15.05.2008
Une encyclopédie souterraine
Qu'est ce que l'Encyclopédie du Souterrain ? Un labyrinthe virtuel à propos du réel ! Un décodage encodant des courants souterrains de l'histoire, l'analyse alpha-numérique de l'historiologie contemporaine ...
Divers sites internet se sont ligués et entrecroisent leurs verbes pour tisser une toile qui détrame le filet des mots faux qui veulent s'imposer !
http://encyclopediedusouterrain.blogspot.com
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13.05.2008
quand je suis ?
« En ma qualité de terre, je suis attaché à la vie d'ici bas, mais étant aussi une parcelle divine, je porte dans mon sein le désir de l'éternité. » Grégoire de Naziance.
Quand je pense au Seigneur je suis, quand je L'oublie je m'éteins,
Ne suis plus rien.
Que je L'oublie c'est le vide qui vit en moi, quand je pense au Tout-Puissant, seulement, je suis,
Car Il est Celui qui Est.
Car Lui franchit l'abime qui me sépare de Sa Bonté, moi, l'insignifiant, lui l'Insigne !
Car Lui se souvient de moi à chaque instant.
Qui comprendra ?
Qui peut comprendre ?
« Les créatures sont posées sur la parole créatrice de Dieu comme sur un pont de diamant, sous l'abîme de l'infinité divine, au dessus de l'abîme de leur propre néant. » Philarète de Moscou.
De Sa Toute-Puissance Il se dépouille, pour moi, Il se fait misérable et indigne, Il se fait bon jusqu'à la faiblesse, Lui dont la Bonté est éternelle. Bon jusques à la faiblesse, Lui le Glorieux.
Qui comprendra que Sa Force est dans Sa « faiblesse ». Car, Sa « faiblesse » est Amour. Car seul la Force infinie et éternelle peut transcender sa propre puissance, s'affranchir de sa gloire pour, dans l'infinie faiblesse rendre le plus faible plus fort que la mort.
Sa faiblesse est Amour absolu.
Amour absolu !
Je le désir, Lui me désir plus encore !
Je me cherche là où je ne suis pas ...
Comme j'aime ma petite personne, c'est cela le plus détestable ...
Je les connait pourtant mes mensonges, mes orgueilleuses pensées, mes égoïsmes mortifères, mes lachetés, mes insensibilités ... je les sais, je les sais mais sur un mode tout intellectuel et alors ... Alors je les vois mais je veux les garder, juste les éloigner ... oui les éloigner même si je sais aussi qu'ils me masquent la Présence du Roi des rois, qui archi-humblement, attend, attend à la porte de mon coeur, qui m'attend devant la lourde porte de pierre et d'acier glacial que j'ai installé là, qui m'attend outragé et humilié dans la brise tranchante que mes passions continuelles ont posté là en gardien intraitable de mes fautes innombrables et continues.
« Amour divin et amour humain doivent se résumer avant tout dans l'établissement des relations adéquates, la juste relation avec Dieu, avec les autres, avec soi. »
Archevêque Anthony Bloom.
Dieu s'est fait homme ... mais le chemin nous ne le terminons pas, le chemin n'est fait qu'à moitié; s'Il s'est fait tel pour nous c'est pour nous offrir de franchir l'abîme vide du péché pour rejoindre l'abîme de l'infinité divine, pour nous conjoindre à l'abîme plein de l 'Agapè. Mon coeur est vide, plein de péchés; donc vide, car le péché c'est toujours un vide ...
« Le pauvre n'est pas tant celui qui ne possède pas que celui qui désire ce qu'il ne possède pas. » saint Jean Chrysostome.
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06.05.2008
Musique, modernité ...
Musique, modernité et traditionalisme : confusion et sacralité;
A propos de John Tavener, l'enchanteur de Jean Biès (1).
