péril croît aussi se qui sauve. » Holderlin
Ecologie et économie sont liées, intrinsèquement et essentiellement. Elles le seront de plus en plus quelques soient les formes qu'elles revêtiront. Autant le caractère « technique » de l'économie ne fait aucun doute, autant il faut bien prendre conscience de ce que l'écologie n'atteindra son « but », la sauvegarde de l'environnement naturel, qu'en devenant de plus en plus technique, son efficience dépend uniquement de cela, de son intégration de la technique et de son intégration dans la technique. Ainsi elle sauvegardera bel et bien l'environnement mais en aucun cas l'homme car, comme l'économie et la technique, dont elle ne saurait être autre chose qu'un moyen, qu'un secteur, elle asservira l'homme.
L'écologie pose comme fin la sauvegarde de l'environnement et, en outre, elle établie cette fin comme moyen unique de la sauvegarde de l'humanité se faisant elle agit comme la morale courante, le moralisme de la loi, en assignant pour but une idée abstraite. Oui, nous disons bien une idée abstraite ! L'écologie fait de son but le souverain bien que l'humanité se doit d'atteindre. Elle offre ainsi au « doux commerce » un télos de substitution, la consommation débridée va se faire ascétique, la croissance n'est plus un télos nu, suffisant à lui-même, il va pouvoir se parer d'une conscience presque stoïcienne. C'est, vraisemblablement, dans l'écologisme que va pouvoir se réaliser la fusion de l'utopisme marxo-communiste et du « doux commerce »1.
« Le « doux commerce, autre nom du mondialisme, ne partage pas seulement avec son ex-frère ennemi soviétique la vision radieuse du but final. Pour changer le monde, lui aussi doit changer les hommes, fabriquer l'homo oeconomicus de l'avenir, l'homme nouveau homogène, vidé de son contenu, possédé par l'esprit du marché universel et illimité. Le zombi est heureux. » (Dominique Venner, Violence et « doux commerce », NRH n° 44)
Ce règne nouveau peut être nommé « cosmocratie », son citoyen : le « globhomme » (pour reprendre l'expression de M.G. Dantec) ! Ce zombi-globalisé au comportement et à la pensée semi-automatisée (rappelons ici que le grec automaton signifie « hasard », soit le dieu des rationalistes) évoluera donc, éco-citoyen-éthique, dans le jardin d'Eden-bio du marché universel et illimité soumis à la douce loi de fer du gouvernement planétaire démocratique (non pas unique puisque démocratique, mais pluri-unique pour réaliser l'utopie de l'internationalisme).
L'écologisme pense que le monde est malade, qu'il est malade de l'homme. Ce dernier serait un prédateur-virus et le remède serait : ... l'homme ! Il pourrait, par contrainte médiatico-politique et détermination scientifico-éthique devenir le bon vaccin. Le zombi-global aura donc, grâce à son dévouement écocitoyen et sa conscience éthiquement pure, fini comme tout bon virus doit le faire, par contaminer et coloniser la planète entière mais, dans le but de la sauver. L'éco-zombi-global sauvera la planète de l'homme qu'il fut !
Or, c'est l'homme qui est malade de ce monde. Sa fin dernière il ne peut la concevoir en-dehors de cet espace clos qu'il voudrait pourtant sans limite (cosmocratisme). Uniquement matériel mais illimité. Que l'application de son pouvoir illimité change, il n'en demeure pas moins que sa foi en ce pouvoir reste intacte.
Le problème écologique est définitivement un problème théologique. C'est-à-dire qu'il est également anthropologique (théantropique) et cosmologique.
Mais, l'Église semble suivre la sente catagogique. Elle suit, Elle qui doit précéder, toujours. Et qui toujours en réalité précède. A-t-Elle attendu les nominations « bio », « écolo », « éthico-citoyen », « durable » pour faire ce que la terre attendait ? Ceux qui ont fait des pagis paiëns les paysans chrétiens capables d'unir la ruralité authentique à la foi intérieure, capables de défaire les liens de la contrainte « sacrée » pour mener les bois, les landes, les prés vers la sanctification, vers la synergie humano-cosmique à la suite du Théantropos, ceux-là furent les saints moines ...
Tout comme est vain (vaniteux et dérisoire) l'oecuménisme moderne (inversion fausse de lOecuménisme de l'Empire chrétien), l'écologisme affiché et médiatisé d'une Eglise qui devrait courir après ce monde est vain, vide et dérisoire ... « vanité des vanités ... »
L'Église a, pour Elle; non, mieux : EN ELLE, le langage nécessaire à l'authentique SALUT (soteria), Elle doit (devrait) éviter comme la peste le langage de ce monde (devenu écolo- compatible), tous les mots-boites noires qui creuse le vide et empilent du creux dans du vide ...
