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18.04.2008

Aimer son prochain

 Paradoxe, non pas infernal mais salvateur :

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Le prolégomène est donc induit, il faut d'abord s'aimer soi-même mais non pas son égo illusoire et dominateur, non, son vrai « soi », se connaître et s'aimer ... Les Saints Pères n'avaient pas abandonnés la devise socratique 'gnothi seauthon', ils l'ont « creusé »; passer au creuset, purifié sept fois.

Pourtant, pourtant : « Qui veut sauver son âme la perdra. » !

Pourtant nous sommes pécheurs, et cette conscience d'état nous est exigée !

Pourtant il nous est enseigné qu'il faut « haïr son âme » !

Oui, tout cela est vrai, deux fois vrai : Amen, Amen !

Mais, mais -le mais qui retourne- à la lumière de la Resurrection ne voyons-nous pas que c'est le vieil homme qui veut sauver sa peau, sa « tunique de peau » ? N'oublions-nous pas trop souvent que « duo sunt in homine » ? Ne voyons-nous pas qu'il nous est demandé, commandé de « haïr » le péché, les péchés de notre âme séparée, séparée de l'Amour, de haïr tout ce qui en nous n'est pas agapè ? Ne voyons-nous pas, à cette lumière-là, qu'il nous est impératif d'aimer notre prochain-pécheur (ami ou ennemi) comme nous nous aimons malgré nos péchés ?

La reconnaissance de notre état de pécheur, de « séparé », même la reconnaissance de notre complaisance et de nos faiblesses quant à cet état ne doivent pas nous amener à nous « haïr » nous-mêmes pour aimer nos frères. Comment, ignorant l'amour pourrions-nous le recevoir du Bien-Aimée et le rendre à notre prochain ? Non, nous devons apprendre, du Divin Enseignant, à nous aimer nous « comme » nos frères, c'est-à-dire, en voyant chacun ET nous-mêmes « hors » du péché, précisément DANS la lumière de Sa Sainte Resurrection !