Nous avons souvent, et beaucoup, aimé de nombreuse pages de Jean Biès, nous avons aussi, et nous continuons, beaucoup aimé de nombreuse oeuvres de Sir Tavener, nous aurions donc pu être tout à fait laudatifs et enthousiaste dans le compte-rendu de cet ouvrage qui réunit deux personnalités que nous respectons et admirons, à dire le moins. Soulignons par avance que, malgré ce qui ici nous sépare nous avons pris plaisir à lire ce livre, et même que, certaines pages nous aurons procurer un vif plaisir, lignes admirables à propos de pièces admirables.
Néanmoins, nous souhaitons profiter de la parution de ce livre pour éclairer quelques éléments, selon nous, assez singuliers et un peu gênants, en soulignant par avance que ceci n'engage que nous, bien évidemment.
Tout d'abord, dès les premières pages, l'Auteur; chrétien orthodoxe, comme l'est aussi le compositeur sujet du livre, alors qu'il pourrait proposer des musiques actuelles une vision inspirée par les vues de l'Eglise Orthodoxe sur le sujet, préfère s'en remettre à la position systématique d'un certain traditionalisme (ou pérennialisme) et récuser à ces musiques tout « droit » à l'Esprit ou, à tout le moins, à toute forme d'esprit de tradition. Or, et c'est précisément là que le bas blesse, car, à strictement parler, aussi inspirée par des formes traditionnelles soit-elle, la musique de Sir Tavener n'en demeure pas moins une musique « moderne », elle n'est, qu'elle qu'en soit la « forme » ni liturgique ni sacrée, au seins plénier de ces termes.
Loin de nous, néanmoins, de rejoindre les critiques qui vouent aux gémonies l'oeuvre générale de John Tavener, et vont jusqu'à le juger apostat, à cause de l'influence sensible de la pensée de Frithjof Schuon qu'il revendique et laisse apparaître clairement dans ces compositions les plus récentes. Nous ne partageons pas cet enthousiasme, et, à notre goût, la tension mystique qui se dégageait d'oeuvres majeures, et essentiellement chrétiennes, tel que « Praises and Lamentations » ou même « Total Eclipse », est loin d'être atteinte dans les compositions « mixtes » et « pérennialistes » de ces dernières années. En cause, à notre humble avis, précisément ce fait que la « tradition unanime » à laquelle se réfère ces musiques n'a pas d'existence incarnée, pas de « corporéité » virtuellement porteuse de l'Esprit !
Précisons un peu ! Tout d'abord nous rappellerons cette important paragraphe tiré des « Fondements de la doctrine sociale de l'Eglise », émanant du Saint Synode de l'Eglise Russe :
"L'iconographe, le poète, le philosophe, le musicien, l'architecte, l'acteur et l'écrivain orthodoxes se tournent vers les moyens artistiques pour exprimer l'expérience de la régénération spirituelle qu'ils ont connue et qu'ils souhaitent partager avec tous... L'Eglise aide la culture à dépasser l'activité purement terrestre : en proposant un chemin de purification des coeurs et d'union au Créateur, elle ouvre la culture à la collaboration avec Dieu. La culture profane est apte à porter la Bonne Nouvelle... Tous les styles artistiques conviennent à l'annonce de l'Evangile, si l'intention de l'artiste est sincèrement pieuse et s'il est lui-même fidèle au Seigneur"
voilà qui est clair ! Ce ne sont pas les écrivains traditionalistes, aussi brillant soient-ils qui déterminent au nom de principes abstraits extrapolés à partir d'un comparatisme parfois singulièrement figé ce qui relève ou nom de l'Esprit mais bel et bien l'Esprit Lui-même en collaboration avec la collégialité de l'Eglise (Sa « catholicité », sobornost) ! Il apparaît de plus en plus clairement que le « modernisme » soit un faux problème, voire une « idole ».