Rapportons cette parole du saint ascète Abba Pambo au rapport de l'Église au monde : « Si mon silence ne lui est pas utile, il n'aura aucune utilité dans mes paroles. »
L'« écologie » de l'Église ? : « fuir la contre-nature, sauver le selon-la-nature, et se rendre digne des charismes au-dessus de la nature. » (saint Nicodème)
En effet, c'est un bien dur programme; en effet, il n'y est pas question « d'environnement » et autre mot-piège-machine; pas de « développement durable » puisque l'Église est appelé à vivre dans le Christ « la stabilité toujours en mouvement » et le « mouvement stable » (saint Maxime).
« Pour cesser de se voir, et lui-même et ses blessures intérieures, le monde s'intéresse à autrui et non à soi-même. » (Hiérothée Vlachos, Entretien avec un ermite de la sainte montagne sur la prière du coeur)
Pour ne pas se sauver lui-même ce monde s'intéresse à l'environnement, il « veut » se faire « environnement », il veut enclore l'homme dans « son » environnement, le fasciné, l'occuper tout entier avec cela. L'environnement c'est la cage dorée du vieil homme. L'hypnose complète de l'homme hors de toute idée de salut (d'eschatos) avait toujours échouée, peu ou prou. Elle entre en phase de quasi complétion, et lorsque le fascination aura entièrement gagné l'Église elle-même ...
« Il faut se libérer du vieil homme, de l'homme moderne et faire de la terre un désert plutôt qu'un fumier, car un désert vivant vaut mieux qu'un monde mort. » Guido De Giorgio
1Cf. Flora Montcorbier, Le Communisme de marché, L'Age d'Homme, 2000. Je découvre seulement ce livre publié depuis 9 ans et il est toujours agréable de trouver une confirmation « scientifique » à ses intuitions un peu folles ... Quand bien même je resterais toujours réticent à appuyer ma « vision du monde » uniquement sur les « faits » rationnels tant ceux-ci sont aux mains, précisément, de la dominion. L'inspiration de la lecture de livres « de feu » et l'intuition intellectuelle (noétique) resteront donc, quoiqu'il en soit, mes piliers « de sagesse ».
21:25 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Ecologisme, Orthodoxie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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samedi, 31 octobre 2009
Conférence : le pouvoir royal chez les Celtes
Le 11 décembre 2009 à Nantes, conférence de Thierry Jolif "Le pouvoir royal chez les anciens Celtes";
Organisée par l'Union Royaliste Bretagne-Vendée Militiaire
http://www.facebook.com/profile.php?id=747534333#/event.p...
22:53 Ecrit par Thierry dans Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 29 octobre 2009
La sub-version comme principe chtonien
Toute idée peut être subvertie !
Toute idée ne peut subvertir que ce que le subversif tient pour être normatif !
La « sub-version » c'est l'inversion par le dessous ! Pénétration souterraine d'une idée dans une autre !
Il faut toujours déterminer ce qui doit être subverti ! Il faut aussi en analyser, en jauger, en peser le poids en terme de puissance, de pouvoir, de dynamique !
En règle général nous pouvons admettre que le subversif souhaite, juge nécessaire, de subvertir ce qui, à ses yeux, semble statique, pesant ! Ce qui semble injuste devient alors absolument injustifié, injustifiable et doit être abattu absolument et radicalement ! Toutefois, admettons, que, le plus souvent ce qui devait être absolument éradiqué est plus transformé que proprement éliminé par la subversion. La subversion s'avère alors bien plus une substitution qu'une inversion. Elle n'est plus inversion catagogique mais retournement, renversement substitutif. Jamais absolue elle demeure une simple substitution de critères normatifs, nous pourrions dire « moraux », voire moralistes.
Ainsi, certaines défenses sont-elles les meilleures alliées de « l'ennemi ».
Ainsi, certains amis de l'idée monarchiste s'élèvent-ils contre les divers échauffourées de « banlieues », certains actes « anarchistes-vandalistes ». Et les honnêtes royalistes de se faire contre ceux qu'ils considèrent comme « ennemis », les vaillants défenseurs des marchands « sans âmes », des policiers vilipendés; tous « gens d'arme » de la république qui, qu'on se rassure enfin, continue à « gouverner mal mais à se bien défendre », comme le soulignait l'inénarrable Thiers.