Une composition telle que « Total Eclipse », avec l'utilisation en dissonance, du saxophone, est une pièce « moderne », il ne peut en être autrement, elle nous est contemporaine et use dans sa sève même, des structures, non seulement, musicales, mais mentales qui ne pourraient en aucun cas être venues d'une autre « époque ». Par contre elle utilise aussi l'héritage de la tradition musicale byzantine d'Orient, elle fait pénétrer au coeur d'une « modernité », certes chrétienne, mais non « orientale », le feu sacré que l'Occident « moderne » aurait voulu étouffer sous la cendre des désillusions philosophiques et théologiques, le feu sacré d'une théologie mystique ! Ainsi nos oreilles se retrouvent-elles au prise avec ce paradoxe mystagogique, une musique moderne mais qui répand auditivement une authentique mystique chrétienne, celle des premiers siècles, celle de la « physique » spirituelle de saint Grégoire de Nysse. Et, d'autant plus « authentiquement » chrétienne que, précisément elle est moderne et ne cherche jamais à « singer » la, tout aussi, authentique musique liturgique de l'Eglise. Ici également, pas plus que l'opposition traditionnelle/moderne, l'opposition sacré/profane ne devrait tenir. Pour le christianisme elle ne peut tenir, il y a la musique liturgique, « circonscrite » (si l'on peut dire) dans l'église, dans le culte; mais très largement inspirée par les multiples musiques des peuples, de la gentilité qui s'est greffée sur le Corps de l'Eglise. , Mais, musique qui se répand aussi à l'extérieur car les portes de l'église ne sont jamais entièrement closes et qu'après la Liturgie les fidèles sont appelés à féconder le monde extérieur. Comme l'Esprit qu'elle porte la musique « circule ». Alors, pourquoi donc le black-metal, l'electro-pop, les musiques industrielles, le « gothic » se verraient-ils désavouer en tant que messager utiles et capables (capax Dei) quand une pièce aussi véritablement « moderne » de John Tavener se verrait attribuer les louanges d'un jury expert en « tradition » ... mais de laquelle ? La « Tradition Primordiale » ne pouvant s'exprimer dans un langage propre ...
Or, pour ce qui est du christianisme il nous dit de lui-même ce qui peut ou non et comment l'exprimer « traditionnellement » ! Nous l'évoquions plus haut, pour la tradition chrétienne le modernisme ne peut être qu'un faux problème ou une « idole », une « idole » inversée, mais une idole tout de même. Le problème c'est la chute et l'opacité de l'homme, opacité à la lumière « sans déclin », la lumière pascale, opacité aux « énergies divines ». L'ère « moderne » est une époque, un phénomène temporel comme la tradition chrétienne en a traversée tant et tant, le machinisme, le consumérisme, la gestion totalitaire du « vivant », le nihilisme ... voilà ce qui s'opposent à la Clarté bienfaisante de la mystique chrétienne, que les temps soient « modernes » ou non. C'est le monde « chuté » qui est le problème, autant dire l'homme ... il est aussi la solution.
Certes la musique est un merveilleux moyen de pacifier l'homme, de l'amener vers une « réflexion » intérieure; certes l'aspect souvent brutal des musiques modernes peut sembler contradictoire avec ce « but », mais nous devons précisément tenir compte de « l'époque » et du contexte. Cette musique ne peut se concevoir qu'à l'extérieur de l'église, évidemment ! La vraie violence, à notre sens, c'est de faire entrer une batterie ou un synthétiseur (voire même un orgue !!) dans une célébration liturgique ! Le monde « extérieur », le monde « chuté » (qui n'est ni la Création originelle, ni le monde rédimé !!) est violent, et quant au royaume « à venir » : « les violents s'en emparent » !
Considérons aussi le paradoxe, qui n'est pas moins étourdissant que celui que nous exposons, de la violence, du langage, cette fois, dans les Psaumes, dont nous savons pourtant les vertus pacificatrices ... (Je vous assure devant Dieu et son Christ qu'un seul psaume suffit à nous sauver si nous le comprenons et l'observons. Abba Pachôme.)