Que ne voient-ils nos « royaux » amis que c'est, précisément, l'emprise qu'ils entendent combattre par ailleurs qui se livre combat à elle-même ?
On s'en prend aux caténaires ? Il faut défendre les caténaires ? Pourquoi diable ?
Diantre, ceux-là ne sont-ils pas la matérialisation très exacte de la modernité décapitatrice ? Les fils de la toile concentrationnaire qui a liquéfié l'esprit des campagnes afin d'en tirer la moëlle pour nourrir les réseaux artérielles thanatiques de la goule-métropole ? Ne sont-ils pas l'expression achevée de la nature succubique de la révolution ?
L'Etat policier naît avec la Révolution française et se propage dans le maillage du chemin, qui est, comme l'âge, de fer ... Il kidnappera et transbahutera les corps et les âmes, comme les marchandises destinées à ces « corps et âmes » qui ne sont plus en exil depuis qu'ils sont en partance, par wagons entiers, pour d'exotiques ou de laborieux voyages, quand ce n'est pas pour une destination qui, comme la solution, est finale !
23:04 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Philosophie, Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : subversion, subversif, idée, inversion, abellio, christ, christianisme |
Le premier des ISMES
Le premier, le plus terrible des ISMES, l'origine des autres, de tous : l'EGOISME.
Les Pères l'appelait PHILAUTIE !
Son terme ? comme le décrit l'écrivain russe Mamléïev : l'AUTOPHAGIE !
Egoisme, montanisme, encratisme, gnosticisme, manichéisme, philétisme, piétisme, moralisme, rationalisme, idéologisme, fascisme, humanisme, narcissisme, mécanisme, systématisme, capitalisme, marxisme, socialisme, communisme, nationalisme, financialisme, européisme, islamisme, littéralisme, catholicisme ...
christianisme ...
Il aura fallu que l'on trouve opportun de ranger la voie christique dans ce fatras ...
?
Ce mot-là, n'a rien de "sacré" ... Il ne résume rien. Il permet de croire que l'on peut ranger cette voie parmi la relativité de tout le reste, de tout le fratras chaotique de ce monde, parmi la grande bibliothèque du contrôle ?
Que nous dirons les très modernes dictionnaires ? que ce mot désigne ce qui est relatif à la religion chrétienne ?
Le mot chrétien est de notre tradition, de notre voie, le mot "christianisme" ? Non, pas, merci bien ! L'échapatoire, l'exil lexical a été forgé par les saints Pères, merci bien ! Ortho-doxie ! Mais pour combien de temps encore ? Quand trouvera-t-on le "malin" qui nous servira-asservira l'orthodoxisme ??
Au train où vont les choses je ne serais guère surpris que cela soit déjà fait ...
20:29 Ecrit par Thierry dans En avant le verbe, aphorismes et citations, Inscriptures, Littérature, Orthodoxie, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 28 octobre 2009
L'idée-nation comme idéologie
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Le nationalisme est une conséquence de la maladie d'une nation, tout comme le socialisme est une conséquence de la maladie d'une « société »; les deux sont les symptômes des pathologies touchant au « corps » national et au « corps » social. Loin d'être des remèdes efficaces ils concourent, lorsqu'ils sont pris pour ce qu'il ne sont pas, à la ruine, à l'aggravation de la maladie. En effet, au lieu de chercher un remède aux maux divers qui frappent une communauté, ils imposent des solutions qui nient la possibilité d'une unité, d'un équilibre de cette communauté et accentuent encore le déséquilibre, la division.
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Le nationalisme est un centralisme. Il ne peut que tendre à imposer abusivement une morale et une norme qu'il pose comme dogmes de manière inconsidérée.
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Le nationalisme est un centralisme sans centre réel, il fait d'une idée, d'un mirage à dire le vrai, un donné concret. En outre, sa tendance au « mysticisme » est d'autant plus paradoxale, en apparence, qu'il se bâtit avant tout sur une biologisation de la personne humaine. Ce n'est qu'une apparence, en effet, car en réalité il rejoint bel et bien les religions de massification pour lesquels la personne ne compte qu'en tant qu'elle est une partie du tout, la proportion d'anonymat dépendra de la capacité de servitude à l'idée.
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Asservissement mortifère et néguentropique de la communion. Inversion de l'union (hénosis) sans confusion en fusion confusément unifiante.
21:00 Ecrit par Thierry dans Christianisme, Philosophie, Politis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : politique, nation, nationalisme, pays, christ, christianisme |

