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18.04.2008
Aimer son prochain
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Le prolégomène est donc induit, il faut d'abord s'aimer soi-même mais non pas son égo illusoire et dominateur, non, son vrai « soi », se connaître et s'aimer ... Les Saints Pères n'avaient pas abandonnés la devise socratique 'gnothi seauthon', ils l'ont « creusé »; passer au creuset, purifié sept fois.
Pourtant, pourtant : « Qui veut sauver son âme la perdra. » !
Pourtant nous sommes pécheurs, et cette conscience d'état nous est exigée !
Pourtant il nous est enseigné qu'il faut « haïr son âme » !
Oui, tout cela est vrai, deux fois vrai : Amen, Amen !
Mais, mais -le mais qui retourne- à la lumière de la Resurrection ne voyons-nous pas que c'est le vieil homme qui veut sauver sa peau, sa « tunique de peau » ? N'oublions-nous pas trop souvent que « duo sunt in homine » ? Ne voyons-nous pas qu'il nous est demandé, commandé de « haïr » le péché, les péchés de notre âme séparée, séparée de l'Amour, de haïr tout ce qui en nous n'est pas agapè ? Ne voyons-nous pas, à cette lumière-là, qu'il nous est impératif d'aimer notre prochain-pécheur (ami ou ennemi) comme nous nous aimons malgré nos péchés ?
La reconnaissance de notre état de pécheur, de « séparé », même la reconnaissance de notre complaisance et de nos faiblesses quant à cet état ne doivent pas nous amener à nous « haïr » nous-mêmes pour aimer nos frères. Comment, ignorant l'amour pourrions-nous le recevoir du Bien-Aimée et le rendre à notre prochain ? Non, nous devons apprendre, du Divin Enseignant, à nous aimer nous « comme » nos frères, c'est-à-dire, en voyant chacun ET nous-mêmes « hors » du péché, précisément DANS la lumière de Sa Sainte Resurrection !
22:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christ, agapè, amour, commandements
25.03.2008
Sur le néo-chiliasme
Sur le néo-chiliasme.
Thierry JOLIF
Sur le néo-chiliasme.
Thierry JOLIF
Nous nous appuyons sur le roc inébranlable des commandements du Seigneur. Et nous établissons notre défense à l'abri des traditions.
Saint Nil de la Sora.
L'Archevêque Averky, de bienheureuse mémoire, avait raison d'affrimer que, plus que tout autre temps, le temps du Grand Carême, est un temps de lutte et de combat spirituel. Il avait également raison d'opposer à cette vérité essentielle de la voie christique, la forme dévoyée qui ce faisait jour à l'heure où il écrivait et prononçait ces paroles empruntes de sagesse patristique. Nul doute qu'aujourd'ui encore, peut-être même plus encore, il s'en trouvera pour stigmatiser ce discours, couvrant la vérité qu'il pointe sous les noms de « radicalisme, fondamentalisme, conservatisme » ou mieux encore « d'obscurantisme », comme le rappelait à juste titre dans son texte l'Archevêque Averky, ceux qui souhaitent s'en tenir à la vérité « connaitront des tribulations ».
La personne qui, en vue de sa plus large publication, traduisit ce sermon du russe, pourrait apporter un éclairage singulier à l'analyse développée par Vladyka Averky. En effet, le Père Seraphim Rose alors qu'il était encore, pour le monde, Eugène Rose fut un brillant étudiant. Brillant certes mais néanmoins, comme beaucoup de ses contemporains et co-disciples, profondément angoissé par les soubresauts du monde et cherchant avidemment, quoique obscurément, une réponse spirituelle absente de leur environnement. Le Père Seraphim fut un spécialiste affirmé de la langue et de la philosophie chinoise antique, après de violentes crises d'un nihilisme existentiel aigu, il rencontra les écrits de René Guénon et de « l'école » dites « pérennialiste ». Il y fit son miel essentiellement des constats d'échec du monde moderne et des raisons tant spirituelles que métaphysiques de ces échecs. Progressivement pourtant, une autre lumière ce fit jour et ostensiblement l'orienta vers la Sainte Eglise Orthodoxe, en l'occurence, puisque vivant aux Etats-Unis vers l'Eglise orthodoxe russe hors-frontière. Sa conversion, d'abord basée sur des critères intellectuels, fut finalement telle qu'il se consacra entièremment à l'Eglise, d'abord en ouvrant une librairie orthodoxe ainsi qu'une imprimerie (avec la bénédiction paternelle de l'Archevêque Jean Maximovitch, saint Jean de Shangai et San Fransisco) dédiée aux écrits spirituels de l'Eglise, ensuite en poursuivant cette oeuvre missionaire particulière au sein d'un « désert » en fondant la Fraternité Saint Herman.
La foi du Père Serpahim fut, à ses débuts, aussi ardente que son nihilisme des années antérieures, comme beaucoup de convertis il en vint à se vouloir plus « orthodoxe que les orthodoxes », plus « russe que les russes », il faudra les épreuves, les oppositions, les conflits et une vie de prière pour ramener le « zélote » à une plus juste considération de ce qu'il nommera lui-même « l'orthodoxie du coeur ». Il sut alors concilier une rigueur doctrinale, éclairée par une connaissance profonde des Pères et une intelligence aigue des réalités spirituelles, à une chaleureuse affection. Un équilibre qui le fit respecté de tous ceux qui croisèrent sa route. Il mit, dès lors, toute sa force, toute sa capacité de travail dans un labeur acharné, luttant pour affirmer la droiture et la justesse de la foi orthodoxe, pour l'ouvrir à des « cherchants » de plus en plus nombreux tout en en défendant la complète et stricte intégrité.
De par son parcours personnel, de par la crise philosophique et spirituelle terrible qu'il avait vécu, le Père Seraphim fut, tout au long de son existence terrestre, très attentif au problèmes des illusions spirituelles. Bien qu'ayant infusé beaucoup de compréhension et de chaleur dans son « zèle », certains reprocheront encore au Père Séraphim des positions que beaucoup de modernistes ne peuvent, évidemment, que reprocher à l'Eglise et à ses moines, néanmoins, le souci majeur du Père Séraphim, bon connaisseur des spiritualités orientales, qui avait eu l'occasion dans ses années d'études d'analyser au plus près les phénomènes modernes des « secondes religiosités », fut toujours de préserver la doctrine spirituelle orthodoxe de tout mélange mortifère, considérant que celle-là se suffisait parfaitement à elle-même et va même bien au-delà de ce que beaucoup de « cherchants » prétendent trouver dans telles ou telles philosophies « antiques ». Mais aussi de prévenir ces « cherchants » des risques réels et sérieux qu'ils allaient inévitablement rencontrer, fusse dans leur désir de se mettre à « l'école » de la foi orthodoxe vécue intensément.
21:21 Publié dans Spiritualité chrétienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orthodoxie, tradition, saint père
A propos du "néo-chiliasme"
A propos du néo-chiliasme,
Archevêque Averky
(Sermon publié en annexe au livre Apocalypse, par Archevêque Averky et le Père Seraphim Rose; Saint Herman Press, traduction de l'anglais par Thierry Jolif)
Le Grand Carême est une saison de repentance; et la repentance est ce combat que nous devons soutenir contre les passions peccamineuses et les désirs, ce combat qui est si difficile pour l'homme que le Seigneur, le juge de la lutte Lui-même, la compara au port d'une croix.
Nous sommes vivement rappelés à cela au beau milieu du Grand Carême, lors du dimanche de l'Adoration de la Croix. Tout comme le Seigneur porta la Croix pour notre, ainsi, chacun de nous doit « porter sa croix » afin d'atteindre le salut préparé, pour nous, par le Seigneur.
Sans la Croix, sans le combat, il ne peut y avoir de salut ! Voilà ce qu'enseigne le vrai Christianisme. L'enseignement sur le port de la croix, sur le combat, court, tel un fil rouge, à travers toutes les écritures sacrées, toute l'histoire de l'Eglise; et les vies des saints qui plaisaient à Dieu, ces athlètes spirituels de la piété chrétienne en porte clairement le témoignage. Le Grand Carême est, « tout simplement, un exercice annuellement répété du port de la croix dans la vie de chacun, un exercice de combat spirituel inséparablement lié à la vie entière du vrai Chrétien.
Mais aujourd'hui, dans le vingtième siècle de l'ère chrétienne, des « hommes sages » sont apparus, des « néo-chrétiens » comme certains d'entre eux se présentent eux-mêmes; et eux, ils ne veulent pas entendre parler de cela. Ils prêchent une nouvelle sorte de néo-christianisme
sentimental, à l'eau de rose, vidé de toute notion de travail, de combat; un amour pseudo-chrétien imaginaire et la jouissance sans entraves de tous les délices de cette vie mondaine transitoire. Ils ignorent totalement les innombrables passages des Saintes Ecritures qui, éloquemment et avec force, évoquent les combats spirituels, l'imitation du Christ Sauveur par la crucifixion de chacun, les nombreuses peines qui attendent le chrétien dans cette vie, notamment ignorent-ils les paroles que le Christ Sauveur Lui-même adresse à ces disciples lors de la Cène Mystique : « Dans le monde vous aurez des tribulations» (Jean 16 : 53). Et ceci-même en raison de ce que, comme le Seigneur l'expliqua Lui-même, les vrais chrétiens ne sont pas « de ce monde » (Jean 15:19), depuis que « le monde entier gît sous la puissance du malin» (Ijean 5:19). C'est pour cela que les chrétiens ne doivent pas aimer ce monde et « les choses qui sont dans le monde » (I Jean 2:15), « que l'amour du monde est inimitié contre Dieu » (Jacques 4:4).
Ainsi, ces « sages » modernes, manquent de voir que le Verbe de Dieu ne promets nulle part aux chrétiens une pleine satisfaction spirituelle et une bénédiction paradisiaque durant cette vie mondaine mais, bien au contraire, insiste-t-Il que cette vie s'éloignera de plus en plus de la Loi de Dieu, en conséquence de quoi les hommes tomberont de plus en plus bas, que « tous ceux qui vivront saintement en Christ Jésus souffriront des persécutions. Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et s'égarant eux-mêmes » (I Timothée 3:12-13), et que finalement « la terre avec les oeuvres qu'elle renferme sera consumée » (II Pierre 3:10); mais alors « apparaîtront de nouveaux cieux et une nouvelle terre dans laquelle la justice aura sa demeure » (II Pierre 3:13), une merveilleuse Jérusalem nouvelle descendra « du ciel d'auprès de Dieu » (Apocalypse 21:12), celle qui fut vue par Jean durant la révélation qui lui fut accordée.
Mais, tout ceci n'est pas du goût des « néo-chrétiens » ! Ils veulent la félicité ici, dans ce monde, ce monde chargé du poids de sa multitude de péchés et d'iniquités; et ils attendent cette bénédiction avec impatience. Ils considèrent que l'un des plus sûr moyen de l'atteindre se trouve dans le « mouvement oecuménique », l'union et l'unification de tous les peuples dans une seule nouvelle « église » qui comprendrait non seulement les catholiques romains et les protestants mais également les Juifs, les Musulmans et les païens, chacun conservant ses convictions propres et ses erreurs. Cet amour « chrétien » imaginaire, au nom du bonheur sur la terre ne peut que piétiner la Vérité. La destruction de cette terre avec tout ce qu'elle porte, bien que clairement annoncée par le Verbe de Dieu, est considérée par eux comme une chose indescriptiblement horrible, comme si cela était inconciliable avec l'Omnipotence de Dieu et, apparemment tout à fait indésirable. Ils acceptent, à contre-coeur, la destruction du monde (car, comment ne pas accepter ce qui est prophètisé par le Verbe de Dieu ?) mais à la condition que celle-ci advienne dans un lointain, très lointain et brumeux futur; non dans des centaines mais dans des milliers d'années.
Qu'elle est la raison de cela ? Nous pourrions répondre à cause de la faiblesse de foi, ou de l'absence totale de foi en la resurection des morts et la vie du siècle à venir ». Selon eux, tout se trouve dans cette vie modaine, et lorsqu'elle s'achève, alors, pour eux, tout s'achève également.
Sous certains aspects (spécialement dans l'attente d'une vie bénie en ce monde), un tel état d'esprit se rapproche étroitement de l'hérésie, fort répandue durant les premiers siècles de la chrétienté, connue sous le nom de : chiliasme. Il s'agit de l'attente d'un règne de cent ans du Christ sur la terre; ainsi, la manifestation moderne de cette hérésie pourrait être appelée : « néo-chiliasme ».
Il nous faut être attentif et garder à l'esprit que le chiliasme fut condamné par le second concile oecuménique en l'an 381; aussi, croire en lui aujourd'hui, au vingtième siècle, même en partie, est tout à fait impardonnable.
Par conséquent, ce « néo-chiliasme » contemporain est, de loin, bien plus mauvais encore que l'ancienne hérésie, car à sa source se tient, indubitablement, une incroyance dans « la vie du siècle à venir » ... ainsi que le désir passionné d'atteindre la bénédiction ici sur la terre en usant de tous les développements et de toutes les réalisations du progrès matériel de notre temps. Ce faux enseignement entraîne de nombreux ravages, endormant la vigilance spirituelle des fidèles, leur suggérant que la fin du monde est fort loin de nous (si jamais elle doit advenir) et qu'ainsi il n'est nul besoin de « veillez et prier », ce à quoi, pourtant, le Christ Sauveur apelle constamment ceux qui le suivent (Matthieu 26:41); inutile donc, puisque tout dans le monde devient graduellement meilleur tant spirituellement que matériellement. Et les terribles phénomènes que nous observons dans les temps présents sont tous « temporaires », tout cela c'est déjà produit et finalement tout cela cessera et sera remplacé par une chrétienté extraordianirement florissante dans laquelle, bien entendu, les oecuménistes occuperont les places principales et les plus honorables.
Ainsi tout est bien ! Il n'est pas nécessaire de travailler sur soi-même, et aucun combat spirituel n'est requis, les jeûnes peuvent être abolis. Tout ira mieux par lui-même jusqu'à ce que, finalement, le Royaume de Dieu soit établi sur la terre dans la béatitude et la satisfaction mondaine universelle.
Frères ! Où trouver la source fondamentale de ce faux enseignement aguichant, n'est-ce pas clair ? Qui suggère toutes ces pensées aux chrétiens contemporains dans le but d'engloutir l'ensemble de la chrétienté ? Comme d'une plaie infectieuse, comme du feu devons-nous craindre ce « néo-chiliasme » si profondément contraire à l'enseignement du Verbe de Dieu, à l'enseignement des Saints Pères et à tous les enseignements séculaires de notre Sainte Eglise par laquelle des milliers et des milliers de justes ont été sauvés.
Sans combat spirituel il n'y a pas et il ne peut y avoir de vraie Chrétienté. En aucune manière notre voie ne se confond avec l'un quelconque des mouvements modernes, ni avec les oecuménistes ni avec les « néo-chiliastes ». Notre foi est la foi des saints ascètes, « la foi apostolique, la foi des Pères, la foi Orthodoxe qui à affermit le monde entier ». A cette foi et seulement à cette foi nous adhérons en ces jours mauvais dans lesquels nous vivons désormais. Amen !
21:10 Publié dans Héritage orthodoxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orthodoxie, chrétienté, tradition, saints pères
16.03.2008
Inscriptions
16:04 Publié dans Journal / Guide | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : contrelittérature, roman, inscriptions











